Saint Sulpice le Pieux

Archevêque de Bourges

Fête : 17 janvier 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Archevêque de Bourges au VIIe siècle, Sulpice le Pieux fut d'abord aumônier à la cour des rois mérovingiens avant de succéder à saint Austrégisile. Reconnu pour sa grande charité envers les pauvres et ses nombreux miracles, il convertit les Juifs de sa cité et obtint l'allègement des impôts du peuple. Il finit ses jours dans la prière au monastère de la Nef qu'il avait fondé.

Biographie

SAINT SULPICE, LE PIEUX,

### ARCHEVÊQUE DE BOURGES

VIIᵉ siècle.

Deux grands Saints du nom de Sulpice ont gouverné l'église primatiale de Bourges à peu d'années l'un de l'autre. Le premier, surnommé Sévère (que quelques-uns confondent mal à propos avec le saint prêtre Sévère Sulpice, auteur de la vie de saint Martin), mourut sous le roi Gontran, environ l'an 391, et sa mémoire est marquée dans le Martyrologe le 29 janvier ; et l'autre, qui est notre Saint, surnommé le Pieux ou le Débonnaire, à la différence de Sévère, un de ses prédécesseurs, succéda en l'archevêché à saint Austrégisile, dit vulgairement saint Outrille, frère de saint Aré, évêque de Nevers. Il naquit à Vatan, bourg du Berri, quelques années avant la fin du viᵉ siècle, de parents nobles, qui l'envoyèrent de bonne heure à la cour du roi Thierry II, afin qu'il fût élevé avec les autres jeunes hommes de sa qualité. Mais il fit bientôt paraître que Dieu avait de plus hauts desseins sur lui, et qu'il l'appelait à une milice plus relevée que celle des hommes, laquelle ne regarde que les intérêts de la terre. Dès lors, il s'appliquait avec une ardeur presque incroyable à la lecture des saints livres. Aussi Dieu, favorisant ses intentions, lui en donnait une si parfaite connaissance, qu'il concevait en même temps un entier dégoût de toutes les délices du monde. Les églises étaient les lieux où il aimait à se retirer de préférence ; pour se mieux cacher aux hommes, il y allait à la faveur de la nuit, et même il changeait son habit de courtisan en celui de pénitent ; pensant que devant Dieu il valait mieux être couvert d'un sac et d'un cilice, que vêtu d'or et de soie. On raconte que l'une de ces nuits, s'étant fait suivre de deux jeunes enfants, il aperçut deux malins esprits en forme d'Éthiopiens qui les emportaient hors de l'église ; mais ayant couru après, et faisant le signe de la croix contre ces fantômes, il leur fit lâcher prise à leur grande confusion ; depuis, ces ennemis firent une si rude guerre au saint jeune homme, qu'ils ne lui donnaient point de relâche, tandis que lui-même, de son côté, ne cessait point de les combattre ; lorsqu'il portait encore l'habit séculier, il les chassait des corps des possédés par sa seule parole ; il guérit plusieurs malades par ses prières, et, ce qui est plus excellent, il attira plusieurs personnes, par son exemple, à la pratique de la vertu, et au plus parfait désir d'aimer et de servir Dieu.

Ne pouvant se renfermer dans le cloître, le jeune Sulpice s'était du moins retiré dans une retraite domestique, où il pratiquait la mortification des ermites les plus austères ; il n'en sortait que pour nourrir des pauvres, bâtir des églises, meubler des hôpitaux, orner des monastères, délivrer des prisonniers ou enfin pour catéchiser les idolâtres qu'on trouvait encore dans les campagnes. Dès que saint Austrégisile, nommé à l'archevêché de Bourges, après la mort d'Apollinaire, eut pris possession de son Église, il entendit parler de la sainteté de Sulpice et du pouvoir que Dieu lui avait donné sur les démons et sur les maladies. Il en fut si émerveillé que, sans lui demander son consentement, il s'adressa au roi Thierry, afin qu'il lui permît de donner au saint jeune homme la cléricature, et de l'attacher au ministère de son église. Sous les rois mérovingiens, les Francs de race noble ne pouvaient se consacrer au service des autels sans la permission du roi ; leur naissance les destinait au métier des armes. Le prince, qui connaissait la vertu de Sulpice, joignit volontiers son autorité à celle d'Austrégisile, qui obligea notre Saint, malgré les réclamations de son humilité, à recevoir, en peu d'années, la tonsure, les ordres mineurs, enfin le diaconat et la prêtrise.

