Saint Jules Ier (Pape)
Pape
Résumé
Pape au IVe siècle, Jules Ier se distingua par sa défense rigoureuse de la foi de Nicée contre l'hérésie arienne. Il soutint fermement saint Athanase, organisa le concile de Sardique et fut un grand bâtisseur d'édifices religieux et de cimetières à Rome.
Biographie
SAINT JULES Ier, PAPE (352).
Jules, pape, fils de Rustique, élevé au souverain pontificat après saint Marc, brilla remarquablement par la sainteté de sa vie, et par son zèle à affermir la foi chrétienne.
L'hérésie impie d'Arius progressait dangereusement dans tout l'Orient, et un grand nombre de saints évêques se voyaient obligés de quitter leurs sièges ; il les reçut à bras ouverts, surtout saint Athanase, et les défendit jusqu'au bout contre leurs adversaires. Il condamna les synodes de Tyr et d'Antioche réunis par les Ariens pour abolir la foi de Nicée. Il assembla deux conciles à Rome dans lesquels il reçut les plaintes des évêques exilés, et proclama leur innocence.
Par ses conseils, l'empereur Constant, religieux prince qui régnait en Occident, agit auprès de son frère Constance, fauteur des Ariens, pour qu'il rappelât saint Athanase de l'exil. Il rejeta la formule de foi trompeuse imaginée par les Eusébiens, sectateurs d'Arius au second concile d'Antioche. Il rassembla le second concile de Sardique composé d'évêques d'Occident et d'Orient ; ses légats y présidèrent et il s'y prit de nombreuses et utiles mesures pour le maintien de la foi catholique et pour le rétablissement de la discipline ecclésiastique.
En outre, il bâtit deux basiliques dans la ville de Rome, et les orna de peintures sacrées : l'une auprès du Forum, l'autre sur la voie Flaminienne. Il construisit trois cimetières : l'un, sur la même voie Flaminienne, un autre sur la voie Aurélienne, le troisième à Porto. Il régla qu'un
prêtre ne plaiderait pas sa cause civile que devant un juge ecclésiastique, il ordonna que tous les actes relatifs aux affaires ecclésiastiques seraient faits par un protonotaire. En trois ordinations célébrées au mois de décembre, il créa trois diacres, dix prêtres et neuf évêques. Après avoir gouverné l'Église de Dieu pendant quinze ans, cinq mois et dix-sept jours, il s'envola vers le Seigneur le 12 d'avril. Il fut enterré dans le cimetière de Calepode. De là ses reliques furent transférées dans l'église de Sainte-Marie, au-delà du Tibre, agrandie par lui et déposées honorablement sous le grand autel.
Liber Pontificalis et Propre de Rome.
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## SAINT CONSTANTIN, ÉVÊQUE DE GAP (455).
Constantin, différent de Constance, pareillement évêque de Gap, brilla non moins par la sainteté de sa vie que par le zèle de la discipline ecclésiastique. Son nom est encore aujourd'hui en vénération parmi le peuple, à cause de ses mérites éminents et de ses grands bienfaits. Excellent pasteur, il aimait souverainement le troupeau confié à sa garde, il le gouvernait avec une sagesse toute céleste, et il ne se lassait pas de le nourrir de la parole de vie et de l'exemple de toutes les vertus. Les différentes réunions d'évêques, où il occupa toujours un rang distingué, témoignent assez quel soin il apporta à tenir en vigueur les saints canons. En son nom, le prêtre Vincent assista au concile de Riez, dans lequel fut déposé Armentaire, qui avait été ordonné évêque d'Embrun, contre les saints canons ; Ingenus fut mis à sa place.
En 441, il siégea au premier concile d'Orange. On y arrêta entre autres les décisions suivantes : Celui qui devient subitement muet peut recevoir le baptême ou la pénitence si sa volonté passée peut être attestée par le témoignage des autres, ou bien, sa volonté actuelle par un signe de lui-même. On doit réprimer par les censures ecclésiastiques ceux qui tentent de réduire à une servitude quelconque les esclaves affranchis en face de l'Église.
Il ordonna Ravennius, successeur de saint Hilaire d'Arles : on le sait d'une manière certaine par la lettre du pape saint Léon aux évêques de la province d'Arles, touchant l'élection de Ravennius, laquelle, à cause du mérite de l'élu, lui était très-agréable. Dans cette lettre, c'est Constantin qui est salué le premier. Il devait cet honneur à sa qualité de doyen d'âge des évêques de la province.
De concert avec tous ses collègues, il adressa une supplique au même souverain Pontife, pour obtenir que l'église d'Arles fût rétablie dans sa dignité de métropole. On le voit par la réponse du même Pontife, dans laquelle Constantin est encore nommé le premier. Il souscrivit à la lettre synodale, adressée à saint Léon par les évêques de la Gaule, dans laquelle ils élèvent jusqu'au ciel l'immortelle lettre de ce Pape à Flavien sur l'incarnation du Verbe, déclarant y adhérer de tous points, et ajoutant qu'ils sont prêts, avec la grâce de Dieu, à donner leur vie avec Sa Sainteté pour la vérité de la foi. Après avoir rempli tous les devoirs d'un excellent pasteur, il s'envola dans le séjour de la félicité éternelle.
Propre de Gap. — Voir la Vie de saint Léon le Grand, qui servira d'explication à celle de saint Constantin de Gap.
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## SAINT ERKEMBODE, ÉVÊQUE DE THÉROUANNE (742).
