Saint Astier

Ermite en Périgord

Fête : 4 octobre 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Noble périgourdin né au VIe siècle, saint Astier se forma auprès de saint Cybard avant de convertir sa famille païenne. Il vécut en ermite dans une grotte, pratiquant l'oraison et fabriquant des corbeilles. Sa sainteté fut illustrée par la guérison d'une princesse et le miracle des cloches sonnant seules à sa mort.

Biographie

SAINT ASTIER, ERMITE EN PÉRIGORD (vers 640).

Saint Astier naquit à trois lieues de Périgueux (Dordogne), au château de Puy-de-Pont, d'une famille noble et illustre, mais païenne. C'était vers l'an 560, sur la fin du règne de Childchert. Ses parents lui donnèrent un précepteur chrétien, qui l'instruisit, non-seulement dans les sciences et les lettres, mais principalement dans la piété. Il avait à peine quinze ans, lorsque sous l'influence de son religieux instituteur, il alla à Angoulême se mettre sous la direction de saint Cybard, qui était périgourdin comme lui et même son parent, dit un vieil historien. Celui-ci le reçut avec une grande bienveillance. À l'école d'un maître si parfait, le jeune Astier fit des progrès étonnants ; il reçut bientôt le baptême et ne tarda pas à revêtir l'habit noir des religieux du monastère, dont saint Cybard avait la conduite.

Dans cette condition nouvelle, il était heureux et il n'aurait jamais songé à quitter son nouveau maître, si un ange du ciel n'était venu l'avertir de retourner sur la terre du Périgord pour convertir à la foi ses parents idolâtres. Il obéit aussitôt à cette voix céleste et, après avoir versé d'abondantes larmes, il embrassa son saint directeur et revint aux lieux qui l'ont vu naître. Il n'avait encore que vingt ans. Son habit de pénitence, ses austérités, et mieux encore, ses paroles pleines de charité changèrent le cœur de ses parents ; il eut le bonheur de baptiser toute sa famille, et après un pareil succès, il se retira dans un lieu écarté, où une grotte lui servit de demeure ; c'est là qu'il passa le reste de ses jours dans les exercices de l'oraison et de la pénitence.

L'amour de la solitude était son attrait et sa vocation : éloigné du commerce des hommes, séparé des influences mondaines, recherchant le silence et le recueillement, il se livrait à la mortification ; les herbes et les racines sauvages étaient sa nourriture ; il buvait l'eau d'une fontaine voisine et vivait, comme les anges, dans la contemplation. Sa vie n'était pas oisive : il travaillait de ses mains et faisait des corbeilles, que son disciple, saint Aquilin, allait vendre dans les foires du voisinage. Cependant l'éclat de son admirable sainteté et le bruit de ses miracles se répandirent au loin, et les foules vinrent le visiter pour lui demander des conseils, ou pour obtenir la guérison de leurs maux.

Un jour, une princesse, affligée d'une maladie incurable, se fit conduire devant le saint thaumaturge ; elle ne pouvait se tenir sur ses pieds, il fallut la transporter sur son lit. Le serviteur de Dieu lui dit : « Madame, levez-vous, et soyez guérie au nom de Jésus-Christ ». La princesse fut aussitôt rétablie ; il fit mieux encore, il la convertit à la foi et lui donna le saint baptême. Pour témoigner sa reconnaissance, celle-ci fit construire en cet endroit une belle église en l'honneur de saint Pierre, qu'elle dota de revenus suffisants pour son entretien et son service.

Saint Astier vécut de longs jours ; à sa quatre-vingtième année, Dieu lui fit connaître que sa dernière heure était venue ; il reçut les sacrements de l'Église, fit le signe de la croix sur son corps, et rendit son esprit à son créateur, en prononçant les dernières paroles de Jésus-Christ sur la croix : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains ». C'était le 4 octobre. Il voulut être inhumé dans l'église que la princesse avait fait construire, devant l'autel de saint Front, premier évêque de Périgueux, qui était le grand Saint de sa dévotion. Au moment de la mort du Saint, toutes les cloches des ermitages et des chapelles du voisinage sonnèrent toutes seules ; ce miracle donna lieu aux armoiries de la ville de Saint-Astier (Dordogne), et à celles de la famille de ce nom. Les armoiries de la ville de Saint-Astier sont : De gueules à la cloche d'or bataillée d'argent.

Nous devons cette notice à l'obligeance du très-révérend Père Carles, du Calvaire de Toulouse. — L'ancien office, qu'on chantait autrefois en l'honneur du Saint, dans la collégiale de Saint-Astier, se trouve à la bibliothèque de la ville de Périgueux. C'est un volume in-12, relié, imprimé à Paris, chez Muguet, en 1684, avec l'approbation de Mgr Le Doux, évêque de Périgueux. — La Vie de saint Astier a été publiée sur un vieux manuscrit par le Père Aubertin, prieur de l'abbaye d'Estival, de l'Ordre de Prémontré (Nancy, chez Charlot, 1656).

Événements marquants

  • Naissance au château de Puy-de-Pont vers 560
  • Éducation par un précepteur chrétien
  • Entrée au monastère de saint Cybard à Angoulême à 15 ans
  • Retour en Périgord à 20 ans pour convertir sa famille
  • Retraite dans une grotte pour une vie d'ermite
  • Guérison miraculeuse d'une princesse
  • Mort à l'âge de 80 ans

Miracles

  • Guérison instantanée d'une princesse paralytique
  • Cloches des ermitages sonnant seules au moment de son trépas

Citations

Seigneur, je remets mon âme entre vos mains

— Dernières paroles rapportées

Date de fête

4 octobre

Époque

7ᵉ siècle

Décès

vers 640 (naturelle)

Invoqué(e) pour

guérison des maladies incurables, paralysie

Prénoms dérivés

Astier

Famille

  • Parents (anonymes) (parents)
  • Saint Cybard (parent et maître spirituel)