Saint Eutyque (Eutique)

Abbé

Fête : 23 mai 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Ermite en Ombrie puis abbé du monastère de la vallée Castoria, Saint Eutyque se consacra à la prédication et à la direction spirituelle. Il mourut en 546 après avoir gouverné son abbaye pendant quatorze ans, laissant une réputation de grande sainteté attestée par Grégoire le Grand.

Biographie

SAINT EUTYQUE, ABBÉ, ET SAINT FLORENT,

## MOINE EN ITALIE (540-548).

A une lieue et demie environ de Norcia, en Ombrie, s'ouvre une vallée appelée autrefois Castoria et connue aujourd'hui sous le nom de Val-Saint-Eutique. Là fut fondé, en 471, c'est-à-dire neuf ans avant la naissance de saint Benoît, un monastère que rendirent illustre un grand nombre de Saints dont le pape Grégoire le Grand a raconté les vertus dans ses Dialogues. Parmi ces Saints dont le culte est devenu populaire, nous distinguerons aujourd'hui saint Eutique et saint Florent.

Saint Eutique vécut d'abord solitaire dans une grotte dont il ne sortait que pour se livrer aux travaux de la prédication et de l'évangélisation des campagnes.

VIES DES SAINTS. — TOME VI.

Saint Spes, fondateur du monastère de la vallée Castoria, étant venu à mourir, ses religieux appelèrent Eutique à se charger de leur conduite.

Le Saint ne quitta qu'à regret sa grotte et le modeste oratoire y attenant. Du moins eut-il la consolation de les remettre à la garde d'un disciple digne de lui, saint Florent. Or, un isolement aussi absolu que celui où le laissait le départ d'Eutique pesait à Florent : aussi, comme font tous les Saints et toutes les douleurs, recourut-il à la prière. Dieu ne tarda pas à exaucer les vœux de son coudant serviteur. Un ours sortit de la forêt voisine et vint se coucher à la porte du saint solitaire. Quand celui-ci parut au dehors, l'animal se traîna à ses pieds et lui marqua par son attitude qu'il venait se mettre à son service et lui tenir compagnie. Quatre brebis composaient tout l'avoir de l'ermite et encore dépérissaient-elles faute d'un berger qui les conduisit régulièrement au pâturage. Le berger était trouvé : Florent les confia à l'ours qui eut ordre de ramener le troupeau au logis soit à midi lorsque le Saint ne jeûnait pas, soit à trois heures lorsqu'il jeûnait : et l'ours, dit-on, ne manqua jamais à sa consigne. Une semblable merveille, on le songeait, fit grand bruit dans le voisinage. Mais quatre moines du monastère de saint Eutique furent mordus par le serpent de la jalousie, tendirent des embûches à ce berger improvisé et le tuèrent. Aussi pourquoi Eutique, leur maître, ne faisait-il pas de miracles, tandis que Florent se mettait d'en faire ? c'était le raisonnement des moines jaloux. En punition du chagrin causé à saint Florent, les quatre méchants furent frappés de la lèpre et en moururent.

Le serviteur de Dieu fit une autre merveille : des serpents en grand nombre infestaient les environs de son ermitage. Il pria encore et les serpents furent écrasés par la foudre. « Les voilà bien morts, Seigneur », s'écria saint Florent ; « mais qui les emportera loin de mes yeux ?... » Et aussitôt une nuée d'oiseaux s'abattit sur eux et les enleva.

Saint Eutique mourut comblé de mérites le 23 mai 546 : il avait gouverné très-saintement pendant quatorze ans son monastère qui devint puissant dans la suite, fonda un grand nombre de prieurés et fournit des prêtres pendant longtemps à une grande partie de l'Ombrie. Il n'est plus parlé de ce monastère depuis qu'il est tombé en commende au XVIe siècle.

On invoquait surtout saint Eutique pour la pluie. Les habitants de Norcia, qui avaient souvent été exaucés de ce chef, chômèrent sa fête par reconnaissance.

Quant à saint Florent, on croit que, après la mort d'Eutique, il se retira auprès de saint Vicence, évêque de Foligno, et passa le reste de ses jours dans une grotte que Vicence avait habitée avant son élévation à l'épiscopat. Après sa mort, qui arriva vers 548, il fut enterré dans la cathédrale et son culte devint non moins populaire que celui de saint Eutique.

Le troupeau des brebis, l'ours qui les garde, les serpents enlevés par les oiseaux figurent dans les représentations qu'on a données de saint Florent.

Les Bellandistes, 23 mai, d'après saint Grégoire le Grand. Dial., Liv. III, ch. 15. Voir aussi Bafflet.

Date de fête

23 mai

Époque

6ᵉ siècle

Décès

23 mai 546