Bientôt la ville de Bourges, éclairée de ses lumières et animée à la vertu par ses exemples, commença à connaître quel trésor elle possédait. Il fut chargé de l'école épiscopale qui, sous un habile directeur, devint très-nombreuse.

Mais le roi Clotaire II, qui régnait seul en France depuis l'an 613, entendant sans cesse parler des miracles et de la sainteté de Sulpice, le demanda à saint Austrégisile pour le faire aumônier de sa cour, ou plutôt abbé de la chapelle du roi, c'est-à-dire supérieur d'une communauté de clercs ou de moines que les rois entretenaient dans leur propre palais pour y chanter l'office divin, et qu'ils menaient à leur suite dans leurs expéditions et leurs voyages. Sulpice parut sur cette mer du monde continuellement agitée, ferme en sa piété, uniforme en sa vie, immobile en sa vertu, comme un rocher au milieu des vagues. Il ne retint pour sa subsistance et pour celle de sa petite communauté que le tiers des appointements qu'il recevait du roi, et donnait le reste aux pauvres. Il fit tant par ses discours et ses actions, qu'il introduisit à la cour des vertus étrangères à ce milieu : l'humilité, l'abstinence, la charité, l'oubli des injures. En ce temps, le roi tomba si dangereusement malade que chacun désespérait de sa santé. La reine était la seule qui n'eût point perdu courage : elle conjura le saint prêtre de se mettre en prières pour le salut de son époux. Il le fit et passa cinq jours sans manger, sans dormir et sans interrompre son oraison. La maladie du roi augmentant toujours, on pressa Sulpice de prendre au moins quelque nourriture ; on lui représenta qu'il se tuait inutilement, parce que le roi allait expirer. Il déclara sans hésiter que celui qu'on croyait mort serait en état de manger le septième jour, et qu'alors il mangerait avec lui : ce qui s'accomplit à l'admiration universelle.

Peu de temps après (624), saint Austrégisile étant mort, il se forma de grandes brigues pour l'archevêché de Bourges. Mais les personnes de piété qui étaient dans la ville députèrent secrètement vers la reine Sichilde, pour la prier d'exclure les ambitieux et les simoniaques et de leur donner pour pasteur le saint homme Sulpice. La reine y employa toute son influence, et le roi agréa cette requête de l'Église de Bourges. Et aussitôt Dieu, le souverain maître des cœurs, réunit ceux qui étaient divisés, de sorte que l'élection de Sulpice fut unanime.

Le Saint se voyant élevé à cette éminente dignité, la prit bien plutôt pour une charge que pour un honneur ; c'est pourquoi, ne relâchant rien de ses pratiques ordinaires, il accrut, au contraire, ses jeûnes et ses aumônes ; et afin d'employer moins de temps au sommeil, il ne prenait son repos que sur une simple paillasse couverte d'un cilice.

Dieu bénit les travaux qu'il entreprit pour s'acquitter dignement des fonctions de sa charge ; il extirpa absolument le judaïsme de la ville de Bourges en convertissant et baptisant presque tous les Juifs qui y étaient établis. Par ses prédications ferventes, il fit encore que plusieurs d'entre les chrétiens renoncèrent aux vanités du monde, afin de se mettre sous l'étendard de la croix et d'embrasser une vie pénitente.

