Saint Gaudence de Novare
Évêque et Patron de Novare
Résumé
Né de parents païens au IVe siècle, Gaudence se convertit et devint le premier évêque de Novare. Disciple de saint Eusèbe et proche de saint Ambroise, il consacra son épiscopat de vingt ans à l'extirpation du paganisme et à l'organisation de son clergé. Il mourut vers 417, laissant une cité entièrement chrétienne.
Biographie
SAINT GAUDENCE, ÉVÊQUE ET PATRON DE NOVARE (417).
Né avant le milieu du IVe siècle de parents idolâtres, il eut le bonheur de connaître la vraie foi, qu'il embrassa avec ardeur. Ayant essayé de convertir sa famille, cette tentative lui attira des persécutions qui l'obligèrent à s'expatrier. Il se rendit à Verceil, près de saint Eusèbe, évêque de cette ville, qui l'ordonna lecteur. De là, il se rendit à Novare, et s'associa aux missions du saint prêtre Laurent, qui travaillait à la conversion des infidèles, car il en restait encore dans cette ville. Étant allé ensuite à Milan, il vécut quelque temps sous la conduite de saint Martin, depuis évêque de Tours, qui habitait alors une solitude. Lorsque saint Eusèbe, son ancien maître, eut été exilé à Scythopolis en Palestine, à la suite d'un conciliabule de Milan, Gaudence alla l'y visiter, et ne craignit pas les fatigues d'un long voyage, ni les dangers qu'il avait à redouter des Ariens. Eusèbe le renvoya à Verceil pour y prendre soin de son troupeau, et au retour du saint confesseur, il se rendit à Novare pour remplacer saint Laurent que les païens avaient massacré.
Son zèle, son mérite et ses vertus inspirèrent à saint Ambroise, qui passait par Novare, l'idée de le sacrer évêque de cette ville ; mais Gaudence répondit que cette consécration se ferait par un autre. En effet, le saint archevêque de Milan étant mort peu après (397), saint Simplicien, son successeur, donna à Gaudence l'onction épiscopale. Celui-ci s'appliqua surtout à extirper les restes du paganisme du milieu de son troupeau, et ses efforts eurent un tel succès qu'il convertit jusqu'aux meurtriers de saint Laurent, et qu'il ne resta plus un seul idolâtre dans Novare. Il réforma son clergé et établit la vie commune parmi les prêtres de sa cathédrale. Il fonda un grand nombre d'églises et établit de nouvelles paroisses qu'il pourvut de dignes pasteurs. Après un épiscopat de vingt ans, il mourut vers l'an 417, et il fut enterré dans une église qu'il avait fait construire près de la ville.
On représente saint Gaudence avec une église sur la main, pour signifier probablement qu'il est le fondateur du siège épiscopal de Novare.
On célèbre la naissance au ciel de saint Gaudence ce même jour à Novare. Quant à la fête de la translation de ses reliques, elle se fait aux mois d'août et d'octobre. Ses actes, écrits sous l'évêque Léon, son successeur, se trouvent dans Montbrice.
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## SAINT MAINBOEUF (480).
Saint Mainboeuf était originaire d'Irlande. Le désir de contribuer pour sa part à étendre le règne de Dieu le fit venir dans la Gaule, comme beaucoup de ses compatriotes. Il s'avança jusque dans le comté de Bourgogne, répandant partout la semence de la parole évangélique, et édifiant par sa sainte vie les hôtes de bonne volonté qui l'abritaient un moment sous leurs toits. C'était un saint voyageur, comme au siècle dernier le B. Benoît-Joseph Labre. Un noble Bourguignon, chez qui il était resté quelques jours, lui fit accepter des gants lorsqu'il quitta sa maison pour continuer sa route. Chemin faisant, Mainboeuf arriva à Dampierre-les-Bois, village situé entre Montbéliard et Delie. Il s'y arrêta pour prier dans une chapelle dédiée à saint Pierre. De là, il se dirigea du côté de Freide-Fontaine (Kaltenbrunn, en Alsace). Les gens de ce pays, hérétiques et voleurs, voyant que Mainboeuf portait des gants et qu'il était vêtu autrement que les gens du pays, crurent que c'était un riche étranger, et résolurent de le dépouiller. Ils l'attaquèrent donc ; mais lui se mit à les prêcher, plus pour les empêcher de se soucier d'un crime que pour sauver sa propre vie. Ses paroles ne firent que les irriter, et ils le tuèrent à coups de bâton et de couteau. 480. Des prodiges se firent au lieu de son martyre ; c'est pourquoi le comte de Montbéliard, nommé Alton, fit
transporter ses reliques dans son château. Elles y restèrent jusqu'au XVIe siècle, jusqu'à ce que l'hérésie vînt les jeter au vent. La fête de la translation de ses reliques se célèbre encore à Besançon le 23 janvier, sous le rite semi-double. Une belle église vient d'être bâtie à Montbéliard, en l'honneur de saint Mainboeuf, par les soins de Mgr Mathieu, cardinal-archevêque de Besançon. Le même prélat, voulant aussi ranimer la foi antique aux Deux-Sèvres où saint Mainboeuf a été martyrisé, a fait bâtir une chapelle et des écoles à Dampierre-les-Bois.