Saint Eunuce

Confesseur, Évêque de Noyon et Tournai

Fête : 11 septembre 8ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Noyon et Tournai au milieu du VIIIe siècle, Eunuce gouverna son diocèse avec zèle durant une période de troubles marqués par les incursions sarrasines et les spoliations de Charles-Martel. Modèle de piété et de chasteté, il restaura la discipline ecclésiastique et l'indissolubilité du mariage. Ses reliques, célèbres pour leurs miracles, furent transférées à la cathédrale de Noyon au XIe siècle.

Biographie

SAINT EUNUCE, CONFESSEUR,

### ÉVÊQUE DE NOYON ET TOURNAI (vers le milieu du VIIIe siècle).

Bien suscita le bienheureux Eunuce à une époque de calamités et de ruines. Ennemis du Christianisme, les Sarrasins ravageaient diverses contrées des Gaules, détruisant les autels, immolant les prêtres et les fidèles, tandis que Charles-Martel dépouillait les églises de leurs biens.

Eunuce fut élu évêque de Noyon du vivant de Guy, successeur du pontife Hanusu. La raison

pour laquelle l'Église de Noyon eut deux pasteurs à la fois n'est pas bien connue. Un savant auteur (Charles Lecointe) tient, à cet égard, le langage suivant : « Ce qui a eu lieu, en 745, au Concile de Soissons, à l'égard de l'Église de Sens, a bien pu aussi se passer pour celle de Noyon et Tournai. L'Église de Sens n'était pas privée de pasteur : elle avait un archevêque d'une grande sainteté, nommé Ebbon. Mais, comme il était fort âgé, et préférait la vie solitaire à l'exercice des fonctions épiscopales, le Concile décida qu'Ardobert gouvernerait l'Église de Sens. Nous pensons que, dans le même Concile, Eunuce, pour une cause semblable, ou pour une autre également grave, fut ordonné évêque de Noyon et Tournai, quoique Guy fût encore vivant. Et, de même qu'après le Concile de Soissons, Ebbon et Ardobert furent appelés archevêques de Sens ; ainsi, nous devons croire que, dans la suite, Guy et Eunuce furent appelés évêques de Noyon et Tournai ».

Eunuce remplit avec zèle les fonctions de l'épiscopat. Il parcourut en apôtre toutes les conciles du vaste diocèse confié à ses soins. Modèle de son troupeau, par sa piété, sa prudence et sa chasteté, il ramena au bercail un grand nombre de brebis égarées. Grâce à sa sollicitude, les églises recouvrirent les biens qui leur avaient été enlevés ; des assemblées synodales, régulièrement tenues tous les ans, maintiennent la discipline et les bonnes mœurs parmi le clergé ; les sages règlements du Concile de Soissons furent mis à exécution. Ainsi que le fait connaître le neuvième décret de cette assemblée, plusieurs, au mépris de l'indissolubilité des liens du mariage, épousaient les femmes dont les maris étaient encore vivants : Eunuce travailla activement à détruire cette criminelle coutume.

Notre Saint eut un dévouement sans bornes pour le Pontife dont il était l'auxiliaire. Il le consola dans ses souffrances et lui prodigua, jusqu'à ses derniers moments, la tendresse et le respect d'un fils. Il termina lui-même son édifiante et laborieuse carrière vers le milieu du VIIIe siècle, après un épiscopat qui avait à peine duré trois ans.

Le clergé et les fidèles de Noyon rendirent de grands honneurs aux dépouilles d'Eunuce, auxquelles on donna, pour lieu de sépulture, l'oratoire de Saint-Georges. Au temps de Radbod qui fut élu évêque de Noyon en 1066, cet oratoire s'appelait l'église des Saints-Apôtres. On l'appela ensuite l'église Sainte-Godeberthe. Dix années après, le corps du Pontife fut levé de terre, à cause des miracles opérés à son tombeau, et transporté dans la cathédrale. Cette translation eut lieu le 17 avril avec celle des corps de saint Kommolin et de sainte Godeberthe. Par une disposition bienveillante de la Providence, il échappa aux sacrilèges appétitions des Normands qui, vers l'an 860, incendièrent la ville de Noyon. Reposé ensuite dans le monastère de Saint-Éloi, ses miracles et son culte l'y rendirent si célèbre, que ce monastère porta dans la suite le nom de Saint-Eunuce.

Vie des Saints du diocèse de Beauvais, par M. Fablet Sabatier.

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XI JOUR DE SEPTEMBRE

MARTYROLOGE ROMAIN.

