Saint Domitien de Maestricht

Évêque de Maestricht

Fête : 7 mai 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Tongres puis de Maestricht au VIe siècle, Domitien s'illustra par sa sainteté au concile d'Orléans et sa charité envers les pauvres lors d'une famine. Il est célèbre pour avoir délivré la ville de Huy d'un monstre (ou dragon) et y avoir converti des idolâtres. Son corps fut retrouvé intact sous le règne de Charlemagne.

Biographie

SAINT DOMITIEN, ÉVÊQUE DE MAESTRICHT (vers 560).

Saint Domitien est né en France sur la fin du Ve siècle. Il fut d'abord élevé sur le siège épiscopal de Tongres ; celui de Maestricht étant devenu vacant, le peuple et le clergé de cette ville, qui connaissaient son mérite et la réputation dont il jouissait, l'élurent pour évêque de leur ville. Domitien accepta malgré lui cette nouvelle dignité, mais il remplit avec un zèle infatigable les devoirs qu'elle lui imposait. Par sa science et sa sainteté il fut, à la lettre, la lumière du monde et le sel de la terre : c'est ce qu'on eut lieu de remarquer au cinquième concile d'Orléans, tenu en 541. Dans une disette extraordinaire qui désola son troupeau, comme les riches cessaient leurs aumônes, dans la crainte de manquer eux-mêmes du nécessaire, Domitien leur reprocha vivement leur dureté et leur peu de foi, les conjurant de ne pas laisser mourir de faim leurs frères ; et pour qu'ils n'eussent rien à appréhender pour eux-mêmes, il les assura que la récolte prochaine, malgré les apparences contraires, suffirait à tous les besoins ; ce qui arriva.

Il délivra par ses prières les habitants de Huy d'un animal extraordinaire qui avait causé de grands ravages, et passa quelque temps dans cette ville, où il convertit plusieurs de ceux qui étaient encore idolâtres. Domitien connut par révélation l'époque de sa mort, et, sur la fin de sa vie, il visita par dévotion les tombeaux de plusieurs saints, entre autres celui de saint Servais, évêque de Tongres. Il mourut le 7 mai 560, et son corps fut enterré à Huy, dont il est patron. Il s'opéra un grand nombre de miracles à son tombeau, et son corps ayant été levé de terre sous Charlemagne, fut trouvé entier et bien conservé.

On fait encore tous les ans une procession à la fontaine près de laquelle saint Domitien est censé avoir tué le monstre, le dragon, comme disaient nos pères. Cette fontaine est probablement celle où le Saint baptisait, et dès lors rien d'étonnant qu'on ait figuré sous les traits d'un dragon le démon dont la fonction est de détourner les hommes du baptême d'abord, et de tout bien ensuite. — On représente donc saint Domitien avec ce dragon allégorique ou réel à ses pieds et on l'invoque contre les fièvres.

## SAINT JEAN DE BEVERLEY (721).

Saint Jean de Beverley, évêque d'York, né au milieu du VIIIe siècle, au village de Harphan, dans le pays des Delrois, alla étudier les sciences humaines et divines dans la célèbre école fondée par saint Théodore de Cantorbéry. Il étudia aussi à Oxford et aurait été le premier qui, en récompense de son savoir, reçut les marques de distinction, appelées dans la suite maîtrise et doctorat, et eut pour maître l'abbé saint Adrien. Ensuite il prit l'habit monastique dans le monastère de Wilhby, alors gouverné par saint Hilde. Il fut tiré de sa solitude vers l'an 685, pour être placé sur le siège épiscopal d'Hexam ; mais il continua la vie qu'il menait dans le cloître, et il consacrait à la contemplation tous les moments qui n'étaient pas absorbés par ses fonctions épiscopales. Pour vaquer plus librement à ce saint exercice, il se retirait souvent dans une cellule, qui était auprès de l'église de Saint-Michel, au-delà de la Tyne, et il y passait ordinairement le Carême. Au commencement d'un Carême, il emmena avec lui dans sa retraite un jeune homme muet de naissance et dont la tête était couverte d'une dartre hideuse. Quelques jours après, il lui rendit l'usage de la parole en formant le signe de la croix sur sa langue, ensuite il lui apprit à lire. Un médecin s'étant chargé de soigner le mal que ce jeune homme avait à la tête, Jean donna sa bénédiction aux remèdes qui opérèrent une entière guérison. Lorsque saint Wilfrid, dont on avait démembré le diocèse pour ériger plusieurs sièges nouveaux, parmi lesquels était celui d'Hexam, fut rétabli, en 705, dans l'intégrité des possessions dont on l'avait dépouillé, Jean quitta son siège, qui fut supprimé ; mais peu de temps après, il fut obligé d'accepter l'évêché d'York, que le même Wilfrid lui céda. Saint Bède, qui reçut de lui le diaconat et la prêtrise, lorsqu'il était encore évêque d'Hexam, rapporte de lui plusieurs miracles, entre autres la guérison de la femme d'un seigneur du voisinage, à laquelle il rendit la santé avec de l'eau qu'il avait bénite. Le saint Évêque fonda à sept milles d'York le monastère de Beverley, où il se rendait souvent pour se renouveler dans l'esprit intérieur ; il s'y fixa définitivement en 712, après avoir gouverné pendant sept ans l'église d'York, qu'il résigna à saint Wilfrid le Jeune, et passa le reste de sa vie dans les exercices de la vie monastique. Il mourut le 7 mai 721. Son monastère ayant été détruit par les Danois, le roi Athelstan, qui avait remporté sur les Écossais une victoire complète, de laquelle il se croyait redevable à l'intercession de saint Jean, bâtit sur l'emplacement de l'ancien monastère une collégiale qui fut dédiée sous son invocation. Quatre siècles plus tard, Henri V ayant gagné sur les Français la fameuse bataille d'Azincourt, après avoir invoqué la protection de saint Jean de Beverley, voulut, par reconnaissance, que sa fête fût chômée dans toute l'Angleterre. En 1037, Alfric, archevêque de Cantorbéry, transféra solennellement dans l'église les reliques de saint Jean, et en 1664, on retrouva, en creusant une fosse dans cette église, une boîte de plomb qui renfermait plusieurs fragments d'où avec un peu de poussière, ainsi que des inscriptions qui indiquaient que c'étaient les précieuses reliques du Saint, qu'on avait cachées au commencement du règne d'Édouard VI.

Les évêques schismatiques s'empressèrent de faire enfouir ces précieux restes. Car au bruit de leur découverte, protestants et catholiques étaient accourus. Mais la reine ayant témoigné le désir d'avoir des reliques d'un Saint qui avait été si souvent le bouclier de la nation anglaise, on les enleva sans bruit pendant la nuit : les Jésuites d'Angleterre en apportèrent une partie à Auvers.

Cf. Acta Sanctorum, tomes II et VII de mai.

Date de fête

7 mai

Époque

6ᵉ siècle

Décès

7 mai 560