En 625, il se trouva au grand concile de Reims, où il occupa une des premières places entre plusieurs autres métropolitains qui y assistèrent. Dans sa province, il en tint aussi quelques-uns : il ne nous reste aucun des règlements qui y furent dressés.

Dieu augmenta le pouvoir qu'il avait déjà de faire des miracles ; il a rendu la vue à des aveugles, l'ouïe à des sourds, l'usage libre des bras et des jambes à des paralytiques, celui de la parole à des muets, et même la vie à deux morts, dont l'un avait succombé aux angoisses de la faim, et l'autre avait été submergé dans la rivière d'Auron, qui tombe dans le Cher et de là dans la Loire. Je passe sous silence plusieurs autres merveilles que Dieu a opérées par les mérites notre Saint, comme d'avoir éteint trois incendies par le seul signe de la croix, et d'avoir soutenu un arbre d'une prodigieuse grosseur qui allait écraser un jeune homme par sa chute. Mais je ne saurais taire celui qui, de tous, a été le plus utile : le roi Dagobert, à la sollicitation d'un de ses courtisans, ayant mis un impôt trop lourd sur le peuple de Bourges, Sulpice fit tant par ses prières que le roi révoqua son édit, et comme ce courtisan persistait toujours en sa malice contre l'intention du roi, Dieu le punit d'une mort soudaine.

Il existait dans la rivière d'Yèvre, auprès de Vierzon, un gouffre redoutable auquel se rattachait les plus lugubres souvenirs. On racontait avec terreur que les païens l'avaient jadis considéré comme sacré, qu'après la chute des faux dieux le diable s'y était établi en haine des chrétiens, pour guetter les passants et les entraîner dans l'abîme. Sulpice vint en grande pompe sur les bords de la rivière, jeta un peu d'huile sainte et de chrême dans les eaux qu'il bénit, et, depuis ce moment, on put traverser ce lieu, et même y pêcher sans péril.

« Cependant », ajoute un historien moderne, « le gouffre, ou, comme on le nomme en langage populaire, le Gour de l'Yèvre, a continué jusqu'à nos jours à être l'objet de merveilleuses traditions. On prétend que personne n'en a jamais pu trouver le fond, que les eaux y bouillonnaient à toutes les fêtes de la Vierge ; que ces jours-là on entendait sonner des cloches dans la rivière même ; que les poissons, en y passant, s'arrêtaient et revenaient de manière à décrire une croix. On dit encore qu'un hardi plongeur, nommé Perlas, a vu au fond de l'eau une belle église pleine de grandes richesses, et qu'il en a rapporté une petite cloche et une image de la Vierge, toutes deux placées, à Vierzon, dans une chapelle qui fut construite exprès. Enfin c'est au même lieu qu'en 1828, pendant les travaux du canal du Berri, on a découvert, enfoui dans le sable, les squelettes d'un cavalier et d'un cheval, quelques parties d'armure, et, à la hauteur de la ceinture, de nombreuses pièces anglaises d'Édouard III. C'était probablement un cavalier de l'armée du prince Noir, qui avait péri en cet endroit ».

Cependant, Sulpice, après dix-sept ans d'épiscopat, se sentait pressé par la caducité de l'âge et par le désir de s'occuper de sa sanctification d'une manière plus spéciale ; il supplia le roi de lui permettre de prendre un coadjuteur : ce fut un saint ecclésiastique nommé Ulfolend, sur qui il se déchargea d'une partie de son fardeau, afin d'avoir plus de loisir pour vaquer aux affaires de son salut. Il n'était rien de si humble que lui, ni, suivant l'étymologie de son nom, de si débonnaire et de si facile à pardonner les offenses. Un méchant étant venu pour le voler, tomba dans une fosse très-profonde, où il se trouva accablé sous des ruines ; il était tenu pour mort ; mais enfin il en fut retiré et demanda pardon au Saint ; cet homme admirable, non-seulement lui remit son offense, mais, de plus, lui donna de quoi subvenir à ses besoins, afin qu'il ne se laissât plus aller à ces extrémités. Un de ses clercs, étant sorti sans congé, fut arrêté toute la nuit par une force divine et ainsi contraint de se venir prosterner aux pieds de son évêque ; le saint prélat lui accorda aisément le pardon qu'il demandait.

