Saint Burchard (Burckard)
Premier évêque de Wurtzbourg et confesseur
Résumé
Né en Angleterre, Burchard devint le premier évêque de Wurtzbourg au VIIIe siècle après avoir rejoint saint Boniface en Allemagne. Consacré par le pape Zacharie, il gouverna son diocèse avec humilité et douceur pendant quarante ans, jouant également un rôle diplomatique majeur dans l'avènement de Pépin le Bref. Il mourut en 752 après s'être retiré dans la vie contemplative.
Biographie
SAINT BURCHARD OU BURCKARD,
## PREMIER ÉVÊQUE DE WURTZBOURG ET CONFESSEUR (752).
Burchard naquit en Angleterre de parents illustres par leur noblesse et par leur piété. Son enfance fut toute sainte, on n'y put jamais remarquer les vices et les dérèglements de cet âge. Le mensonge ne sortait point de sa bouche ; on ne voyait en ses mœurs ni opiniâtreté, ni inconstance, ni précipitation, ni immodestie, ni légèreté. Il était parfaitement soumis à ses parents et à ses maîtres, poli et bienveillant envers les domestiques, assidu à la prière et au service divin, et si retenu dans toutes ses actions, qu'il était aisé de voir que Dieu le destinait à être un des plus riches ornements de l'état ecclésiastique. Le monde le dégoûta bientôt, et, dès qu'il eut suffisamment étudié pour rendre service à l'Église, il quitta ses biens, ses amis et sa propre patrie, et vint en France sous un habit de pèlerin, pour se sacrifier au salut des âmes. Lorsqu'il fut en âge de recevoir les Ordres, se sentant appelé au ministère sacré, il s'y fit promouvoir et fut fait prêtre, afin de pouvoir apaiser tous les jours la colère de Dieu par l'oblation du saint Sacrifice, et d'avoir aussi plus d'autorité pour prêcher sa parole et pour convertir les infidèles.
A cette époque, le grand saint Boniface travaillait avec un zèle incroyable à détruire l'idolâtrie et à rétablir le Christianisme en Allemagne, et demandait de tous côtés des ouvriers pour le seconder dans cette entreprise. Burchard, en étant informé, vint le trouver et s'offrit à lui pour aller où il voudrait annoncer l'Évangile de Jésus-Christ. Saint Boniface connut aussitôt l'éminente vertu de ce saint missionnaire, et, ayant tous les jours de nouvelles preuves de sa sainteté, il résolut de le faire créer évêque de la ville de Wurtzbourg, qui avait été gagnée à la foi par la prédication de saint Chilien et de ses compagnons, martyrs. Il le mena pour cela à Rome, et le présenta au pape saint Zacharie ; celui-ci, à la prière de Pépin le Bref et du même saint Boniface, érigea cette ville en évêché ; puis, ayant des témoignages assurés du mérite de Burchard, il l'en consacra évêque de ses propres mains. Après cette consécration, les deux prélats, munis de la bénédiction et des lettres apostoliques, retournèrent en Allemagne, et saint Boniface installa solennellement saint Burchard en son nouvel évêché, et lui donna pour sa subsistance un revenu suffisant, qu'il prit sur les biens de son propre archevêché de Mayence.
Burchard, se voyant établi pasteur des onnailles du Fils de Dieu, s'appliqua tout entier, pendant quarante ans, à les bien gouverner et à les conduire dans les voies du salut. Il était le père des orphelins, le soutien des pauvres et des veuves, le refuge des affligés et l'espoir des malades. Il prenait un tel soin de déraciner le vice et de faire fleurir les vertus chrétiennes dans toute l'étendue de son diocèse, qu'on y vit en peu de temps un changement merveilleux. Il se faisait lui-même le modèle de son troupeau. Son humilité était si grande, qu'il ne voulait jamais avoir que des ornements de peu de valeur. Sa crosse même n'était que de bois de sureau. Il avait tant de douceur et de bénignité, qu'il se faisait aimer de tout le monde : il n'y avait point d'esprits qu'il ne fléchit et ne gagnât. Enfin, il s'acquit une telle réputation parmi les grands du royaume de France, qu'ils le firent un de leurs députés auprès du pape saint Zacharie dans l'affaire importante et délicate de l'exaltation de Pépin le Bref, tige de la seconde race de nos rois, à la place de Childeric, qui a fini la première race.
Sa dévotion le porta à faire honorer les reliques des premiers apôtres de Wurtzbourg, saint Chilien, saint Colomano et saint Totman, martyrs ; ainsi, après de ferventes prières, il les leva de terre, et, les ayant mises dans des chasses précieuses, il les plaça dans un monastère qu'il fit bâtir exprès en leur honneur. Mais, comme il ne désirait rien tant que de joindre le repos de la vie contemplative aux empressements de la vie active, il fonda, sur la rivière du Mein, une autre abbaye qu'il dédia sous l'invocation de Notre-Dame et de saint André, pour douze religieux du chœur obligés aux heures canoniales. Il y venait fort souvent pour jouir avec plus de tranquillité des délices ineffables de l'union avec son Dieu. Enfin, après avoir porté, pendant quarante ans, le lourd fardeau de l'épiscopat, il mourut plein de mérites au château d'Hohenbourg, où il s'était retiré avec six de ses religieux. C'était le 9 février 752. Son corps fut porté dans le monastère qu'il avait fait bâtir sur le Mein ; mais, dans la suite des temps, après plusieurs miracles faits par son intercession, il fut transporté dans son église de Notre-Dame et de Saint-André. Hugues, évêque de Wurtzbourg, autorisé par un ordre du pape Benoît VII, fit la translation de ses reliques vers l'an 983, le 14 octobre, jour auquel on a depuis célébré sa principale fête.
Saint Burchard est patron de Wurtzbourg ; on l'invoque contre la gravelle et les maux de reins.
Surtus, Godescard, *Acta Sanctorum*.
Ce monastère, reconstruit au village de Saint-Paul, fut bientôt enrichi par la libéralité des évêques de Beauvais et des seigneurs voisins.
Événements marquants
- Départ d'Angleterre pour la France en habit de pèlerin
- Ordination sacerdotale
- Rejoint Saint Boniface en Allemagne pour l'évangélisation
- Voyage à Rome et consécration épiscopale par le pape Zacharie
- Installation comme premier évêque de Wurtzbourg
- Ambassade auprès du pape pour l'exaltation de Pépin le Bref
- Translation des reliques de saint Chilien et ses compagnons
- Retraite au château d'Hohenbourg
Miracles
- Plusieurs miracles non spécifiés après sa mort ayant conduit à la translation de ses reliques