A Rome, sur l'ancienne voie Salaria, au cimetière de Basile, la naissance au ciel des saints martyrs Protus et Hyacinthe, frères, eunuques de sainte Eugénie ; ayant été arrêtés en qualité de chrétiens sous l'empereur Gallien, et refusant de sacrifier aux idoles, ils furent rudement flagellés, puis décapités. — A Landozée, en Syrie, les saints martyrs Diodore, Diomède et Dolyme. — A Léon, en Espagne, saint Vincent, abbé et martyr. Vers 555. — En Égypte, saint Papinucce, évêque, un de ces illustres confesseurs qui, sous l'empereur Galère-Maximien, ayant eu l'œil droit

arraché et le jarret gauche coupé, furent condamnés aux mines ; plus tard, sous Constantin le Grand, il défendit généreusement la foi catholique contre les Ariens ; et, après avoir remporté sur eux plusieurs victoires, il mourut en paix. IVe s. — A Lyon, saint PATIENT, évêque. Vers 491. — A Verceil, saint Émilien, évêque. Vers 520. — A Alexandrie, sainte THÉODORE, qui, ayant péché par surprise, se repentit aussitôt de sa faute et l'expié sous l'habit religieux, par l'abstinence et la patience, dans lesquelles elle persévéra jusqu'à sa mort, sans être connue de personne. Vers 480.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

Au diocèse d'Alby, saint Nicolas de Tolentino, confesseur, de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin, et dont nous avons donné la vie au jour précédent. Vers 1310. — Au diocèse de Carcassonne, sainte Eugénie de Rome, dont nous donnerons la vie au 25 décembre, jour où elle est citée au martyrologe romain. 258. — Au diocèse de Cabars, sainte Pulchérie, vierge, impératrice d'Orient, et dont nous avons donné la vie au jour précédent. 453. — Au diocèse de Versailles, saint Corbinien, premier évêque de Freisingen (Bavière) et confesseur, cité au martyrologe romain du 8 septembre, où nous avons donné quelques détails sur sa vie. 730. — Au Puy, en Velay, saint Marcel, évêque (on ne sait de quel siège) et martyr, décapité par les idolâtres auprès d'un orme qui prit son nom, et sur un rocher qui garda pendant de longues années des traces de son sang. Il y a une chapelle dédiée sous son invocation au lieu où l'on tient, par tradition, qu'il porta sa tête entre ses mains, après qu'elle eut été séparée du tronc. — A Cologne, saint Vullbert ou Villebert, archevêque de ce siège et confesseur. Il assembla (587) un concile dans sa ville métropolitaine, et assista l'année suivante à celui de Mayence. 890. — A Toul, diocèse actuel de Nancy, et à Laon, diocèse de Soissons, saint Bodon (Leudinus-Bodo), appelé par quelques hagiographes Leudvin, Leudin ou Leudin, dix-huitième évêque de cet ancien siège et confesseur. Il naquit dans le petit village de Meuse (Haute-Marne), diocèse primitif de Toul, de parents illustres par leur origine, leurs richesses et leur piété. Il s'engagea d'abord dans le mariage et épousa une personne de qualité, nommée Odile ; mais bientôt ce couple chrétien, gagné par l'exemple des vertus de sainte Salaberge, sœur de Lodon, quitta le monde et se consacra entièrement au service de Dieu. Bodon fit successivement élever les monastères de Bonnevaux, d'Étival et d'Ollouville qu'il dota de ses biens patrimoniaux. Ses vertus l'élevèrent sur le siège épiscopal de Toul, laissé vacant par la mort d'Eberin ; son épiscopat fut de courte durée. Son corps fut déposé dans le cimetière de Saint-Mansuy, et, plus tard, transféré dans le monastère de Saint-Jean de Laon. Entre 660 et 680. — Au diocèse du Mans, saint ALMÈRE ou ALMES, solitaire et abbé. Vers 560. — A Wintershoven, sur la rivière de Hesek, à l'occasion de Maastricht (Anvers hollandais), sainte Vinciane ou Vincienne, vierge romaine, sœur de saint Landvald (19 mars), missionnaire des Pays-Bas ; elle seconda son frère, autant que son état le lui permit, dans l'œuvre de la propagation de la foi, et mourut à Wintershoven où son corps fut enterré par son frère : en 660 il fut transféré au couvent de Saint-Bavon, à Gand. 653. — Dans les solitudes du Passais (Orne), au diocèse primitif du Mans, les saints Ernée et Alnès, ermites, dont nous avons donné la vie au 9 août. VIe s. — A Luxeuil (Haute-Saône), diocèse de Besançon, saint ADELPHIE, abbé de Bémiremont (Romarici mons), au diocèse de Saint-Dié. 670.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe de l'Ordre de Saint-Basile.** — A Alexandrie, sainte Théodore, qui, ayant péché par surprise, en conçut un si vif repentir qu'elle prit l'habit religieux sous la Règle de Saint-Basile, et, sans être connue de personne, persévéra jusqu'à sa mort dans les exercices de l'abstinence et de la patience. Vers 480.

**Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin.** — Sainte Rose de Viterbe, dont il

est fait mention le 4 septembre, et qui est honorée aujourd'hui dans notre Ordre. 1252.

