Saint Firmin de Verdun

Évêque de Verdun

Fête : 4 mai 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque de Verdun au Ve siècle, saint Firmin se distingua par sa charité durant une famine. Il mourut en 486 au moment où les Verdunois se révoltaient contre Clovis, mais il inspira depuis le ciel la clémence du roi envers la ville. Ses reliques furent transférées à Flavigny en 964.

Biographie

SAINT FIRMIN, ÉVÊQUE DE VERDUN (486).

Ce saint prélat naquit à Toul. La terre de Flavigny, sur Moselle, faisait partie du domaine de sa famille. Il devint évêque de Verdun et gouvernait cette ville lorsque Clovis revint en vainqueur de Tolbiac. Les Verdunois essayèrent de se révolter contre les Francs auxquels ils obéissaient depuis quelque temps. Ils choisirent, pour exécuter leur complot, le moment où saint Firmin, atteint de la maladie dont il mourut, était hors d'état de s'opposer à une entreprise insensée. Il rendait le dernier soupir lorsque les Francs vainqueurs étaient sur le point de forcer les portes de la cité. Sa mort jeta la consternation dans la ville qui, privée tout à coup de son plus puissant défenseur, confia au prêtre saint Eospice la délicate mission d'aller implorer la clémence du roi. Saint Firmin qui, du haut du ciel, veillait sur son troupeau, inspira au vainqueur de pardonner : Clovis entra pacifiquement dans la ville.

De son vivant, saint Firmin avait, pendant une grande famine, nourri son troupeau du blé que, par une sage prévoyance, il avait accumulé dans les greniers de l'église. Un noble bourguignon lui en envoya même acheter une quantité suffisante pour faire subsister quatre mille personnes.

Le corps du saint évêque, d'abord inhumé dans l'église des saints apôtres Pierre et Paul, resta ignoré de longues années. Enfin il fut révélé en 964, époque à laquelle il fut transféré dans l'ancien domicile de sa famille, à Flavigny, sur Moselle, où on le vénère encore aujourd'hui dans l'église paroissiale.

Roussel, *Histoire de Verdun*, notes locales.

## Saints du nom de Florian :

Saint Florian, guerrier romain, martyrisé et honoré en Autriche, etc. ;

Saint Florian, martyr romain : c'est probablement celui dont le pape Lucius III donna les reliques à la Pologne ;

Saint Florian dont les reliques furent apportées à Vicence en 1299 ;

Saint Florian dont le corps fut découvert, en 1411, sur le bord de la rivière d'Esine, dans le Picenum (Marche d'Ancône) ;

Saint Florian et ses quarante compagnons, honorés à Bologne, et dont les corps furent apportés de Palestine ;

Saint Florian honoré à Venise ;

Saint Florian dont les reliques furent apportées à Munster avec celles de saint Victorien et brûlées par les Anabaptistes. Il serait un peu fort, disent les Bollandistes se corrigeant eux-mêmes dans leur supplément, de supposer que les reliques entières d'un seul Florian se trouvent en tant d'endroits à la fois. La célébrité du plus ancien d'entre eux aura amené les Polonais, les Italiens, les Westphaliens à croire que leurs reliques respectives ne devaient pas provenir d'un autre que de celui qui avait souffert en Autriche (I. vii de mai, p. 563).

Quant à la légende du saint Florian de Rome, qui est en réalité celui que les Polonais honorent en le prenant pour celui d'Autriche, nous en rapporterons le fruit suivant : elle raconte qu'en entrant dans la crypte où reposaient plusieurs corps saints, le pape Lucius III demanda quel était celui d'entre eux qui désirait aller en Pologne ; que saint Florian, soulevant le couvercle de son tombeau, étendit son bras au dehors, comme pour dire : « C'est moi ». *Ecce ego odium.* — Cf. Père Cahier.

SAINT ANTOINE DU ROCHER.

SAINT ANTOINE DU ROCHER (VIe siècle).

Saint Antoine appartient au diocèse de Tours par sa vie et par sa mort. Il vint en France vers l'an 542, et fut probablement l'un des cinq Apôtres de la vie monastique, que saint Benoît avait envoyés dans notre patrie, sous la conduite de saint Maur. Antoine et trois de ses compagnons, Constantinien, Simple et Fauste, se rendirent d'abord au Mans, où l'évêque de cette ville, saint Innocent, les avait appelés. Ils établirent à Glanfouil un monastère qu'ils dédièrent à saint Martin. Antoine ne s'y arrêta que très-peu de temps; il était désigné pour Tours, et il vint y fonder la célèbre abbaye de Saint-Julien.

