Saint Hildevert de Meaux

Évêque de Meaux, Patron de Gournay

Fête : 27 mai 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Éduqué par saint Faron, Hildevert devint un évêque de Meaux exemplaire, alliant discipline monastique et charité pastorale. Mort en 680, son culte se développa particulièrement à Gournay-en-Bray où une collégiale insigne fut érigée en son honneur. Ses reliques, célèbres pour de nombreux miracles, furent visitées par le roi saint Louis.

Biographie

S. HILDEVERT, ÉVÊQUE DE MEAUX, PATRON DE GOURNAY (680).

Hildevert acquit dans les environs d'Hébécourt, au diocèse d'Amiens. Son père, Adalbert, le confia à saint Faron, pour l'élever. Son éducation se fit suivant la discipline monastique. Il monta sur le siège de Meaux, vacant par la mort du même saint Faron. Comme il avait été un religieux exemplaire, ainsi il fut un évêque accompli. Lire les saintes Écritures, macérer sa chair par le cilice et l'abstinence, paître ses brebis par la parole, par la prière, par les aumônes, telles étaient les occupations auxquelles il se livrait avec une admirable assiduité. Une grande douceur, une égalité d'âme inaltérable était le trait saillant de sa sainteté.

Il mourut le 27 mai de l'an 680, jour auquel l'église de Meaux honore sa mémoire.

Saint Hildevert fut enseveli dans l'église qu'il avait lui-même fait construire environ à six milles

de Meaux, au village de Vignely. Son culte est célèbre à Gournay, ville de Normandie, qui possède une belle église de son nom, autrefois collégiale, maintenant paroissiale.

La collégiale de Saint-Hildevert de Gournay, située sur les bords de l'Epte, au milieu de la riche vallée de Bray, fut longtemps la plus grande puissance ecclésiastique de ces contrées. Comme ses sœurs, les abbayes de Bellosane et de Saint-Germer, elle fut assise parmi les étangs, les marais, les lacs et les viviers dont le souvenir et les noms vivent encore, dans de verdoyantes prairies. À leur exemple, elle dut contribuer à assainir le pays et à faire sortir du désert les nombreux villages appelés depuis les Conquêts de Rue de Gournay et spécialités de Beauvoisis.

Les Airs de Gournay, seigneurs, patrons et fondateurs de cette église, se plurent à la couvrir de leurs pieuses libéralités ; ils soumirent à ses tours suzeraines bon nombre de clochers du pays de Bray et de l'Angleterre, double fruit de leur vaillance guerrière.

Les reliques de saint Hildevert ajoutaient un nouveau lustre à l'indépendance de la collégiale, et l'on eût dit qu'une partie de la crosse pontificale du saint patron était passée entre les mains du Chapitre, gardien de son sépulcre. Aussi, dès la plus haute antiquité, les Papes lui avaient-ils accordé l'exemption de l'autorité épiscopale. Les archevêques de Rouen avaient le droit de visiter la collégiale une fois dans leur vie, et encore, le pontife visiteur n'entrait point par le grand portail, mais par une porte latérale. Choqué de cet usage, un archevêque voulut un soir entrer par la porte principale, mais il la trouva fermée ; il se mit en devoir de la faire ouvrir, de la briser même ; mais au même instant, arriva, de la part du Chapitre, un huissier chargé de mettre fin à cet acte d'usurpation, et de faire respecter les droits méconnus. Le prélat, étonné de cet excès d'audace, dit au malheureux huissier : « Comme archevêque, je t'excommunie ; comme membre du parlement, je t'interdis » — « Ah ! Monseigneur ! » s'écria l'huissier, tombant à ses genoux, « j'ai huit enfants à nourrir ! » et l'affaire fut arrangée. Le métropolitain de la Normandie, cédant de bonne grâce, entra, comme ses prédécesseurs, par la porte latérale.

Fière des bulles des Papes et des édits de nos rois, l'église de Saint-Hildevert prenait le titre d'insigne.

Le personnel du Chapitre se composait, dès le XIIe siècle, d'un doyen, de huit chanoines, de six chapelains et deux vicaires perpétuels, dont l'un était curé de Saint-Hildevert et l'autre de la paroisse de Notre-Dame, charmante église, construite en 1230, et démolie à la Révolution. Parmi les huit chanoines, on choisissait le trésorier et le sainturier. Le trésorier veillait sur la sacristie, les cloches et le luminaire. Le sainturier prenait soin des choses saintes, des reliques et des offrandes des fidèles.

Ce Chapitre, avec ses titres, ses honneurs et ses prérogatives, fut détruit à la révolution de 89, et il ne reste plus de tant de puissance que le souvenir, quelques places et quelques débris de maisons auxquelles de beaux noms se rattachent encore. C'est, devant l'église, la place du parvis ou du cloître, qui rappelle la vie commune des anciens chanoines réguliers ; le doyenné, ou maison du doyen, ce prince de la Collégiale, si jaloux de son autorité presque épiscopale ; enfin l'écolâtre, ou maison du chanoine préceptoral ; c'était là, dit un ancien manuscrit, que le chanoine recteur des écoles tenait ses classes et donnait ses leçons.

Voici en deux mots l'histoire du culte et des reliques de saint Hildevert : Après être restée deux siècles dans l'obscurité, la sainteté d'Hildevert fut enfin manifestée aux yeux des hommes par de grands miracles qu'il plut à Dieu de faire éclater à son tombeau. Ces miracles furent suivis de la translation de son corps de Vignely à Meaux, translation à laquelle présida saint Mayent, abbé de Cluny, et qui eut lieu au Xe siècle.

