Saint Gervin de Saint-Riquier

Abbé de Saint-Riquier

Fête : 3 mars 11ᵉ siècle • saint

Résumé

Né dans le pays rémois, Gervin fut abbé de Saint-Riquier au XIe siècle après avoir été moine à Verdun. Grand voyageur et érudit, il enrichit la bibliothèque de son abbaye et parcourut l'Europe pour prêcher et confesser. Il mourut saintement en 1075 après avoir supporté la lèpre avec patience.

Biographie

SAINT GERVIN, ABBÉ DE SAINT-RIQUIER (1075).

Gervin naquit au commencement du XIVe siècle, dans le pays Rémois. On croit que sa famille était parente de Brunon, qui, après avoir occupé le siège de Toul, devint pape sous le nom de Léon IX. Il fit ses études dans l'école épiscopale annexée à la métropole de Reims. Séduit par la lecture des poètes de l'antiquité, il laissa son imagination tellement s'enflammer, qu'il ne fut pas loin de mettre en pratique les maximes licencieuses dont il avait reçu son esprit. La grâce de Dieu le fit cependant triompher de ces tentations, et renoncer complètement aux mauvaises lectures.

D'abord chanoine de l'église de Reims, puis religieux à Saint-Vannes de Verdun, il se fit remarquer dans le monde comme dans le cloître par l'abondance de ses connaissances, la douce éloquence de ses paroles, son obéissance, son dévouement, son humilité. En 1027, il alla avec le bienheureux Richard, abbé de Saint-Vannes, et six cents autres pèlerins, visiter les Lieux saints. La pieuse caravane passa par la Hongrie. Elle reçut un cordial accueil de la part du roi saint Étienne.

En 1045, Henri Ier, roi d'Angleterre, le nomma abbé de Saint-Riquier et le donna comme successeur au vénérable Enguerran, qui était devenu infirme. Le moine de Verdun ne voulut accepter cette charge qu'autant qu'il en serait investi par les suffrages des religieux.

Il signala son administration par la construction de plusieurs chapelles et sanctuaires, par une gestion digne et soigneuse à la fois des biens temporels de l'abbaye, et surtout par le zèle qu'il mit à enrichir la bibliothèque d'un grand nombre de manuscrits grecs et latins.

Les pèlerins affluaient dans l'église du monastère : Gervin passait des journées entières à recevoir leurs aveux. Entraîné par son zèle, il allait prêcher et confesser non-seulement à travers la Picardie, mais en Normandie, en Flandre, en Aquitaine, et jusqu'en Thuringe et en Hongrie.

En 1050, il fit le voyage de Rome en compagnie de saint Léon IX, qui était venu à Reims consacrer l'église de Saint-Remi et présider un concile. Il se rendit aussi plusieurs fois en Angleterre, où l'abbaye de Saint-Riquier possédait des biens considérables. Chaque fois il sanctifiait son voyage en visitant les sanctuaires renommés et semant partout la parole de Dieu. Dans un de ces voyages, il apaisa une horrible tempête qui, quinze jours de suite, empêcha les passagers de s'embarquer.

Ses vertus lui méritèrent, même avant sa mort, le nom de saint abbé. Tandis que ses moines, après l'office de nuit, allaient compléter le temps réservé au sommeil, il reprenait ses méditations. Il avait grand soin de cacher aux yeux de tous ses dévotions extraordinaires. Pendant le Carême, il redoublait ses austérités. Affaires, voyages, indispositions, rien ne pouvait lui fournir prétexte d'abréger la récitation des psaumes et des canons. Il s'abstenait de toute nourriture et chantait le Graduel en entier la veille des grandes fêtes.

Dieu récompensa par des miracles une si grande ferveur religieuse. Un jour, une pauvre malade fut guérie en buvant l'eau dans laquelle le moine qui l'accompagnait avait fait tremper sa crosse.

Pendant les quatre dernières années de sa vie, Gervin fut en proie à une horrible lèpre. Bénissant Dieu de lui avoir envoyé cette épreuve, il n'en remplissait pas moins tous les devoirs de la vie monastique.

Le 2 février de l'an 1075, il dit sa dernière messe dans la chapelle souterraine de Notre-Dame-de-la-Voûte, qu'il avait fait bâtir. C'est à peine s'il put achever les saints mystères ; quand on l'eut transporté dans sa cellule, il dit à ses religieux consternés : « Apprenez, mes enfants, que la Sainte Vierge m'a, aujourd'hui, donné congé de la vie ». Puis il voulut, à l'exemple de saint Germain l'Auxerrois, faire l'aveu public de ses fautes.

Sentant les approches de l'agonie, il se fit transporter à l'église, où il expira, étendu sur son cilice, devant l'autel de Saint-Jean-Baptiste, auquel il avait toujours eu une grande dévotion. C'était le 3 mars 1075.

Lorsque, selon l'usage monastique, on lava le corps du défunt, on n'y trouva aucune trace de lèpre. Une suave odeur s'exhala de ses membres purs et polis. L'inhumation eut lieu dans la crypte de Notre-Dame.

On a perdu la trace des reliques de saint Gervin : il fut honoré du culte des Saints peu après sa mort.

M. l'abbé Corblat, *Hagiographie d'Amiens*.

Événements marquants

  • Études à l'école épiscopale de Reims
  • Chanoine de Reims puis religieux à Saint-Vannes de Verdun
  • Pèlerinage en Terre Sainte en 1027
  • Nomination comme abbé de Saint-Riquier en 1045
  • Voyage à Rome avec Léon IX en 1050
  • Atteint de la lèpre durant les quatre dernières années de sa vie
  • Mort devant l'autel de Saint-Jean-Baptiste le 3 mars 1075

Miracles

  • Apaisement d'une tempête de quinze jours empêchant la navigation vers l'Angleterre
  • Guérison d'une malade par l'eau ayant touché sa crosse
  • Disparition des traces de lèpre et suave odeur du corps après sa mort

Citations

Apprenez, mes enfants, que la Sainte Vierge m'a, aujourd'hui, donné congé de la vie

— Paroles rapportées lors de sa dernière messe