Pendant plusieurs années, il en fut le premier abbé et il lui donna son nom qu'elle porta pendant longtemps, comme nous le voyons par des lettres datées de 940, dans lesquelles on appelle ce monastère le monastère de Saint-Julien ou de Saint-Antoine. Il y fut un modèle de toutes les vertus. Ce qu'il enseignait, il le pratiquait, dit une chronique du monastère de Saint-Julien; mais, attiré invinciblement par l'attrait de la solitude, il méprisa les joies du monde, il aima d'un grand amour la pauvreté et il fut le possesseur de nombreuses richesses sans jamais y attacher son cœur. Il se retira à quelques kilomètres de Tours, dans un lieu charmant et paisible et entouré de tous côtés par des forêts. Caché dans la caverne d'un rocher, qui n'avait guère plus de quatre pieds en largeur, en profondeur et en élévation, le pieux serviteur de Dieu y servait Dieu assidûment : *Deo ipsi servus serviebat assiduus*. Seul avec Dieu seul, Antoine se sanctifia dans cette solitude, lutta contre le démon et contre lui-même, puis il s'endormit dans le Seigneur plein de mérites et de vertus.

Peu de temps après sa mort, ses restes furent transportés par les moines de Saint-Julien dans leur abbaye, et plus tard ils furent exposés à la vénération des fidèles sur le maître-autel de cette église, où ils demeurèrent jusqu'en 1562, époque où les calvinistes dépouillèrent toutes nos églises et brûlèrent les reliques de tous nos Saints. Quand des jours plus paisibles furent rendus à l'église de Tours, les moines de Saint-Julien réclamèrent et obtinrent du curé de Saint-Antoine du Rocher une partie des reliques de leur saint Abbé, qu'il possédait encore; ils les reçurent avec un grand respect et les renfermèrent dans une boîte d'argent qui fut placée entre les bras d'une statue du Saint également en argent.

L'église de Saint-Julien conserva ces reliques jusqu'à la grande tourmente de 93, où l'esprit du mal, déchaîné sur le monde, fit aux Saints de Dieu une guerre telle que l'Église n'en avait point connue depuis les grandes persécutions païennes. Aujourd'hui l'église de Saint-Julien ne possède plus que le souvenir de ce grand Saint, fondateur de son monastère.

Mais la grotte où le Bienheureux mourut est toujours l'objet d'un pieux et touchant pèlerinage. Sur la ligne du chemin de fer qui conduit au Mans, arrêtez-vous à Saint-Antoine du Rocher et rendez-vous pieusement à cette grotte où vécut et mourut saint Antoine. Peu de temps après la mort du Saint, deux autels y furent élevés : on voit encore une fontaine près de laquelle, dit une chronique du XIe siècle, jamais aucune femme n'approcha : une d'elles ayant voulu braver la défense, fut frappée de mort. À la Révolution de 93, cette grotte fut pillée, profanée et elle devint l'asile des bêtes immondes. En 1542, le pieux et bon prêtre, M. l'abbé Gervais, qui desservait cette paroisse, fut assez heureux pour arracher à la profanation cette grotte, témoin de tant de vertus. Il la fit restaurer, et, à sa prière, Mgr Morlot, alors archevêque de Tours, vint la bénir solennellement. À l'endroit où la tradition veut que le Saint ait rendu le dernier soupir, il fit placer une belle statue, œuvre d'Avisseau père, et représentant le Saint étendu sur une natte, tenant la croix dans ses mains et les yeux levés vers le ciel qui va bientôt devenir sa récompense. Le pèlerinage, qui n'avait jamais été complètement interrompu, a reçu un nouvel essor, et l'on vient souvent de bien loin implorer la protection du saint Solitaire.

L'archéologue et le curieux vont sur cette paroisse de Saint-Antoine du Rocher admirer un monument druidique, qui peut exercer leur imagination et aiguiser leur curiosité, mais qui ne dit rien à leur cœur; nous les engageons à faire quelques pas de plus et à visiter le rocher de Saint-Antoine : ils ne regretteront pas leur course.

L'abbé Rolland, chanoine, humaniste, aumônier du Pensionnat des Frères des Écoles chrétiennes de Tours.

Date de fête

4 mai

Époque

5ᵉ siècle

Décès

486