Martyrologe des Mineurs-Capucins de Saint-François. — A Offida, dans la Marche d'Ancône, diocèse d'Ascoli, le bienheureux BERNARD, de l'Ordre des Capucins, illustre par la simplicité de son cœur et l'innocence de sa vie, et brûlant d'une étonnante charité pour Dieu et pour les hommes, surtout pour les pauvres et les indigents; c'est le 22 août qu'il prit son essor vers le ciel. Comme, après sa mort, il brillait par de grands miracles, le pape Pie VI le mit solennellement au rang des Saints, dans la Basilique Vaticane. 1694. — Le troisième dimanche de septembre, la fête des Sept-Douleurs de la bienheureuse vierge Marie.

Martyrologe des Chanoines réguliers. — A Pibrac, saint Pierre, confesseur, qui gouverna le monastère de Chanoines réguliers fondé par lui dans cette ville, forma ses disciples à la parfaite observance de la vie régulière, et s'envola vers le Seigneur le 8 septembre, entouré d'une grande renommée de sainteté. 1680.

Martyrologe de l'Ordre des Carmes déchaussés. — Dans les États de l'Église et en Étrurie, saint Jérôme Miani ou Émiliani, confesseur. 1537.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

A Zurich (Tigurum), ville de Suisse, sur la Limmat, saint Félix, sainte Régule, sa sœur, et saint Exupère ou Exupérance, leur serviteur, martyrs. Échappés au massacre de la légion thébéenne, ils se réfugièrent à Ursal (canton d'Uri), puis à Glaris, et enfin à Zurich. Ils s'y bâtirent de leurs propres mains une petite cellule, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'église de Wasserkirche (église au bord de l'eau), et s'occupèrent à prêcher l'Évangile aux habitants encore idolâtres : aussi les virent-on comme les premiers apôtres de la Suisse. Dèce, proconsul romain, qui résidait alors au château de Zurich, et gouvernait au nom de l'empereur Maximien, fit arrêter les généraux athlètes de la foi, et, après plusieurs supplices, ordonna de leur trancher la tête. L'église de Wasserkirche s'élève sur leur tombeau : elle a été agrandie par Charlemagne. 303. — A Gravedona (Grabadona), ville d'Italie, dans l'ancien duché de Milan, invention des corps des saints martyrs Matthieu et Gusmée. Ils furent déposés en 1637 dans la basilique de Saint-Fidèle qui fut dès lors dédiée sous leur invocation. 11e s. — A Alexandrie, les saints martyrs Syr et Sérapion, cités par les apographes de saint Jérôme. — A Porto (Portus Romanus), bourg des États de l'Église, les saints Ingéon et Hippolyte, martyrs, cités à la même source. — Dans la Calabre, région de l'ancien royaume de Naples, saint Elie de Reggio, surnommé le Spétiente (c'est-à-dire l'habitant des casernes, du mot grec Σοφίσεως), abbé et confesseur. Il ne faut pas le confondre avec saint Elie le Jeune, surnommé de Galatie, d'un bourg qui possède une église dédiée sous son invocation. Il vécut longtemps dans la solitude, puis se retira dans un monastère de Reggio dont il devint abbé. Pendant sa vie, Dieu lui accorda de faire de nombreux miracles qui se continuèrent, après sa mort, sur son tombeau. Vers 960. — A Alberschwende, près de Brégaz, dans le Tyrol, le bienheureux Merbod ou Marbelt, prêtre et martyr, déjà cité au même martyrologe sous le 23 mars. Il naquit de l'illustre et très-ancienne famille des comtes de Brégaz, et passa sa jeunesse dans un monastère de cette ville, sous la Règle de Saint-Benoît. Plus tard, ses vertus l'appelèrent à la cure d'Alberschwende; des scélérats, irrités des reproches qu'il leur faisait sur leur mauvaise conduite, l'assassinèrent dans la forêt de Brégaz. Son corps fut déposé dans son église paroissiale, et de si nombreux prodiges se sont opérés sur son tombeau, qu'il est dans la plus grande vénération parmi les habitants de cette paroisse. 1120. — A Cingoli, ville d'Italie, dans l'ancienne Marche d'Ancône, sainte Spérande ou Spérandée de Gubbio, vierge, abbesse du monastère bénédictin de Saint-Michel de Cingoli. Son corps, enseveli dans son monastère, fut levé de terre en 1497, et trouvé sans aucune marque de corruption; on le dépose alors dans une chapelle où il se voit encore. 1276 ou 1278. — Au Japon, les bienheureux martyrs Gaspard Cotenda, François et Pierre; le premier était du sang des rois de Firando, et catéchiste des Pères de la Compagnie de Jésus. 1622.

Événements marquants

  • Élection comme évêque de Noyon du vivant de son prédécesseur Guy
  • Participation probable au Concile de Soissons en 745
  • Restauration des biens de l'Église enlevés par Charles-Martel
  • Lutte contre les mariages illégitimes et défense de l'indissolubilité
  • Translation de son corps le 17 avril sous l'épiscopat de Radbod

Miracles

  • Miracles opérés à son tombeau ayant motivé la levée de terre de son corps