Saint Jean de Sordi

Évêque de Vicence

Fête : 16 mars 12ᵉ siècle • saint

Résumé

Jean de Sordi fut un moine et abbé de Crémone devenu évêque de Mantoue puis de Vicence au XIIe siècle. Défenseur de l'Église face au schisme et à l'empereur Barberousse, il fut assassiné en 1181 par un usurpateur de biens ecclésiastiques. Son culte fut officiellement approuvé par Léon XII en 1824.

Biographie

SAINT JEAN DE SORDI, ÉVÊQUE DE VICENCE (1181).

Jean de Sordi naquit en 1125. Son père se nommait Évangéliste et sa mère Berthe de Persici. Ils étaient alliés aux premières familles du pays, possédaient de grandes richesses et se faisaient remarquer par leur piété et leur amour de Dieu. Jean perdit son père de bonne heure et vit sa

SAINT JEAN DE SORDI, ÉVÊQUE DE VICENCE.

mère se remarier avec un homme qui lui donna son nom de Cacciafronte. Entré au monastère de Saint-Laurent de Crémone après avoir été, à l'âge de quinze ans, chanoine de cette ville, il y fut bientôt le modèle de toute la maison. Comme tous les Saints, il recherchait la mortification et passait de longues heures en oraison. Élevé au sacerdoce après avoir prononcé ses vœux en 1139, il devint d'abord prieur du monastère de Saint-Victor de Crémone, puis abbé du monastère de Saint-Laurent. Il se distingua dans la conduite de ses religieux par une douceur toute paternelle, une prudence consommée et une charité sans bornes. L'obéissance sous lui n'était pas difficile, car il accomplissait le premier ce qu'il recommandait à ses religieux. Si les besoins spirituels de ses enfants étaient sa préoccupation continue, il n'oubliait pas pour cela leurs besoins matériels; il veillait à ce que rien ne leur manquât, et quoique le monastère ne fût pas riche, il en administrait les revenus avec tant d'habileté, que chaque jour il faisait distribuer aux pauvres d'abondantes aumônes.

Dieu visite par les tribulations ceux qui lui sont chers. Les épreuves ne manquèrent pas à Jean de Sordi. Il perdit d'abord sa mère, qui, à sa grande consolation, mourut en odeur de sainteté. Il eut peu après à gémir sur les maux de l'Église qui fut, en 1139, déchirée par le schisme d'Octavien, cardinal de Sainte-Cécile. Il prit soin que le peuple de Crémone ne se laissait pas séduire par le novateur, et, pour apaiser la colère de Dieu, il obtint que des processions expiatrices fussent faites par toute la ville. Frédéric Barberousse, protecteur d'Octavien, irrité de la conduite de Jean de Sordi, l'exila de Crémone. Le Saint se soumit : il se retira dans la solitude en attendant que l'orage fût passé, et là, il se livra plus que jamais à la prière et à la mortification.

Les honneurs vinrent le trouver dans sa retraite. Sur la demande du clergé et du peuple, il fut nommé au siège épiscopal de Mantoue. Il résista longtemps, puis enfin fut contraint de s'incliner devant l'ordre formel du Pape. Il s'occupa du gouvernement de son diocèse avec l'activité et le zèle d'un bon Pasteur. Il commença par prêcher d'exemple, puis il pourvut à ce que ses prêtres menassent une vie digne de la sainteté de leur état; il donna de sages règlements afin de réprimer les abus et de faire disparaître les vices publics. Sa vie était celle d'un religieux. Ami de la pauvreté, il en retraçait l'image dans ses vêtements, dans sa nourriture et dans son ameublement. Tout l'argent qui lui venait entre les mains s'en allait en œuvres de miséricorde.

Cependant les revers avaient brisé la fierté de Barberousse et adouci son caractère. En 1177, il se réconciliait avec le pape légitime Alexandre III, à la grande joie de l'Église, à la grande joie surtout de l'évêque de Mantoue. Il écrivit au souverain Pontife pour lui témoigner toute son allégresse et le féliciter de cet heureux événement; il lui demandait en même temps le rétablissement de l'évêque Graziodore qui avait abandonné son siège pour suivre l'Antipape et s'en repentait. Le Pape céda aux prières du Saint et rendit Mantoue à l'évêque pénitent; quant à Jean de Sordi il lui donna l'évêché de Vicence, devenu vacant par la mort du titulaire.

Il fut à Vicence ce qu'il avait été à Mantoue. Les vices l'eurent pour adversaire inflexible, mais plein d'une douce charité; le clergé fut l'objet de son incessante sollicitude; les affligés, les pauvres, les malheureux trouvèrent en lui un père et un consolateur. Son peuple, édifié de sa vie sainte et austère, ne tarissait pas de louanges sur son compte et le vénérait à l'égal d'un ange.

La mort du saint Évêque fut le résultat d'une vengeance. Au XIIIᵉ siècle, les évêques, pour augmenter leurs revenus afin de pouvoir subvenir aux misères du temps ou pour se ménager des protecteurs contre les exactions d'une multitude de petits tyrans, donnaient à ferme une partie des biens de leurs églises. Les terres du château de Malo, appartenant à l'église de Vicence, avaient été affermées à un certain Piétro, qui avait fini avec le temps par ne plus payer de redevance, par se regarder comme un véritable propriétaire et par agir en conséquence. L'Évêque réclama les droits de son église; il y mit de la douceur, de la longanimité, puis, voyant qu'il n'avançait à rien, il excommunia l'usurpateur. Cette punition, loin de faire rentrer le coupable en lui-même, l'exaspéra; il forma le projet d'assassiner l'Évêque, et le réalisa le 16 mars 1181.

À la nouvelle de ce crime, la ville de Vicence tout entière fut dans le deuil et dans les larmes. Les habitants irrités voulurent tirer une prompte vengeance du meurtrier : on courut à sa maison que l'on livra aux flammes. Piétro parvint à s'échapper, et on ne sut jamais ce qu'il était devenu. Le corps de l'Évêque fut enterré dans sa cathédrale et placé ensuite dans un mausolée de marbre. Saint Jean de Sordi était depuis longtemps honoré comme Saint quand, en 1824, Léon XII approuva son culte.

Divons recueil de vies de Saints.

Événements marquants

  • Entrée au monastère de Saint-Laurent de Crémone
  • Élévation au sacerdoce en 1139
  • Exil de Crémone par Frédéric Barberousse
  • Nomination à l'évêché de Mantoue
  • Nomination à l'évêché de Vicence
  • Assassinat par un fermier excommunié nommé Piétro

Miracles

  • Mort en odeur de sainteté de sa mère Berthe

Date de fête

16 mars

Époque

12ᵉ siècle

Décès

16 mars 1181 (martyre)

Catégories

Patron(ne) de

Autres formes du nom

  • Cacciafronte (it)
  • Giovanni de Surdis (it)

Prénoms dérivés

Jean

Famille

  • Évangéliste (père)
  • Berthe de Persici (mère)
  • Cacciafronte (beau-père)