Saint Landry de Meaux
Évêque de Meaux
Résumé
Fils de saint Mauger et sainte Vaudru, Landry renonça à une carrière à la cour pour embrasser l'état ecclésiastique. Devenu évêque de Meaux, il se distingua par sa charité envers les pauvres avant de se retirer au monastère de Soignies après la mort de son père. Il y finit ses jours en dirigeant les communautés de Soignies et d'Hautmont.
Biographie
SAINT LANDRY, ÉVÊQUE DE MEAUX (675).
Rien de plus aimable sur la terre, dit saint Bernard, qu'un jeune homme vertueux: la paix de son âme, l'innocence de son regard, la modestie de sa conduite attirent invinciblement à lui le cœur de tous ceux qui le voient, alors même qu'ils ne se sentent pas le courage de l'imiter. Tel se présenta, dès ses premières années, Landry, le fils de saint Mauger, surnommé Vincent, et de sainte Vaudru. Il était l'aîné de la famille, et son père ne négligea rien pour lui donner une excellente éducation. De bonne heure on le confia à des hommes sages et craignant Dieu, qui lui inspirèrent avec le goût de la science, l'amour et la pratique du bien. Les talents naturels que Dieu avait mis en lui, joints à un heureux caractère, lui firent faire en peu de temps de rapides progrès. Aussi son père fondait sur lui de grandes espérances, et il se flattait que son fils pourrait bientôt acquérir, par ses verbes et ses brillantes qualités, une éclatante réputation à la cour et dans tout le royaume. On comprend quelles devaient être aussi la consolation et la joie de sainte Vaudru, en voyant son fils aîné correspondre si fidèlement aux grâces du ciel et promettre de devenir tout à la fois un grand Saint et un illustre seigneur. Mais Dieu avait sur ce vertueux jeune homme des desseins particuliers, et il semble, d'après l'examen attentif des résolutions que prirent bientôt tous les membres de cette belle famille, que c'était à lui qu'était réservée l'initiative d'un dévouement généreux.
En effet, au moment où il semblait que la carrière du monde allait s'ouvrir pour lui, il sentit naître dans son âme le désir d'embrasser l'état ecclésiastique et de se consacrer au service des autels: quelque temps il en garda le secret, se bornant à prier le Seigneur de lui manifester clairement sa volonté. Dieu répondit aux vœux ardents de cette âme simple et droite, où sa grâce ne trouvait aucun obstacle à ses opérations; il augmenta de plus en plus en elle ce pieux attrait vers le sacerdoce.
Un jour donc Landry communiqua ses sentiments à son père et sollicita la permission de suivre la voix intérieure de la grâce qui l'appelait. Mauger fut étonné et affligé en entendant ces paroles de son fils qu'il aimait tendrement; et avec l'accent de la bonté et de l'autorité paternelle, il lui répondit : « Mon fils, cessez d'entretenir un pareil projet, suivez plutôt mes conseils, je saurai pouvoir à vos intérêts, mieux que vous ne le feriez vous-même. Vous devez, mon fils, me succéder un jour. Songez donc dès à présent à contracter un noble mariage, digne de votre naissance. Je sais bien que l'état des clercs est plus saint, qu'il leur donne une plus grande confiance d'acquérir le royaume du ciel; mais, mon fils, il y a aussi beaucoup de laïques qui pratiquent fidèlement les vertus chrétiennes, et qui parviendront certainement par leur foi au royaume de Dieu, ou qui y sont déjà parvenus. Je me réjouis beaucoup de voir que vous voulez servir Dieu; mais il faut que vous le fassiez en marchant sur les traces de vos ancêtres, et que vous me remplaciez un jour dans la charge qui appartient à notre famille ».
Un tel discours était bien capable d'ébranler une vocation naissante, surtout dans le cœur d'un jeune homme si dévoué aux auteurs de ses jours, et qui trouvait, au sein de sa famille, les jouissances les plus pures et les plus douces. Toutefois la résolution de Landry ne changea point: il accepta ce refus de son père comme une épreuve que Dieu lui envoyait, et remit à un autre temps de faire une nouvelle demande. L'occasion s'en présenta bientôt, et il en profita avec toute la délicatesse et la réserve que demandait un semblable dessein. Mauger était père, mais il était aussi chrétien fervent et fidèle: il craignait par-dessus tout de s'opposer aux volontés de Dieu, et de lui déplaire par un refus obstiné. Il réunit donc quelques hommes vertueux, en qui il avait une entière confiance, leur fit connaître les intentions de son fils, la réponse qu'il lui avait d'abord donnée, et les nouvelles instances qu'il faisait auprès de lui. Le jeune Landry fut en même temps appelé et interrogé par ces conseillers de son père. Après avoir mûrement considéré toutes choses devant Dieu, et sondé ses dispositions les plus secrètes, ils reconnurent, à n'en pouvoir douter, que le ciel l'appelait à l'état sacerdotal, et déclarèrent qu'il fallait donner à Dieu celui que Dieu demandait.
