Saint Gamelbert de Michaelsbuch
Curé en Bavière
Résumé
Saint Gamelbert était un curé bavarois du VIIIe siècle qui, après avoir refusé une carrière militaire pour devenir berger, se consacra au sacerdoce pendant cinquante ans. Connu pour sa charité immense envers les pauvres et les animaux, il baptisa saint Uthon lors d'un pèlerinage à Rome avant de finir ses jours dans la prière et le silence.
Biographie
SAINT GAMELBERT, CURÉ EN BAVIÈRE (vers l'an 800).
Cet homme de Dieu naquit en Basse-Bavière, dans un village dont le nom moderne est Michaelsbuch, non loin de l'endroit où l'Isar, qui vient des Alpes du Tyrol, se jette dans le Danube. C'était au commencement du VIIIe siècle, c'est-à-dire à une époque où la religion catholique florissait déjà au milieu des races allemandes.
Les parents du jeune Gamelbert étaient des propriétaires auxquels leurs biens suffisaient et qui vivaient aussi saintement que le comporte le siècle.
ainsi dire, retranchée derrière les murailles de leur petite capitale. Les ruines des fortifications de celle-ci attestent hautement quels furent les efforts du roi très-chrétien et de ses troupes pour amener la reddition de cette place que la nature avait fortifiée plus encore que l'art lui-même. Ces ruines sont aussi imposantes que le site où elles se trouvent : ce ne sont que maisons gothiques abandonnées, murs à demi écroulés, voûtes ogivales disloquées, tourelles mutilées, créneaux brisés, colonnes renversées, en un mot dévastation partout et décoration de tous les côtés ; aussi la population des Baux n'a-t-elle pour abri que les décombres des habitations princières et des demeures seigneuriales.
Son père eût voulu faire de lui un soldat : pour lui faire prendre goût au noble métier, il s'assurait à le ceindre d'un sabre ou à lui faire endosser l'uniforme : l'enfant jettait l'armure dont on le revêtait et ne témoignait que du dédain pour ces habits guerriers. Ses frères et son père indignés le traitaient de lâche ; celui-ci le condamna même à garder ses troupeaux : le vertueux jeune homme s'y soumit avec résignation et même avec bonheur.
Un jour il s'était endormi à côté de ses moutons ; à son réveil il trouva un livre sur sa poitrine. Il comprit qu'il lui était ordonné de s'instruire et alla trouver des prêtres qui l'initièrent à l'étude des saintes lettres. Ce qu'il lisait et apprenait n'était pas pour lui lettre morte. Ayant entendu ses pieux maîtres dire que la vie et la mort sont en la puissance de la langue, il défendit à tout jamais à ses lèvres de prononcer non-seulement une parole nuisible, mais encore une parole oiseuse.
Cependant il était parvenu à ce point où l'adolescent devient jeune homme. Sa vertu autant que sa piété excita l'envie de l'enfer. Comment le faire tomber ?
Sobre à l'endroit de boire et du manger, fidèle au devoir de la prière, économe de paroles, Gamelbert veillait sur son corps aussi bien que sur son cœur. L'ennemi du salut l'attaqua de la même manière que plus tard Thomas d'Aquin, de la même manière qu'il attaque la plupart des jeunes gens : de la séduction des mauvaises mœurs. Dans ces occasions la fuite est le seul moyen de salut : notre Saint quitta brusquement la personne qui le tentait et alla mettre sa chasteté sous la protection de Dieu.
Mais le berger de Michelsbach avait été jugé digne du sacerdoce. Sur ces entrefaites son père mourut. Il reçut pour sa part d'héritage la maison où il avait vu le jour, avec les terres qui en dépendaient et l'église du village : il en prit possession comme pasteur encore plus que comme propriétaire.
Rome alors, peut-être encore plus qu'aujourd'hui, attirait les âmes pieuses : le saint prêtre entreprit donc un pèlerinage au tombeau des Apôtres. Sur sa route, dans une maison où il avait reçu l'hospitalité, il baptisa un petit garçon qui devait être saint Uthon.
