Saint Andronic d'Alexandrie

Solitaire

Fête : 9 octobre 4ᵉ siècle • saint

Résumé

Banquier aisé d'Alexandrie au IVe siècle, Andronic décide avec son épouse Athanasie de se consacrer à Dieu après la mort de leurs deux enfants. Il devient moine dans le désert de Scété sous la direction de l'abbé Daniel. Il finit ses jours en vivant douze ans dans la même cellule qu'Athanasie, déguisée en homme, sans jamais découvrir son identité avant sa mort.

Biographie

SAINT ANDRONIC D'ALEXANDRIE,

## ET SAINTE ATHANASIE OU ANASTASIE, SON ÉPOUSE,

### SOLITAIRES (IVe siècle).

Sous l'empire du grand Théodose (379-395), un jeune homme nommé Andronic, qui était banquier de profession, épousa, dans la ville d'Alexandrie, une fille appelée Athanasie, dont le père était aussi banquier. Ils possédaient de grandes richesses, mais ils en faisaient un très-honorable usage ; leur piété les faisait aimer de tout le monde. Après avoir eu pour fruit de leur mariage un fils qu'ils nommèrent Jean, et une fille qu'ils appelèrent Marie, ils résolurent de garder ensemble une parfaite continence ; ce qu'ils observèrent religieusement le reste de leur vie. La divine Providence leur ayant enlevé, au bout de douze ans, ces deux enfants, qui étaient leur plus grand trésor, Andronic se prosterna contre terre et en fit un sacrifice à la majesté de Dieu, disant : « Comme je suis sorti nu du sein de ma mère, je sortirai aussi nu de ce monde ; Dieu me les avait donnés, il me les a ôtés ; que sa sainte volonté soit faite et que son nom soit éternellement béni ! » Quant à Athanasie, elle en fut inconsolable ; et on ne put jamais l'empêcher de passer la première nuit sur leur tombeau, dans l'église de Saint-Julien, lieu de la sépulture de leurs ancêtres. Comme elle y était toute plongée dans la douleur, cet illustre Martyr lui apparut, vêtu en religieux, et, l'assurant que ses enfants étaient bienheureux dans le ciel, il lui fit de grands reproches de ce qu'elle pleurait si amèrement leur mort, au lieu d'employer ses larmes pour pleurer ses péchés. Ces paroles la consolèrent et lui firent avouer l'inutilité de ses soupirs ; mais elle en fut en même temps si touchée que, de retour en sa maison, elle pria son mari de lui permettre de se retirer dans quelque monastère pour y mener une vie pénitente, ainsi qu'elle avait toujours eu dessein de le faire, quoiqu'elle n'eût jamais osé lui en parler du vivant de ses enfants. Non seulement Andronic y consentit, mais il voulut lui-même suivre son exemple. Ils résolurent de faire un voyage en Palestine pour y visiter les saints lieux ; ayant affranchi leurs esclaves et confié le reste de leurs biens au père d'Athanasie, ils sortirent la nuit de la ville pour se rendre à Jérusalem. Après avoir adoré les endroits consacrés par la présence de Notre-Seigneur, ils allèrent à Alexandrie, où ils firent leurs dévotions au sépulcre de saint Ménas, célèbre martyr de cette ville. Athanasie y resta, et Andronic alla seul visiter les laures et les déserts de Scété, en Afrique, parce qu'il n'était pas permis aux femmes d'y entrer. Ayant oui parler de la sainteté de l'abbé Daniel, il l'alla trouver pour le consulter sur le dessein qu'ils avaient, sa femme et lui, de se retirer dans quelque monastère. Ce saint homme lui conseilla de mener Athanasie dans la Thébaïde, et lui donna des lettres pour la faire entrer dans celui des Téhessimides. En effet, en vertu de cette recommandation, elle y fut reçue, cachant son sexe sous un habit d'homme et sous le nom d'Athanasie. Andronic retourna ensuite vers le saint abbé, et, ayant été revêtu de l'habit religieux, il demeura avec lui dans sa laure. Ces deux époux vécurent ainsi pendant douze ans séparés l'un de l'autre, pratiquant saintement et avec une ferveur admirable tous les exercices de la vie monastique.

Au bout de ce temps, sans s'être rien communiqué, ils obtinrent respectivement de leurs supérieurs la permission de faire le pèlerinage de Jérusalem, et se rencontrèrent sur les chemins. Athanasie reconnut facilement son mari, mais lui ne la reconnut pas, et la prit pour un religieux d'Égypte, tant elle avait le visage changé et noir à cause de ses grandes austérités. Ils se joignirent pour continuer de compagnie leur voyage, à condition, pourtant, qu'ils garderaient un profond silence comme s'ils eussent été seuls. À leur retour de Jérusalem à Alexandrie, Athanasie, qui ne se faisait point connaître, lui proposa de s'y arrêter et d'y bâtir une cellule commune pour mener une vie plus pénitente ; Andronic voulut auparavant consulter l'abbé Daniel, qui approuva ce dessein. Ainsi, ces deux saints époux demeurèrent ensemble dans un silence continuel, ne pensant uniquement qu'aux choses célestes. Le saint abbé ne manquait pas de les visiter toutes les fois qu'il allait à l'église de Saint-Ménas.

Un jour qu'il les vint voir à son ordinaire, il trouva Athanasie à l'extrémité, et si affligée, qu'elle fondait en larmes. « Quoi ! vous pleurez », lui dit-il, « au lieu de vous réjouir de ce que le Seigneur vous appelle à lui ? » — « Je ne pleure pas pour moi », répondit Athanasie, « mais pour mon compagnon Andronic, que je laisserai dans une extrême douleur ; c'est pourquoi je vous prie de prendre après ma mort un papier que vous trouverez sous ce qui me sert de chevet, de le lire et ensuite de le lui donner ». Puis elle demanda la communion, et, après l'avoir reçue, elle expira paisiblement, pendant que l'abbé et son mari faisaient les prières pour les agonisants. Incontinent après son décès, on reconnut par la lecture de son billet qu'elle était femme d'Andronic, auquel elle ne s'était nullement fait connaître pendant douze ans qu'elle demeura avec lui dans la même cellule. Tous les religieux qui apprirent cette merveille rendirent mille actions de grâces à Dieu d'avoir donné une si grande constance à Athanasie et de l'avoir rendue par ce moyen triomphante de la chair, de monde et de l'enfer. Les religieux de toutes les laures d'Alexandrie, les habitants de la ville et les solitaires de Scété assistèrent à ses funérailles avec des palmes, des rameaux et des cierges ardents. Son corps fut enterré dans le dix-huitième monastère. C'est ainsi que l'on distinguait le grand nombre de maisons religieuses qui étaient autour d'Alexandrie. L'abbé eût bien voulu emmener Andronic avec lui, mais la divine Providence ne le permit pas ; car, quelques jours après, il suivit sa chère Athanasie, auprès de laquelle il fut enterré.

Acta Sanctorum, 9 octobre.

Date de fête

9 octobre

Époque

4ᵉ siècle

Décès

IVe siècle