Bienheureux Lambert de Saint-Bertin

Quarantième abbé de Saint-Bertin

12ᵉ siècle • bienheureux

Résumé

Élevé à Saint-Bertin, Lambert devint abbé en 1095 et entreprit une réforme profonde de son monastère après un passage à Cluny. Sous sa direction, la communauté passa de douze à plus de cent vingt moines, rétablissant la ferveur et la règle de Saint-Benoît. Il mourut en 1125 après avoir restauré matériellement et spirituellement l'abbaye.

Biographie

LE BIENHEUREUX LAMBERT,

### QUARANTIÈME ABBÉ DE SAINT-BERTIN, AU DIOCÈSE D'ARRAS (1125).

Lambert fut élevé dès son enfance dans l'abbaye de Saint-Bertin. Comme il montrait de grandes dispositions pour l'étude, on l'envoya assister aux divers cours que professaient alors en France les maîtres les plus célèbres ; et, de retour au monastère, il fut chargé d'enseigner à ses frères ce qu'il avait appris, et il le fit avec un grand succès. Il fut bientôt élevé à la dignité de prieur, mais il se démit de cette charge pour se livrer de plus en plus à la prière et à l'étude. Cependant, à la mort de Jean, premier du nom, il fut obligé d'accepter la dignité d'abbé et fut béni solennellement, l'an 1095, par Gérard, évêque de Thérouanne. Il assista cette même année au Concile de Clermont.

Il se mit dès lors avec activité à continuer les constructions commencées par ses prédécesseurs et il eut la consolation de les terminer, en sorte que la dédicace de l'Église fut faite le 1er juin 1106 par saint Jean, évêque de Thérouanne, et cette église était magnifique comme construction et comme ornementation. Le monastère n'était pas moins remarquable d'ailleurs, et toutes les affaires temporelles furent mises dans un ordre parfait.

Mais ce n'était là que le commencement et la moindre partie de la Réforme que méditait le digne abbé. L'esprit de pauvreté avait disparu du monastère, la vanité s'y était glissée, l'obéissance n'était plus connue ; il fallait un remède héroïque. Voyant que ses exhortations les plus pressantes étaient sans effet, Lambert quitte l'abbaye, d'accord avec saint Jean de Thérouanne, et il va s'enfermer à Cluny, où il fait profession comme simple moine. Bientôt les religieux de Saint-Bertin reviennent à de meilleurs sentiments : ils redemandent avec instance leur digne abbé, qui consent à rentrer dans le monastère et amène avec lui des religieux pleins de ferveur. Cependant, les bonnes résolutions ne persévèrent pas : il y a des tiraillements et des luttes, il faut même avoir recours au bras séculier et expulser les plus opiniâtres ; enfin la Réforme s'établit d'une manière sérieuse et durable, et bientôt tous accourent pour vivre de cette vie de sainteté. Là où l'on aurait naguère à peine trouvé douze moines, dit à ce sujet un ancien auteur, on en compta bientôt plus de cent vingt.

Lambert jouit de son œuvre pendant un assez grand nombre d'années, et il eut la consolation d'établir la Réforme dans d'autres maisons religieuses du voisinage. Il mourut, en 1125, après avoir restauré et, pour ainsi dire, fondé de nouveau ce puissant monastère, qui désormais, sous la Règle de Saint-Benoît, continuera de mener une vie pleine de vigueur et d'énergie, jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, comme antérieurement et avec diverses périodes de relâchement et de ferveur, il avait produit d'abondants résultats pour le bien de la religion pendant cinq siècles sous la Règle de Saint-Colomban.

L'abbé Van Drival, chanoine d'Arras, *Hagiologie diocésaine*.

MARTYROLOGES. 235

Événements marquants

  • Éducation à l'abbaye de Saint-Bertin
  • Élévation à la dignité de prieur
  • Élection comme abbé en 1095
  • Participation au Concile de Clermont en 1095
  • Dédicace de l'église magnifique le 1er juin 1106
  • Retrait temporaire à Cluny pour initier une réforme
  • Restauration de la discipline et passage à plus de cent vingt moines
  • Mort en 1125