Saint Engelbert de Cologne
Archevêque de Cologne et Martyr
Résumé
Archevêque de Cologne et tuteur du fils de l'empereur Frédéric II, Engelbert fut un prélat réformateur et protecteur des ordres mendiants. Il fut assassiné en 1225 par son parent, le comte d'Issembourg, après avoir défendu les biens de l'abbaye d'Essen contre les pillages de ce dernier. Il mourut en priant pour ses bourreaux après avoir reçu quarante-sept blessures.
Biographie
SAINT ENGELBERT, ARCHEVÊQUE DE COLOGNE,
MARTYR (1223).
Engelbert naquit d'une famille illustre ; il était fils d'Engelbert, comte de Berg, et de Marguerite, fille du comte de Gueldre. Dès l'enfance, il montra d'heureuses dispositions ; il était aimable, généreux et humble. Il refusa l'évêché de Munster à dix-huit ans. Après les grands troubles auxquels donnèrent lieu les archevêques de Cologne, Adolphe et Thierry, le souverain Pontife ayant ordonné l'élection d'un nouvel archevêque destiné à remplacer Thierry déposé, Engelbert fut élu le 22 février de l'an 1216. Il conféra de nombreux bénéfices aux églises et collèges de son diocèse, paya les dettes contractées par ses prédécesseurs, et recouvra les fiefs et les propriétés appartenant à l'église de Cologne, qui avaient été, soit pris de force, soit perdus par négligence ou impuissance. Il reçut avec une grande bonté les Dominicains, les Franciscains et les Chartreux, venus à Cologne vers l'an 1220 ; il les protégea et les défendit contre les malveillants qui les critiquaient et les attaquaient malicieusement. Engelbert remplissait les fonctions pontificales à la grande édification des assistants ; il soutenait la dignité de son ministère par la splendeur du culte ; mais, sous tout cet éclat, la componction remplissait son cœur, et les larmes qui sans cesse coulaient de ses yeux en étaient une preuve sensible.
Sa paternelle charité ne faisait pas acception des personnes ; il honorait beaucoup les religieux ; il admettait à sa table les prêtres pauvres de préférence aux grands seigneurs ; il les couvrait de ses vêtements. L'opprimé le trouva toujours prêt à le secourir. Plus d'une fois il obligea les indigents à manger à son assiette et à boire à son verre. Pendant une famine, il acheta une grande quantité de blé pour nourrir les religieux et les pauvres. Rempli d'une tendre piété envers la Mère de Dieu, il visitait souvent les lieux consacrés à son culte, et, tous les mercredis, il jeûnait en son honneur. Choisi par l'empereur Frédéric II pour tuteur de son fils Henri, et pour administrateur de l'empire en-deçà des Alpes, il éleva l'enfant royal comme son fils, l'honora comme son maître, fit régner la paix dans toute l'étendue de l'Empire, maintenant partout la foi et l'obéissance au Saint-Siège et à l'empereur. Il était le refuge des affligés et la terreur des méchants. Par une grâce toute particulière de Dieu, il unit la magnanimité et l'humilité, la magnificence et l'affabilité, la douceur et la vigueur. Il s'était acquis une si grande autorité pour le bien de l'Empire, qu'une lettre, un signe quelconque de lui suffisait à la sécurité des voyageurs. Il défendit la liberté ecclésiastique avec un courage invincible, principalement contre les avoués, et c'est ainsi qu'il se fraya le chemin du martyre.
Frédéric, comte d'Issembourg, son parent, s'était fait avoué ou défenseur de l'abbaye d'Essen; mais il ne s'était proposé que de piller les biens des religieuses; en sorte qu'elles étaient souvent obligées de se réfugier à Cologne pour implorer la protection des archevêques. Le Pape et l'empereur, informés de ce qui se passait, chargèrent Engelbert de remédier au mal, et même de destituer l'avoué s'il ne mettait fin à ses vexations et à ses rapines. Engelbert employa d'abord les voies de la douceur, et offrit même une pension considérable à son parent, pour l'engager à se conduire conformément aux règles de l'équité. Ses démarches étant inutiles, il ne lui laissa point ignorer la mission dont il était chargé.
Le comte d'Issembourg devint furieux: il forma le projet d'ôter la vie à l'archevêque de Cologne, et mit dans son parti des seigneurs et des princes auxquels sa famille était alliée. Cependant il ne laissa pas de se trouver au rendez-vous que l'archevêque lui avait donné à Zoest, en Westphalie, pour aviser à quelques moyens d'accommodement; il feignit même des vues pacifiques. On avertit Engelbert du danger, mais il n'en fut point effrayé. Le lendemain matin, il fit une confession générale de toute sa vie à l'évêque de Minden, pour se préparer à la mort dans le cas où Dieu l'appellerait à lui. Il fit cette confession avec une telle abondance de larmes que toute sa poitrine en était mouillée. Il l'avait à peine achevée, que les évêques de Munster et d'Oxnabruck, qui étaient entrés dans la conjuration de Frédéric, leur frère, vinrent le visiter. L'archevêque leur conta ce qu'il avait appris, mais ils s'efforcèrent de lui donner le change. Engelbert se rendit donc à Zoest, comme il était convenu. Tout se passa bien à l'extérieur, et on promit de se revoir à la diète de Nuremberg. Frédéric savait que, le jour d'après, l'archevêque devait aller dédier une église à Schwelm. Il posta des assassins sur la route, et partit avec Engelbert. Lorsqu'on fut arrivé au lieu désigné, le comte porta le premier coup à l'archevêque; alors les assassins se précipitèrent sur lui et le percèrent de quarante-sept blessures graves. Il mourut en priant pour ses ennemis, le 7 novembre 1225, après dix ans d'épiscopat. Son corps fut déposé, le 24 février de l'année suivante, dans l'église métropolitaine de Saint-Pierre de Cologne. Plus tard, l'archevêque Ferdinand le leva de terre, l'enferma dans une châsse et le plaça sur l'autel principal. Dieu illustra la tombe de son Martyr par beaucoup de miracles.
On le représente assassiné par les gens du comte Frédéric et bénissant ses bourreaux.
Propre de Cologne.
Événements marquants
- Élection comme archevêque de Cologne le 22 février 1216
- Accueil des Dominicains, Franciscains et Chartreux à Cologne vers 1220
- Nomination comme tuteur de Henri, fils de l'empereur Frédéric II
- Conflit avec Frédéric d'Issembourg au sujet de l'abbaye d'Essen
- Assassinat par quarante-sept blessures le 7 novembre 1225
- Translation du corps le 24 février 1226
Miracles
- Nombreux miracles sur sa tombe