Saint Laurent de Cantorbéry
Archevêque de Cantorbéry
Résumé
Moine envoyé par Grégoire le Grand, Laurent succéda à saint Augustin comme archevêque de Cantorbéry. Face à l'apostasie des successeurs des rois Ethelbert et Seberect, il fut miraculeusement flagellé en vision par saint Pierre pour l'empêcher de fuir sa mission. Ce prodige permit la conversion du roi et le rétablissement de la foi en Angleterre.
Biographie
SAINT LAURENT, ARCHEVÊQUE DE CANTORBÉRY (619).
Laurent fut un de ces saints moines que le pape saint Grégoire le Grand donna pour compagnons à saint Augustin, plus tard archevêque de Cantorbéry, lorsqu'il l'envoya prêcher l'Évangile du Christ en Angleterre. Augustin l'ordonna de son vivant et le désigna pour son successeur, afin que l'église qu'il venait de fonder ne fût pas un seul instant dépourvue de chef; précaution prudente pour une jeune église dont un veuvage, quoique très-court, aurait pu compromettre l'existence. Du reste, il ne faisait en cela qu'imiter le prince des apôtres qui, comme on le croit généralement, consacra Clément et en fit son coadjuteur et son successeur. Une fois archevêque, Laurent fit tous ses efforts par la parole et par l'exemple, pour que l'Église dont les fondements venaient d'être jetés en Angleterre atteignît son faîte par un progrès rapide. Il ne négligea rien pour faire revenir à la conformité de la règle de l'Église catholique les Scots et les Bretons qui s'en étaient écartés en quelques points, notamment dans la célébration de la Pâque.
Mais le roi des Angles, Ethelbert, que les prédications d'Augustin avaient amené à la foi, étant mort, son fils et son successeur se montra indigne de son père. Non content de repousser la foi du Christ, ce prince, allant plus loin que les païens eux-mêmes, s'était souillé d'un inceste en épousant sa belle-mère, frayant ainsi à son peuple la voie du retour aux plus détestables mœurs. Ce premier mal s'accrut bientôt d'un autre. Le roi des Saxons Orientaux, Seberect, mourut à son tour, et son royaume fut partagé entre ses trois fils, princes qui étaient demeurés dans l'infidélité, et qui renchèrent un culte public aux idoles : funeste exemple qui amena partout les peuples à abjurer et les fit retomber dans la fausse religion.
Mellitus, évêque des Saxons, cédant à l'orage, se réfugia vers Laurent, et les deux prélats, ayant mandé près d'eux Justus, leur collègue, ils se consultèrent ensemble sur le parti qu'ils avaient à adopter : tous trois décèlèrent qu'ils reprendraient le chemin de leur patrie, où ils pourraient plus librement servir Dieu, au lieu qu'en demeurant plus longtemps parmi des barbares rebelles à la foi, ils ne feraient, pensaient-ils, que perdre le temps dans un inutile repos. Justus et Mellitus partirent
d'abord. Laurent, sur le point de les suivre, passa dans l'église des apôtres Pierre et Paul la dernière nuit qu'il croyait devoir rester en Angleterre. Après beaucoup de larmes et de prières répandues devant Dieu pour son église, vaincu par le sommeil, il s'endormit profondément.
Mais voici que, pendant que l'archevêque dormait, se présente à lui le prince des apôtres Pierre, qui, le flagellant très-rigoureusement, lui demandait, en vertu de son autorité apostolique, pourquoi il abandonnait ainsi le troupeau qui lui avait été confié, et à quel pasteur il laissait la garde de ses brebis ainsi jetées au milieu des loups ? Est-ce ainsi, continuait-il, que tu te souviens de l'exemple que je t'ai donné, moi qui ai enduré, pour celles que le Christ m'avait confiées en signe de son amour, non-seulement les fouets, les cachots, les supplices, mais la mort même et la mort de la croix. Excité par ces coups et ces réprimandes, Laurent va dès le matin trouver le roi, et, écartant son vêtement, lui fait voir les stigmates des coups; et comme le prince lui demandait qui l'avait ainsi maltraité, il lui exposa tout ce qui s'était passé. Le roi fut d'abord saisi d'un étonnement profond, puis revenant à lui, il abjura le culte des idoles, répudia sa femme illégitime, se fit chrétien et propagea la foi avec un zèle admirable. Il survécut à Laurent, qui monta au royaume céleste le 2 de février, l'an 619.
Brésiaire bénédictin.
Événements marquants
- Envoi en Angleterre par le pape Grégoire le Grand comme compagnon de saint Augustin
- Ordination et désignation comme successeur par saint Augustin de son vivant
- Efforts pour ramener les Scots et les Bretons à la règle catholique (Pâque)
- Crise religieuse sous le fils d'Ethelbert et les fils de Seberect
- Apparition et flagellation par saint Pierre dans l'église des apôtres Pierre et Paul
- Conversion du roi après lui avoir montré les stigmates des coups
Miracles
- Apparition de saint Pierre et flagellation mystique laissant des stigmates réels sur le corps de Laurent