Saint Maxime (Mauxe) et Saint Vénérand

Martyrs à Acquigny

Fête : 25 mai 4ᵉ siècle • saints

Résumé

Frères originaires d'Italie, Maxime (évêque) et Vénérand (diacre) furent envoyés par le pape Damase évangéliser les Barbares. Après avoir traversé la Gaule, ils furent décapités à Acquigny en Normandie avec 38 soldats convertis. Leurs reliques, réputées pour mettre fin aux sécheresses, sont honorées à Acquigny, Saint-Vandrille et Laval.

Biographie

SAINT MAXIME OU MAUXE, SAINT VÉNÉRAND,

ET LEURS 38 COMPAGNONS, MARTYRS À ACQUIGNY EN NORMANDIE (IVe siècle).

Ces deux Saints étaient frères : ils naquirent en Italie, non loin de Formies (aujourd'hui Mola, dans le royaume de Naples). Ils vendirent et distribuèrent aux pauvres tous leurs biens, puis ils

SAINT MAXIME OU MAUXE, SAINT VÉNÉRAND, ETC.

vinrent à Rome, où Maxime fut ordonné évêque, et Vénérand, élevé au diaconat par le pape Damase, qui les envoya l'un et l'autre prêcher la foi aux infidèles; ils s'acquittèrent d'abord de cette mission parmi les Barbares qui, ayant passé les Alpes, avaient fait une irruption en Lombardie; mais ils ne retirèrent d'autre fruit que l'honneur de souffrir diverses tortures pour le nom de Jésus-Christ.

Ayant échappé à la rage des persécuteurs, ils abandonnèrent l'Italie et vinrent dans les Gaules, accompagnés de deux saints prêtres nommés Marc et Éthérius. Ils passèrent par les villes d'Auxerre, de Sens et de Paris. Après avoir fait quelque séjour au confluent de l'Oise et de la Seine, ils continuèrent leur marche du côté d'Évreux. Étant arrivés au village d'Acquigny, à une lieue de Louviers, et à trois et demie d'Évreux, ils furent arrêtés par une troupe de barbares, qui leur firent couper la tête dans une île voisine, formée par les rivières d'Eure et d'Iton. Plusieurs chrétiens, nouvellement convertis, remportèrent avec eux la palme du martyre. Ces chrétiens, au nombre de trente-huit, étaient des soldats que la patience et le courage de Maxime et de Vénérand avaient gagnés à Jésus-Christ. Le chef de la troupe, furieux de ce qu'ils avaient changé de religion, les traita avec la même cruauté que les deux saints Martyrs. Marc et Éthérius, qui n'avaient point été enveloppés dans le massacre, s'échappèrent pendant qu'on les conduisait à Évreux. Ils revinrent sur leurs pas, et enterrèrent les corps de saint Maxime et de saint Vénérand, non au lieu même où ils avaient souffert, mais dans l'intérieur des murs à demi ruinés d'une ancienne église, sur l'emplacement du cimetière actuel d'Acquigny, là même où se trouve la chapelle Saint-Mauze.

Vers l'an 960, Richard Ier, surnommé le Vieux, étant duc de Normandie, et Guiscard, évêque d'Évreux, un certain Amalbert découvrit à Acquigny les reliques de saint Maxime et de saint Vénérand : il les enleva, à l'exception des chefs des deux Martyrs et de quelques ossements. On rapporte qu'une maladie miraculeuse dont il fut attaqué en passant la Seine, au pays de Caux, près de Fontenelle ou de Saint-Vandrille, l'obligea de les déposer dans ce célèbre monastère, et que le duc Richard bâtit une chapelle pour les recevoir. Ces reliques furent brûlées dans la suite par les Huguenots. En 1753, les religieux de Saint-Vandrille obtinrent de l'église paroissiale d'Acquigny une portion des ossements des saints Martyrs, qu'ils honorent avec le titre de seconds patrons.

Les reliques qui étaient restées à Acquigny s'y sont toujours gardées dans une église bâtie sur le tombeau des saints Martyrs, laquelle devint un prieuré dépendant de l'abbaye des Bénédictins de Conches. L'église tombant en ruines, M. de Rochechouart, évêque d'Évreux, ordonna, en

1750, qu'elles fussent transférées dans l'église paroissiale. Elles y furent déposées sous le grand autel et enfermées dans de belles châsses. L'église fut démolie en 1752; mais on a laissé subsister une chapelle dont l'autel, rempli de reliques, est sur le tombeau des saints martyrs. Le 25 mai, on les porte en procession au lieu où les Saints reçurent la couronne du Martyr; et il se trouve à cette cérémonie un très-grand nombre de fidèles qui viennent de toutes les paroisses voisines.

Saint Maxime et saint Vénérand sont honorés avec beaucoup de dévotion dans le diocèse d'Évreux et à Saint-Vandrille. On les invoque surtout dans les temps de sécheresse. On porte alors leurs reliques en procession; et l'on ne réclame point en vain leurs mérites. Ce fut ainsi que l'on obtint de la pluie dans les années 1559, 1615 et 1726.

Le nouveau diocèse de Laval fait aussi la fête des saints martyrs d'Acquigny; il existe dans la ville épiscopale de la Mayenne, une église du nom de Saint-Vénérand qui occupe le premier rang après la cathédrale: cette église fut fondée à l'occasion d'une parcelle du crâne de saint Vénérand, que les religieux du prieuré d'Acquigny avaient donnée à Laval; il en reste un fragment que l'on a pu sauver à l'époque de la Révolution.

Godescard; Propres d'Évreux et de Laval; Notice sur la commune d'Acquigny, par M. l'abbé Le Courier.

Événements marquants

  • Vente des biens en Italie et distribution aux pauvres
  • Ordination de Maxime comme évêque et de Vénérand comme diacre par le pape Damase
  • Mission d'évangélisation en Lombardie auprès des Barbares
  • Voyage dans les Gaules via Auxerre, Sens et Paris
  • Arrestation et décapitation à Acquigny par une troupe de barbares
  • Invention des reliques par Amalbert vers 960

Miracles

  • Maladie miraculeuse d'Amalbert l'obligeant à déposer les reliques à Saint-Vandrille
  • Obtention de la pluie lors des sécheresses de 1559, 1615 et 1726