Sainte Ozanne

Vierge du Tiers Ordre de Saint-Dominique

Fête : 18 juin 16ᵉ siècle • sainte

Résumé

Membre du Tiers Ordre de Saint-Dominique à Mantoue, Ozanne consacra sa vie à Dieu dès son enfance malgré l'opposition de ses parents. Favorisée de visions mystiques et marquée des stigmates de la Passion, elle endura calomnies et tentations avant de mourir en 1505. Son culte fut autorisé par le pape Léon X.

Biographie

SAINTE OZANNE, VIERGE,

## DU TIERS ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE

SAINTE OZANNE, VIERGE.

au Saint-Esprit la lumière pour bien connaître ses devoirs et la force pour les bien accomplir, elle entendit, au dedans d'elle-même, une voix qui lui dit intelligiblement : « Ma fille, la bonne vie consiste à aimer Dieu de tout son cœur ».

Le bon ange conduisit un jour la petite Ozanne, en esprit, au séjour du ciel, où il lui montra la gloire des Saints ; quand elle fut revenue à ses sens, elle s'offrit à Dieu, sans nulle réserve, lui demandant pour unique faveur de lui être agréable pendant tout le cours de sa vie. Aussitôt Notre-Seigneur lui apparut, sous la forme d'un petit enfant ravissant de beauté, le front couvert de belles boucles de cheveux blonds, mais ceint d'une couronne d'épines, et une lourde croix sur les épaules ; il tendit, en souriant, ses petits bras vers la jeune vierge, et ouvrant sa bouche divine, il lui dit : « Chère Ozanne, je suis le Fils de Marie : à mon exemple, il faut te disposer à beaucoup souffrir ; cependant, ne crains point, jamais je ne l'abandonnerai ». Il disparut ensuite, et la jeune enfant demeura toute pleine d'un amour brûlant pour son Dieu, et du désir de beaucoup endurer pour lui plaire.

À dater de ce moment, la jeune fille se livra plus entièrement et plus avidement encore aux exercices de la plus tendre piété, à la prière, à l'austérité de vie, à la méditation de la passion du Sauveur et à la fréquentation des Sacrements. Le divin Sauveur s'éprit pour cette vierge, si humble et si pure, d'une admirable affection : il descendit souvent vers elle d'une façon toute familière, lui enseignant à comprendre les choses de Dieu. Un jour de la Purification, comme elle voyait en esprit l'offrande que faisait Marie de son enfant céleste, au temple de Jérusalem, et l'enfant Jésus au bras du vieillard Siméon, la Vierge-Mère le prit, se tourna vers elle, le lui donna pour le baiser, et le reposa sur son cœur : Ozanne en reçut une joie et une consolation inexprimables.

Ces faveurs insignes de Jésus et de Marie ne cessèrent point à son égard, pendant toute l'étendue de sa vie : elle eut le douloureux bonheur de se voir marquée des stigmates de la croix, de la couronne d'épines et de la lance délicide ; elle reçut, plus d'une fois, dans ses extases, lorsqu'elle était intimement unie à son Bien-Aimé, la communion de la main des anges ; Dieu lui communiqua souvent les secrets de l'avenir et lui remit en main le pouvoir d'opérer des miracles.

Si la pieuse vierge s'était donnée tout entière à Dieu, ce n'est point qu'elle n'eût été détournée de sa voie et poussée à se donner au monde. Ses parents eux-mêmes, comme il arrive, hélas ! trop souvent, avaient été les premiers à la solliciter à une conduite moins parfaite. À l'âge de quinze ans, ils lui avaient proposé l'état du mariage ; mais elle leur avait franchement répondu qu'elle s'était irrévocablement donnée, et qu'elle espérait ne se reprendre jamais : Jésus lui seul devait posséder tout son cœur. Néanmoins, se voyant, malgré sa résolution bien exprimée, en butte à des sollicitations nouvelles, dans l'espoir d'y couper court, elle prit l'habit du Tiers Ordre de Saint-Dominique, et le porta publiquement. Ses parents lui demandèrent pour combien de temps elle s'était choisi cet habit : « Pour toute ma vie », répondit-elle, « et je l'emporterai avec moi en terre quand je mourrai ». Ils eurent assez de religion pour la laisser en paix.