Après son retour il prit lui-même la direction de sa paroisse et déploya à un degré héroïque, dans l'exercice du saint ministère, toutes les vertus nécessaires à un pasteur de village : la discrétion, l'esprit de retraite et de silence, l'hospitalité et surtout la charité. « Il était, dit son biographe, « le père des aveugles et des estropiés : sa porte était toujours ouverte aux voyageurs ; les malades et les pauvres trouvaient chez lui tous les secours possibles, et aux morts il accordait non-seulement la sépulture, mais ses prières ».
Telle était sa bonté d'âme qu'il rachetait les petits oiseaux pour leur rendre la liberté lorsqu'il en trouvait entre les mains des paysans. Il ne permettait pas non plus à ses propres domestiques d'aller travailler aux champs ou aux bois lorsque le temps menaçait d'être mauvais. Il affectionnait par-dessus tout la tranquillité et la concorde, rétablissant la paix entre ses paroissiens autant qu'il le pouvait.
Il était médiocrement instruit : mais il consacrait au service de Dieu tout ce qu'il savait. Après avoir passé cinquante ans dans l'exercice des fonctions sacerdotales, il voulut se préparer d'une manière plus prochaine au grand passage du temps à l'éternité. Il avait depuis longtemps quitté la maison trop somptueuse que lui avait laissée son père, pour une plus modeste. Sur la fin de sa vie, il planta à quelque distance, autour de sa demeure, quatre croix et se les proposa comme des limites à ne jamais dépasser. La charité seule lui faisait abandonner cette espèce de solitude. C'est ainsi qu'ayant un jour aperçu deux hommes qui se battaient en dehors de cette enceinte, il courut à eux et parvint non-seulement à les séparer, mais à les réconcilier.
Cependant l'heure de sa mort était arrivée : toute sa paroisse pleurait autour de son lit : « Mes enfants », leur dit-il, « ne vous affligez pas de mon départ. Le Seigneur a pourvu à mon remplacement : il vous donnera un saint pasteur ». Le mourant voulait désigner Uthon qu'il avait autrefois baptisé, lors de son pèlerinage à Rome. Celui-ci fut mandé : le saint curé l'institua son héritier, et le présenta à ses ouailles comme leur nouveau père spirituel.
Peu de temps après, il convoqua ses confrères dans le sacerdoce pour lui administrer les derniers sacrements et remit paisiblement son âme entre les mains de celui qu'il avait si ardemment et si constamment aimé toute sa vie (27 janvier 800).
Chacun le regretta comme un bienfaiteur, tous s'empressèrent de l'honorer après sa mort comme un Saint.
De nombreux miracles glorifièrent son sépulcre.
L'église qui reçut ses saintes dépouilles fut dès lors souvent visitée par les anges qui chantaient des hymnes sous ses voûtes, l'éclairaient de diverses splendeurs et la parfumaient de senteurs toutes célestes.
Là plus d'un estropié recouvra l'usage de ses membres ; là plus d'un affligé puisa la consolation nécessaire à l'homme voyageur ici-bas pour accomplir sans désespoir le pèlerinage vers l'éternité.
Nos voisins d'Outre-Rhin ont représenté saint Gamelbert : 1° baptisant saint Uthon ; 2° dans un enclos environné de moutons. Ceux-ci rappellent sans doute la vie pastorale du futur pasteur d'hommes, et celui-là sa vie de retraite, sur la fin de ses jours.
Cf. A.A. SS., t. iii, jan., p. 396, nouv. éd.
Événements marquants
- Naissance en Basse-Bavière au début du VIIIe siècle
- Refus de la carrière militaire et période comme berger
- Découverte miraculeuse d'un livre sur sa poitrine pendant son sommeil
- Pèlerinage à Rome et baptême du futur saint Uthon
- Cinquante ans d'exercice des fonctions sacerdotales
- Retraite finale dans une demeure délimitée par quatre croix
Miracles
- Apparition d'un livre sur sa poitrine pour l'appeler à l'étude
- Chants d'anges et parfums célestes dans l'église après sa mort
- Guérisons d'estropiés à son sépulcre
Citations
Mes enfants, ne vous affligez pas de mon départ. Le Seigneur a pourvu à mon remplacement : il vous donnera un saint pasteur