Quoiqu'il fût primat de toute l'Aquitaine, néanmoins, il chérissait tellement la pauvreté, qu'il usa toujours à sa table de vaisselle de bois et de terre ; ce qui ne l'empêchait pas d'ailleurs de se montrer magnifique dans la fondation des églises et des monastères.

Parmi les fondations religieuses dues à Sulpice le Pieux, il faut citer d'abord le monastère de la Nef, bâti dans un faubourg de la ville de Bourges, entre l'Yèvre et l'Auron, près d'une station de bateau, d'où lui vint son premier nom de Nef ou navire, échangé plus tard contre celui de son fondateur.

C'était dans cette paisible retraite, consacrée à la Vierge, que l'illustre évêque venait se délasser de ses travaux et du poids des ans qui commençaient à le gagner, en compagnie des frères dont il était l'ami en même temps que le chef. Plus tard, vers le milieu du IXe siècle, sous la direction de l'abbé Ébrard, le service des bacs ayant été remplacé par des ponts jetés sur l'Yèvre et l'Auron de la main des moines eux-mêmes, un diplôme attribué à l'un des fils de Louis le Débonnaire, Pépin II ou Charles le Chauve, gratifia le couvent non-seulement des droits de tonlieu perçus sur les nouvelles voies, mais encore à toutes les portes de la ville.

La tradition attribue encore à l'ardente charité de Sulpice le Débonnaire l'établissement de l'hospice qui porta son nom, et qui exista jusqu'au xvie siècle au-dessous de l'église cathédrale, presque en face de celle de Saint-Ursin. Sur la porte d'entrée de cette Maison-Dieu on lisait cette belle inscription, qui semble un dernier soupir échappé de l'âme tendre de son fondateur :

| DEUM TIME. | Crains Dieu. | | PAUPERES SUSTINE. | Nourris les pauvres. | | MEMENTO FINIS. | Souviens-toi de ta fin. |

Enfin, après tant de miracles et de bonnes œuvres, et lorsqu'il eut consumé tout son corps par les veilles, les jeûnes, la prière et d'autres austérités, il partit de ce monde, encore plus chargé de mérites que d'années, quoique extrêmement vieux, le 17 janvier, l'an de Notre-Seigneur 644 ou au plus tard en 647.

4° En sa qualité d'aumônier militaire dans les armées de Clotaire II, il a été représenté au milieu de gens de guerre et pourrait être adopté pour patron, soit par les aumôniers, soit par les soldats ; 2° auprès du lit de Clotaire qu'il guérit, ou sollicitant de Dagobert Ier l'abrogation d'un impôt injuste ; 3° prêchant et tenant à la main un écriteau qui contient ces paroles de saint Paul : « Quand nous avons le nécessaire pour notre nourriture et notre vêtement, estimons que c'est bien assez » ; il aimait à répéter ce texte de l'Écriture et l'appliquait du reste dans sa conduite.

## RELIQUES DE SAINT SULPICE.

Le corps de saint Sulpice fut porté solennellement dans l'église qu'il avait fait bâtir hors de la ville, où était auparavant une chapelle dite Notre-Dame de la Nef, ou du Navire, à cause de sa situation dans un lieu propre aux stations des navires, au nord de la ville, entre les rivières d'Yèvre et d'Auron.