Mauger, faisant taire en ce moment toutes les réclamations de la nature, embrassa Landry avec tendresse et en l'arrosant de ses larmes: puis ayant appelé quelques saints prêtres, il leur confia son fils qui reçut, peu de temps après, la tonsure cléricale. Dès lors le jeune lévite parut avancer plus rapidement encore dans la carrière des vertus; sa plus douce occupation était de lire et de méditer les saintes écritures, d'offrir à Dieu de ferventes prières et d'accomplir avec fidélité toutes les fonctions du sacerdoce. Les auteurs ne disent point dans quel lieu, ni auprès de quel Pontife il vivait; mais on peut croire que ce fut dans le diocèse de Cambrai où résidait sa famille. Ils gardent également le silence sur tout ce qui s'est passé entre ses parents et lui jusqu'au jour où l'histoire nous le montre placé sur l'un des sièges les plus illustres de l'église de France.
Auparavant saint Landry fut témoin des bénédictions abondantes que Dieu répandait sur sa famille, et qui remplissaient son âme des plus ineffables consolations. Son père, le premier, se retirait dans un monastère qu'il faisait bâtir à Hautmont, après avoir reçu la tonsure des mains de saint Aubert; sa mère, sainte Vaudru, suivait peu de temps après son exemple et s'en allait vivre dans une tranquille solitude à Château-Lieu (Hons). Madelberte et Aldétrude, les deux jeunes sœurs de Landry, accompagnaient presque aussitôt leur vénérable tante sainte Aldegonde, qui consacrait à Dieu sa virginité et sa vie, et bâtissait sur les rives de la Sambre le monastère de Maubenge.
Pendant que sa famille se dévouait ainsi au service du Seigneur et donnait au monde étonné ce touchant spectacle, Landry s'avançait de plus en plus dans la perfection du saint état qu'il avait embrassé. Son éclatante vertu et sa sagesse précoce faisaient une grande impression sur tous ceux qui le voyaient ou qui en entendaient parler. On ne fut donc pas étonné lorsque, le siège de Meaux étant devenu vacant par la mort de l'évêque, les suffrages du clergé et du peuple se portèrent sur lui: le fils si vertueux et si sage du seigneur Mauger devait d'ailleurs être parfaitement connu à la cour, où ses parents occupaient un des premiers rangs.
Élevé à cette dignité, le Pontife continua avec une nouvelle ferveur les œuvres de religion qu'il avait pratiquées jusqu'alors. Toutes ses richesses et ses biens devenaient le patrimoine des pauvres, qui bénissaient sans cesse le Seigneur de leur avoir donné un si charitable et si saint pasteur. Malgré ses travaux et les fatigues de l'épiscopat, il affaiblissait encore son corps par les jeûnes, les mortifications et les veilles, et se livrait avec ardeur à la lecture des livres sacrés, pour sa propre édification et pour l'instruction de son troupeau.
Telles étaient les occupations de saint Landry, lorsqu'il reçut du vénérable saint Vincent un message, qui lui apprenait sa maladie et le vif désir qu'il avait de le voir avant de mourir. À cette nouvelle, il se transporta en toute hâte au monastère de Soignies, où il rendit à son père les devoirs les plus touchants de la piété filiale et chrétienne, lui parlant de la bonté de Dieu et des récompenses magnifiques qu'il réserve à ceux qui ont tout sacrifié pour lui plaire. Il l'entraînait ensuite des délices de la patrie céleste dans laquelle il allait bientôt entrer: puis, à sa prière, il promit à son père qu'il prendrait soin des deux communautés d'Hautmont et de Soignies qu'il voyait réunies. Quelques instants après, le vénérable vieillard remettait paisiblement son âme à son créateur. Landry le pleura avec toute la tendresse d'un bon fils et l'aida de ses prières avec toute la ferveur d'un Saint; en même temps il sentit naître dans son cœur le désir d'embrasser la vie silencieuse et cachée du monastère, et de passer le reste de ses jours auprès du tombeau où il venait de déposer son père. Les circonstances lui permirent bientôt de réaliser ce dessein: il se fixa donc à Soignies, et gouverna sagement ce monastère et celui d'Hautmont jusqu'à sa mort, qui arriva le 17 avril vers l'an 675. De nombreux miracles donnèrent aussitôt aux peuples le témoignage de sa sainteté.
Le propre de l'église de Sainte-Vaudru, à Mons, renfermait l'office de saint Landry, sous le titre de confesseur pontife, avec trois leçons particulières, examinées et approuvées par les docteurs de l'Université de Douai, et imprimées en 1625 avec permission de Monseigneur Vander-Burg, archevêque de Cambrai: dans celui des abbayes de Maroilles et du Câteau, il y en avait quatre: partout on le dit évêque de Meaux et non de Metz, comme l'ont avancé certains auteurs.
M. l'abbé Destembes.
Événements marquants
- Éducation chrétienne par des hommes sages
- Vocation ecclésiastique malgré l'opposition initiale de son père
- Réception de la tonsure cléricale
- Élection au siège épiscopal de Meaux
- Visite à son père mourant au monastère de Soignies
- Renoncement à l'épiscopat pour devenir moine à Soignies
- Gouvernance des monastères de Soignies et d'Hautmont
Miracles
- Nombreux miracles après sa mort attestant de sa sainteté
Citations
Rien de plus aimable sur la terre qu'un jeune homme vertueux