Saint Léopardin
Abbé de Saint-Symphorien de Vivaris et Martyr
Résumé
Frère de saint Pourçain, Léopardin fonde au VIe siècle le monastère de Vivaris sous le patronage de saint Symphorien. Victime de la haine de Blichilde, épouse du prince Ardée, il survit à une première agression avant d'être décapité dans le Nivernais. Son corps, jeté dans l'Allier puis retrouvé par révélation, repose dans l'abbaye qui porte aujourd'hui son nom.
Biographie
SAINT LÉOPARDIN, ABBÉ DE SAINT-SYMPHORIEN DE VIVARIS ET MARTYR (VIe siècle).
Frère de saint Pourçain, Léopardin passa quelques années avec lui au monastère de Mirande, puis, sur un avis du ciel, il se dirigea vers la ville de Bourges dans le dessein d'y fonder un nouveau monastère. Après avoir reçu la bénédiction épiscopale de la main de saint Sulpice, il courut à la recherche d'un établissement convenable. Or, il y avait à Aubigny (Allier), non loin de Bourbon-l'Archambaud, un lieu charmant et tout à fait propre à la réalisation de son projet : ce lieu s'appelait Vivaris. C'est là qu'il planta son bâton de voyageur et crut devoir dresser sa tente. Il ne pouvait mieux choisir, d'autant plus que cette terre appartenait à un prince nommé Ardée, grand devant Dieu aussi bien que devant les hommes, bon, doux et pieux, toujours disposé aux bonnes œuvres. Léopardin, plein de confiance, alla donc trouver cet excellent homme et le pria de vouloir bien lui permettre de résider sur sa terre de Vivaris, en lui exprimant l'intention qu'il avait de s'y établir, afin de payer à Dieu, dans la chapelle qui s'y trouvait, le tribut quotidien des chants sacrés.
Le pieux Ardée accéda à sa demande, et Léopardin, se mettant aussitôt à l'œuvre, parvint, aidé de quelques compagnons, à bâtir le monastère, objet de ses vœux. Le nouvel établissement prospéra d'une manière admirable sous la direction de l'homme de Dieu et le patronage de saint Symphorien, car la chapelle était dédiée sous le vocable de cet illustre martyr d'Autun.
Cependant Blichilde, l'indigne épouse d'Ardée, la plus méchante des femmes, était envieuse de la prospérité des bons religieux. Ayant gagné à sa cause un certain Placide, disciple indigne de Léopardin, elle parvint à aposter quatre sicaires sur la route que devait traverser le saint abbé pour rendre visite à ses frères de Colombier. Les bourreaux, s'étant précipités sur le serviteur de Dieu, lui assénèrent sur la tête un vigoureux coup de hache et le laissèrent pour mort. Mais le Saint, miraculeusement guéri, se releva bientôt du sol ensanglanté où il gisait et continua sa route.
Déçue dans son espoir, l'infâme Blichilde nourrit dès lors un nouveau projet d'homicide, et, à quelque temps de là, comme notre Saint se rendait dans le Nivernais où il avait été mandé pour guérir un malade, il fut assailli par une troupe de furieux qui, l'ayant entraîné dans un grand bois, le torturèrent à plaisir et finirent par lui trancher la tête. Puis, ayant creusé une fosse profonde, ils y jetèrent le saint corps. De peur qu'on ne le découvrit, Blichilde le fit bientôt exhumer et jeter dans l'étang d'Hiaure, voisin de l'Allier ; plus tard, elle l'en fit retirer encore et précipiter au plus profond du fleuve.
Cependant un religieux de Saint-Symphorien connut par révélation l'endroit précis où gisait la sainte dépouille. Le corps fut retiré du fleuve et déposé dans l'église de l'abbaye. Au XIe siècle, Aymon, archevêque de Bourges, le leva de terre, et le monastère de Saint-Symphorien de Vivaris, prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Sulpice de Bourges, prit le nom de Saint-Léopardin.
Le culte de notre saint abbé remonte aux siècles les plus reculés ; dès les premières années du VIIe siècle, il était déjà répandu sur un grand nombre de points de l'Église des Gaules, des rives du Rhône, de l'Allier, du Cher et de la Loire, aux rives de la Seine et au-delà ; des monts de l'Auvergne, aux bords de la Moselle et jusqu'en Germanie.
La vie de saint Léopardin se trouve tout au long dans l'ouvrage de M. l'abbé Dinet : *Saint Symphorien et son culte* ; nous n'avons fait que l'analyser.
Événements marquants
- Séjour au monastère de Mirande avec son frère saint Pourçain
- Bénédiction épiscopale reçue de saint Sulpice à Bourges
- Fondation du monastère de Vivaris (Saint-Symphorien) sur les terres du prince Ardée
- Survie miraculeuse à une première tentative d'assassinat à la hache
- Martyre par décapitation dans un bois du Nivernais
- Translation du corps du fleuve vers l'église de l'abbaye
- Élévation des reliques au XIe siècle par l'archevêque Aymon
Miracles
- Guérison miraculeuse après un coup de hache à la tête
- Révélation de l'emplacement du corps dans le fleuve à un religieux