Il était encore en grande vénération à la cathédrale de Meaux, sur la fin du Xe siècle, lorsque trois clercs de cette église conçurent le projet de l'enlever et de le conduire de ville en ville, par tout le royaume de France. Une de leurs premières stations eut lieu dans l'église de Saint-Laurent, à Paris, et depuis ce moment, une confrérie resta établie dans cette paroisse sous le nom de Saint-Hildevert ; un hôpital même s'éleva dans le voisinage, pour conserver à la postérité le souvenir de ce bienfaisant passage.

Le roi saint Louis et le grand archevêque de Rouen, Eudes Rigaud, voulant profiter des indulgences accordées par le métropolitain d'Angleterre, vinrent en simples pèlerins visiter la châsse de saint Hildevert, et baiser ses reliques, fécondes en miracles. Le prince s'y présenta le 17 avril 1257, et le prélat le 22 août 1263.

Le 5 mars 1375, un effroyable incendie fut sur le point de réduire Gournay en cendres. Le clergé de Saint-Hildevert vint en procession opposer la châsse du Saint au fléau. L'incendie cesse, et le peuple reconnaissant voit avec joie les reliques du Saint, par l'intercession duquel il voit cesser le fléau. La reine Blanche, veuve de Philippe de Valois, qui affectionnait le séjour de

SAINT GAUSBERT, FONDATEUR DE MONTSALVY, EN AUVERGNE (1081).

Gausbert, qu'une tradition fait naître dans la Basse-Auvergne, fut élevé au sacerdoce à cause de la singulière pureté de ses mœurs et l'ardeur de son zèle pour la religion. Il exerça d'abord les fonctions du saint ministère, dans le village de Bezbédenne ou Bez. Exporté par le désir d'une vie plus parfaite, il s'attacha ensuite à l'église de Saint-Sulpice, sur la rive gauche du Lot et plus tard à celle de Saint-Projet, sur la rive droite de cette rivière : l'oraison, la prédication, les œuvres de miséricorde remplissaient toutes les heures de ce prêtre altéré du salut des âmes.

Ayant entendu dire qu'il y avait à quatre lieues de là, dans les montagnes de l'Auvergne, un passage couvert de neiges la plus grande partie de l'année et redouté des voyageurs à cause des voleurs et des bêtes sauvages, il s'y rendit tant pour augmenter ses pénitences que par le désir de se rendre utile au prochain.

Ayant obtenu la donation de ce lieu de Bérenger, comte de Rodez et vicomte du Carladès, il y éleva, dans l'espace de douze ans, un monastère, un hospice pour recevoir et soigner les voyageurs et une église qu'il dédia à l'Assomption de la sainte Vierge. Puis, deux prêtres, Pierre d'Alby et Bertrand de Rodez, auxquels vinrent se joindre quelques autres disciples qu'avait attirés la renommée du fondateur, vinrent peupler cette solitude : Gausbert leur donna la Règle des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Désormais, le lieu qu'infectaient les brigands, que d'autres dangers encore rendaient redoutable, ne fut plus habité que par la charité et reçut, conformément au désir du comte Bérenger, le nom de Montsalvy ou de Mont de Sécurité, sous lequel il est encore désigné aujourd'hui. Gérault, évêque de Sisteron, consacra l'église.

Gausbert bâtit une autre collégiale : celle de Saint-Michel de Laussac. Pontius, évêque de Rodez, et dans la suite, trois autres évêques, ceux de Clermont, de Saint-Flour et de Cahors placèrent jusqu'à cinquante-cinq paroisses sous la dépendance de Saint-Michel et de Montsalvy.

Malgré le poids des ans, Gausbert, toujours enflammé de zèle, entreprit la réformation de l'abbaye de Saint-Amand de Rodez et partit pour cette ville. Il s'efforça de ramener à une observance plus sévère les religieux qui, après avoir abandonné la Règle monastique, avaient embrassé celle des chanoines et s'étaient peu à peu écartés de toutes deux. Malgré l'appui de l'évêque Pontius et du comte Raymond IV, qui avait succédé à Bérenger, ses avis, ses prières, ses exemples, n'ob-

tinrent presque aucun résultat. Alors, emmenant avec lui Bernard de Rhodes, qu'il avait gagné à la sainteté de la Règle, il reprit, l'âme remplie de douleur, le chemin de Montsalvy.

Gausbert bâtit une dernière église dans la partie est du comté de Rodez, près du village de Cantoin, puis il termina par une sainte mort sa laborieuse vie, le 27 mai de l'année 1081, sous le pontificat de Grégoire VII.

Sa dépouille mortelle, conformément au vœu que lui avait dicté l'humilité, fut déposée en dehors de l'église du monastère de Laussac, fondée par lui. Quelque temps après, elle fut néanmoins transférée dans l'intérieur, où se trouve encore ce qui en reste : Deux os ont été distraits vers 1850, l'un pour la cathédrale de Saint-Flour, l'autre pour l'église de Montsalvy.

Propre de Saint-Flour.

Événements marquants

  • Éducation par saint Faron suivant la discipline monastique
  • Accession au siège épiscopal de Meaux
  • Construction de l'église de Vignely
  • Translation du corps de Vignely à Meaux au Xe siècle
  • Translation des reliques par trois clercs à travers le royaume de France
  • Visite de ses reliques par Saint Louis en 1257

Miracles

  • Grands miracles éclatant à son tombeau deux siècles après sa mort
  • Cessation d'un effroyable incendie à Gournay en 1375 lors d'une procession de sa châsse