A l'époque où la vénérable Bertin terminait, dans son monastère de Sithiù, sa longue et sainte carrière, vivait près de lui saint Erkembode, qui devait un jour le remplacer dans sa charge, et même être élevé sur le siège de Thérouanne. On ne connaît rien de bien certain touchant les premières années de sa vie, son origine et sa famille. Des auteurs croient qu'il était un des compagnons des saints Lugle et Luglien, qu'il vint avec eux de l'Irlande et de la Grande-Bretagne, qu'il fut, comme eux, saisi, dépouillé, frappé et laissé pour mort, dans le lieu alors appelé Scyrendal, près de Ferfay, dans le canton actuel de Norrent-Fontes. Ils assurent que ce Saint, étant revenu à lui après le départ des assassins, couvrit à la hâte avec des broussailles les corps sanglants des deux martyrs Irlandais, et alla aussitôt à Thérouanne rendre compte à l'évêque
VIES DES SAINTS. — TOME IV. 23
saint Bain de tout ce qui s'était passé. D'autres supposent au contraire que saint Erkembode était originaire de la Morinie, et que sa piété et son zèle pour le service de Dieu l'avaient porté à se faire en quelque sorte le guide et le compagnon des saints Lugle et Luglien dans cette contrée.
Quoi qu'il en soit de ces premières années de saint Erkembode, et des questions qui s'y rattachent, les biographes sont unanimes à nous le représenter vivant dans le monastère de Sithiù, sous la conduite de saint Bertin, et travaillant, avec un zèle admirable, à marcher sur ses traces dans la pratique des vertus monastiques. Il y fit de si rapides progrès, que tous les suffrages des frères se prononcèrent en sa faveur, quand il fut question de donner un successeur à ce saint Abbé, qui venait d'expirer sous ses yeux. Saint Erkembode gouverna donc cet important monastère après Eriefride et Rigebert, lesquels avaient été, du vivant de saint Bertin, chargés de le remplacer dans les fonctions que son grand âge ne lui permettait plus de remplir entièrement.
Saint Erkembode exerça avec une admirable fidélité tous les devoirs que lui imposait sa nouvelle position. Il maintint l'exacte discipline qui avait fleuri jusqu'alors dans le monastère de Sithiù, il donna par ses exemples et ses discours le goût de la vertu et de la perfection, pourvut aux besoins de sa nombreuse communauté, et la défendit avec prudence et sagesse contre les entreprises des hommes violents, qui, à cette époque surtout, portaient souvent le trouble dans la paisible retraite des hommes de Dieu.
L'évêque de Thérouanne, Ravenger, successeur de saint Bain, étant mort dans ce temps, le clergé et le peuple élurent saint Erkembode pour le remplacer. Le Saint conserva néanmoins la direction de la communauté de Sithiù, dont tous les religieux lui étaient unis par les liens de l'affection la plus touchante et la plus sincère.
La conduite du nouveau Pontife répondit aux vœux des habitants de Thérouanne, et à la confiance que l'on avait dans sa vertu et sa prudence. Il se montra constamment le père des pauvres et des malheureux, le consolateur de tous ceux qui étaient dans la souffrance, et un véritable ministre de Jésus-Christ. L'œuvre de saint Omer fut par lui continuée avec succès, et le pays des Morins se couvrit de plus en plus d'églises, où les peuples se réunissaient pour adorer Dieu, de monastères où beaucoup venaient se dévouer pour toujours à son service. Tout le temps de l'épiscopat de saint Erkembode fut consacré à cette œuvre sainte. Les fruits de salut qu'elle produisit se multiplièrent rapidement, et achevèrent de donner à cette terre autrefois inculte et sauvage, une physionomie toute chrétienne qu'elle a de tout temps fidèlement conservée. « Après donc que le bon et prudent serviteur de Dieu, Erkembode, eut bien géré durant sa vie l'argent de son seigneur, et qu'il eût travaillé avec persévérance dans la vigne où le céleste père de famille l'avait conduit, le soir de sa vie approchant, il fut appelé par le Seigneur pour recevoir le denier de la récompense suprême, et changer par un heureux commerce les biens terrestres pour les biens célestes, les choses périssables pour les éternelles ».
Erkembode mourut le 12 avril de l'année 742, après avoir gouverné son diocèse l'espace de vingt-six ans. Son corps fut déposé par les soins du peuple dans l'église de Notre-Dame, à Saint-Omer, devant l'autel principal de la sainte Mère de Dieu. De nombreux miracles s'opérèrent auprès de ce tombeau, et les pieuses libéralités des fidèles envers leur Patron se multiplièrent à tel point, qu'elles suffirent pour réparer cette église déjà ancienne, et même pour en bâtir une seconde.
« On voit encore aujourd'hui, rapporte le légendaire de la Morinie, la tombe de saint Erkembode, dans l'église Notre-Dame de Saint-Omer. Elle est au fond de la croisée du côté de l'évangile ou du nord, appuyée contre le chœur, élevée sur deux figures de lions. Elle a la forme d'un carré long, sans ornements, grossièrement taillée dans un bloc énorme de grès, et recouverte d'une autre large pierre ».
« Cette tombe vénérée porte les marques évidentes de la pieuse dévotion de nos aïeux ; en plusieurs endroits, en effet, le grès, malgré sa dureté extrême, se trouve assez profondément usé, résultat du passage d'une longue suite de générations de fidèles qui venaient se frotter avec confiance contre cette pierre pour se délivrer de leurs maux corporels ».
Les reliques de ce saint Évêque, qui avaient échappé aux persécutions de 1793, ajoute M. Parenty, chanoine d'Arras, continuent d'être honorées dans l'église de Notre-Dame. Mgr de la Tour-d'Auvergne-Lauraguy en a reconnu l'authenticité.
Cette vie est extraite de la Vie des Saints de Cambrai et d'Arras, par M. l'abbé Destembes.