Symbole de l'ardente dévotion qui s'attachait à la mémoire de Sulpice le Pieux, une belle lampe, soigneusement entretenue, ne cessait de brûler jour et nuit au-dessus de son tombeau. Cependant, un soir, tandis qu'on chantait les Vêpres, la flamme de cette lampe s'éteignit tout à coup comme si elle eût manqué d'aliment. Aussitôt un brillant éclair, pénétrant à travers les vitres, la ralluma, au grand étonnement des assistants, et, depuis ce temps, les gouttes d'huile qui en découlaient sur le marbre conservèrent une vertu miraculeuse dont s'empressèrent de profiter les malades de toute sorte et de tout pays. Sans parler des prodiges journaliers qui rendaient la vue aux aveugles, la parole aux morts, l'ouïe aux sourds, le mouvement aux paralytiques, la paix aux démoniaques, relevons quelques faits plus particulièrement mis en relief par la légende.

La renommée de la lampe de saint Sulpice se répandit au loin.

Une illustre dame de la Haute-Germanie, aveugle de naissance, s'était rendue, à grands frais et à travers mille dangers, au monastère de la Nef, avec l'espoir d'y obtenir sa guérison. Cependant, malgré les prières et ses larmes, elle restait, depuis plusieurs jours, étendue sur le pavé, devant le tombeau du saint confesseur, sans que ses yeux s'ouvrirent à la lumière. Dans sa douleur et son impatience, elle se met à demander à grands cris quelque relique, qu'il lui soit permis d'emporter et qui la guérisse peut-être avec le temps. Etourdi de ses clameurs, un maçon, travaillant à l'intérieur de l'église, lui dit par dérision :

— Pourquoi tant de bruit ? Tendez votre tablier, je vais vous donner un peu des reliques que nous avons ?

Puis, prenant du mortier avec sa truelle, il le jette dans le tablier de la pauvre dame qui, pleine de foi, s'en frotte les yeux et recouvre immédiatement la vue. Après avoir loué Dieu et saint Sulpice, la noble germaine voulut emporter, comme une vraie relique, le mortier miraculeux, et, de retour en son pays, fit construire un monastère, qu'elle nomma Saint-Sulpice-du-Mortier, et qui devint à son tour célèbre et fécond en prodiges.

L'église de la Nef n'existe plus aujourd'hui ; les reliques qu'elle possédait ont été brûlées en 1793. L'église paroissiale de Saint-Sulpice, à Paris, dans laquelle on vénérait autrefois un os du bras de notre Saint, l'a aussi perdu pendant la Révolution française, et n'a plus maintenant que quelques parcelles des ossements de son patron. La ville de Vatan, en Berri, possède de saint Sulpice un petit os de dix centimètres de longueur, qui a été donné au chapitre de Vatan le 27 janvier 1757, par les religieux de Saint-Sulpice de Bourges.

Dans le Nivernais et l'Auxerrois, la fête de ce Saint se célèbre généralement le 27 août, à cause d'une translation de ses reliques qui a eu lieu à cette époque, d'après l'éditeur des Fastes de l'église d'Auxerre.

« Une grande partie du chef de saint Sulpice, évêque de Bourges, est aujourd'hui conservée à l'église paroissiale de Montreuil-sur-Mer avec une plaque d'argent où se trouve cette inscription gothique. *Hic facit recondi caput sancti Supplici* : *archiepi Bituricensis Duo Margorita Descofen abbissa huf. Ecole anno Dai millesimo quinquentesimo vicemimo sexio*. Marguerite d'Escouflan, vingt-neuvième abbesse de Sainte-Austreberte, avait obtenu cette relique de Mathilde, comtesse de Boulogne qui, elle-même, l'avait reçue de son fils, Robert de Genève, évêque de Thérouanne et plus tard pape, sous le nom de Clément VII. Le reliquaire date de l'an 1426. L'église de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées orientales), prétendait posséder le crâne de saint Sulpice ».

