Saint Erembert du Pecq
Évêque de Toulouse et Confesseur
Résumé
Moine à Fontenelle puis évêque de Toulouse au VIIe siècle, saint Erembert fut un prélat exemplaire alliant science et piété. Célèbre pour avoir arrêté un incendie à Viocourt avec son bâton pastoral, il finit ses jours en prière dans son monastère d'origine.
Biographie
SAINT EREMBERT DU PECQ,
### ÉVÊQUE DE TOULOUSE ET CONFESSEUR (678).
On croit que saint Erembert naquit au bourg du Pecq, près de Saint-Germain-en-Laye, au diocèse actuel de Versailles, et qu'il s'enferma, jeune encore, dans le monastère de Fontenelle, en Normandie, où il se forma à la science et à la piété, sous la direction de saint Vandrille, qui en était alors abbé. Mais Dieu ne laissa pas longtemps dans l'obscurité cette âme d'élite : l'autorité de Clotaire III et de sainte Ruthilde, sa mère, tirèrent notre Saint du cloître pour le placer sur le siège de Toulouse ; les habitants de cette ville, qui avaient entendu parler de la haute vertu d'Erembert, l'appelaient de tous leurs vœux.
Devenu évêque, il s'appliqua avec le plus grand soin à la pratique de la religion, de la chasteté, de l'humilité, de la continence, étudiant avec soin les Écritures divines et cherchant à mettre en harmonie ses prédications et ses œuvres. C'est ainsi que, semblable à un éclatant flambeau, il brilla dans la maison de Dieu par la lumière de ses exemples. Sa vertu fut autorisée par des prodiges, parmi lesquels nous devons en rapporter un plus éclatant que tous les autres.
Erembert avait quitté sa ville épiscopale pour revoir sa patrie et les parents qu'il y avait laissés. Il arriva à Viocourt (ancien village du territoire de Poissy). Pendant son séjour en ce lieu survint un affreux incendie ; le feu, se communiquant de maison en maison, menaçait de détruire le bourg entier, et tous les efforts paraissaient inutiles pour l'éteindre. Les voisins, désespérant de s'en rendre maîtres, conjurèrent Erembert de prier Dieu pour eux. Or, il y avait en ce lieu une basilique dédiée à saint Saturnin, martyr. Le prélat se trouvait en prière dans cet oratoire lorsque les cris de la multitude effrayée et les coups redoublés dont elle frappait les portes du temple arrivèrent jusqu'à lui. Le secours du ciel fit ce que n'avaient pu faire les moyens humains. Erembert fut touché des maux et des plaintes de la foule ; prenant alors son bâton pastoral, il le présenta aux flammes, et continua sa prière. Aussitôt le vent qui menaçait de propager l'incendie sur le village entier s'apaisa, et, perdant toute sa violence, le feu s'éteignit. Aux larmes succéda la joie, et la tristesse fit place à la reconnaissance.
A peu près à cette époque (vers 668), Erembert se retira au monastère de Fontenelle, dont Lambert était alors abbé ; il y vécut quelque temps en grande sainteté, et parvint à une extrême vieillesse. C'est là qu'il mourut le 14 mai 678. Il avait conservé jusqu'à la fin de sa vie le titre d'évêque de Toulouse. Son corps fut déposé dans la partie inférieure de l'église Saint-Paul de Fontenelle. En 704, saint Bain, cinquième abbé de ce lieu, le transféra dans l'abside de la même basilique, et orna son sépulcre d'une couronne demi-circulaire qui formait comme une espèce de dôme au-dessus du tombeau. Le corps du saint évêque reposa pendant plusieurs années dans l'église Saint-Paul : un concours immense de peuple avait lieu à son tombeau et il s'y opérait un grand nombre de miracles.
Au commencement du XIe siècle, Gérard, abbé de Fontenelle, ayant retrouvé le corps de saint Erembert au milieu des ruines de l'église de Saint-Paul, le transporta dans la voisine, celle de Saint-Pierre, où il demeura jusqu'à sa translation à Abbeville. L'église Saint-Saturnin de Fontenelle était située sur une colline, hors du monastère, vers le septentrion. Ce fut là que les reliques du premier évêque de Toulouse furent d'abord placées. Après la mort d'Erembert, on y porta le bâton pastoral du saint évêque avec lequel il avait arrêté l'incendie. L'oratoire de Saint-Saturnin ayant été détruit, ce bâton ainsi qu'un habit de saint Erembert furent portés à Druyères, village du diocèse de Toulouse. On rapporte qu'il existait en ce lieu un prêtre dont la vie n'était pas très-régulière, et qu'ayant voulu se revêtir de l'habit de saint Erembert, il fut aussitôt saisi d'une fièvre ardente dont il ne put être délivré que par des prières au saint évêque. Ces reliques précieuses furent plus tard transportées de nouveau à Fontenelle.
Extrait de l'Histoire de l'Église de Toulouse, par M. l'abbé Salvan.
Événements marquants
- Entrée au monastère de Fontenelle sous saint Vandrille
- Nomination à l'évêché de Toulouse par Clotaire III
- Miracle de l'extinction de l'incendie à Viocourt
- Retraite au monastère de Fontenelle vers 668
- Mort à Fontenelle en 678
- Translation des reliques par saint Bain en 704
Miracles
- Extinction d'un incendie violent à Viocourt en présentant son bâton pastoral aux flammes
- Punition divine (fièvre) d'un prêtre indigne ayant tenté de revêtir son habit