L'ardeur de l'amour divin s'agrandit tellement dans cette âme sainte, qu'elle ne vivait plus et n'agissait plus que par lui ; cet amour sacré éclatait dans toutes ses paroles et dans toute sa conduite. Elle avait coutume de dire : « Oui, j'aimerais mieux, aimant mon Dieu, me trouver avec Judas en enfer, que d'être, sans amour, la première sainte du paradis ».

On peut juger par là de l'amour qu'elle avait pour son prochain; car l'amour du prochain est dans une âme en raison de son amour pour Dieu. Elle assistait les pauvres au-delà de ses moyens; elle visitait les malades, leur procurant tous les secours qui étaient en son pouvoir; elle aimait à consoler ceux qui gémissaient dans les angoisses de l'affliction; elle se privait pour soulager les malheureux, se tirant, comme on dit, le morceau de la bouche pour leur donner à manger.

Sa charité reposait sur la base d'une humilité profonde; elle s'estimait la dernière des créatures, la plus ingrate et la plus indigne, ne sachant pas remercier Dieu pour toutes les grâces qu'il lui avait faites et que lui versait journellement sa main libérale, et sans cesse multipliant le nombre de ses offenses. Elle sentait une répugnance extrême pour toute espèce de louanges, et fuyait tout ce qui pouvait tourner à sa propre gloire, notamment pour les sacrés stigmates dont l'avait empreinte le Sauveur, et qu'elle cachait de tout son possible, de peur d'en être estimée et honorée.

Elle eut, cette humble fille, ce qu'elle souhaitait, le mépris des hommes, la haine des démons, les persécutions et les railleries. On la calomnia facilement; on la traita d'hypocrite et de sorcière; on la voulut faire passer pour folle, et on alla jusqu'à la confier aux médecins pour guérir sa tête dérangée. Ces tracasseries lui remplirent l'âme de perplexités et d'inquiétudes; elle tomba en proie aux scrupules, et fut tentée un moment de se livrer à un fatal désespoir. Les démons, animés contre elle d'une étrange furie, la maltraitèrent plus d'une fois, l'accablant de coups pendant la nuit, et la laissant presque sans vie. Ils essayèrent d'enflammer son âme des feux impurs de la concupiscence charnelle, lui disant, par moquerie, qu'elle pouvait bien tant se gêner et se vaincre, puisqu'elle était destinée aux flammes de l'enfer. « Allez, maudits », leur dit-elle; « oui, mes péchés méritent l'enfer, mais je me confie aux mérites de mon Sauveur; il aura pitié de mon âme ».

Enfin la paix lui revint : la prière, la confession, la confiance en Dieu, avaient triomphé de tout; rien ne put ébranler cette âme uniquement appuyée sur son amour pour le Seigneur. Après avoir ainsi triomphé du monde, des démons et d'elle-même; après avoir soutenu tant de combats d'où elle sortit toujours victorieuse; arrivée à la cinquante-sixième année de sa vie, Ozanne sentit qu'elle allait mourir. Elle se recueillit en son Dieu, recommanda son âme à l'Époux sacré qu'elle avait aimé de toutes les affections de son cœur, puis elle s'endormit du sommeil paisible de la mort des justes, le 18 juin 1505. Son corps fut inhumé en grande pompe dans l'église des Dominicains, où Dieu l'honora de nombreux miracles. Léon X a permis son office pour le diocèse de Mantoue.

La vie d'une Sainte pour chaque jour de l'année, par l'abbé Chapin.

Événements marquants

  • Vision du Christ enfant portant sa croix
  • Refus du mariage à l'âge de quinze ans
  • Prise d'habit du Tiers Ordre de Saint-Dominique
  • Réception des stigmates (croix, couronne d'épines, lance)
  • Persécutions, calomnies et accusations de sorcellerie
  • Décès à l'âge de cinquante-six ans

Miracles

  • Visions célestes et extases
  • Stigmatisation invisible puis cachée
  • Communion reçue de la main des anges
  • Don de prophétie (secrets de l'avenir)
  • Pouvoir d'opérer des miracles après sa mort

Citations

Ma fille, la bonne vie consiste à aimer Dieu de tout son cœur

— Voix intérieure

J'aimerais mieux, aimant mon Dieu, me trouver avec Judas en enfer, que d'être, sans amour, la première sainte du paradis

— Sainte Ozanne

Date de fête

18 juin

Époque

16ᵉ siècle

Décès

18 juin 1505 (naturelle)

Patron(ne) de

Invoqué(e) pour

malades, affligés, pauvres

Prénoms dérivés

Ozanne

Famille

  • Inconnu (parents)