M. Badie, curé de Villefranche, à qui nous avions demandé si son Église possédait encore la précieuse relique de saint Sulpice, nous a fait, en date du 23 août 1871, la réponse suivante :

« Il me serait bien doux et agréable de pouvoir répondre à votre lettre d'une manière satisfaisante. Mais, hélas ! je suis sans données et renseignements sur ce qui fait l'objet de vos demandes. Voici seulement ce que je puis vous dire. La grande relique que possédait, il y a quelques années encore, l'église de Villefranche, a été égarée sous mon prédécesseur ou ne sait comment, et toutes mes recherches ont été jusqu'ici inutiles. D'après une copie d'enquête que je possède dans les archives de l'église, elle avait été reconnue authentique par Mgr de Laporte, évêque de Carcassonne et de Perpignan. C'était un os considérable, et ce qui me le fait croire, c'est que la même copie d'enquête ou plutôt de l'ordonnance de l'évêque qui suit l'enquête porte de la permission donnée au curé de la paroisse de détacher un fragment de la grande relique pour le placer ou mieux encore pour l'incruster dans la tête de la statue de saint Sulpice, fragment qui existe encore et qu'on voit être un os.

« Comment la grande relique est-elle parvenue à l'église de Villefranche ? je l'ignore. Les archives de l'Église de la paroisse gardent là-dessus le plus profond silence. Ce que je puis vous dire seulement, c'est que, jusqu'à la Révolution, Villefranche jouissait d'une importance qu'il n'a pas maintenant. Ainsi il ne possède maintenant qu'un prêtre, tandis que jadis il avait une collégiale. Tout me porte à croire que la relique en question est de saint Sulpice le Pieux ».

Nous avons voulu rapporter cette lettre tout entière afin que nos lecteurs déduisent avec nous un pasteur chargé de la garde d'une église, qui a poussé l'incurie jusqu'à laisser disparaître une relique insigne sans que l'on sache ce qu'elle est devenue.

Cette vie est tirée d'un auteur presque contemporain, reproduit par Surina et Bollandus, et des notes qu'a bien voulu nous communiquer M. Callian, vicaire général de Bourges.

## SAINT GENOU, ÉVÊQUE DE CAHORS.

Événements marquants

  • Naissance à Vatan à la fin du VIe siècle
  • Éducation à la cour du roi Thierry II
  • Retraite domestique et service des pauvres
  • Ordination par saint Austrégisile
  • Aumônier de la cour du roi Clotaire II
  • Élection à l'archevêché de Bourges en 624
  • Participation au concile de Reims en 625
  • Obtention de l'abrogation d'un impôt auprès de Dagobert Ier
  • Bénédiction du gouffre de l'Yèvre à Vierzon
  • Retraite au monastère de la Nef avant sa mort

Miracles

  • Expulsion de démons en forme d'Éthiopiens
  • Guérison prophétique du roi Clotaire II après 5 jours de jeûne
  • Résurrection de deux morts (famine et noyade)
  • Extinction de trois incendies par le signe de la croix
  • Sanctification du gouffre redoutable de l'Yèvre
  • Rallumage miraculeux d'une lampe par un éclair
  • Guérison d'une aveugle par du mortier jeté par dérision

Citations

Quand nous avons le nécessaire pour notre nourriture et notre vêtement, estimons que c'est bien assez

— Saint Paul (cité par Sulpice)

DEUM TIME. PAUPERES SUSTINE. MEMENTO FINIS.

— Inscription de l'hospice Saint-Sulpice

Date de fête

17 janvier

Époque

7ᵉ siècle

Décès

17 janvier 644 ou 647 (naturelle)

Invoqué(e) pour

guérison des aveugles, guérison des sourds, guérison des paralytiques, délivrance des possédés

Autres formes du nom

  • Le Pieux (fr)
  • Le Débonnaire (fr)
  • Supplici (la)

Prénoms dérivés

Sulpice

Famille

  • Parents nobles (non nommés) (parents)