Saint Udaut (Ubaut)

Prêtre et Martyr, Apôtre des Huns et des Pyrénées

Fête : 11 mai 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Prêtre d'origine italienne converti par l'ermite Pancrace, Udaut évangélisa les Huns sur le Danube avant de revenir dans les Pyrénées. Après avoir survécu miraculeusement aux supplices du knout et du plomb fondu, il fut martyrisé à Ax en 452 par les Ostrogoths. Son corps, d'abord honoré en Ariège, fut transféré à Ripoll en Catalogne au Xe siècle.

Biographie

S. ADELPHE, S. PHILADELPHE ET S. CYRIN, MARTYRS,

Sainte THÈCLE, Sainte JUSTINE, Vierges, et Sainte ISIDORA (vers 255-260).

La ville de Lentini, en Sicile (Leontium), vit naître Thècle et Justine : elles étaient cousines-germaines et appartenaient à des familles aussi nobles que pieuses. La mère de Thècle, Isidora, qui a mérité par sa vie pure d'être honorée comme Sainte, les éleva toutes deux ensemble dans la crainte et l'amour de Dieu. Cette femme, supérieure aux faiblesses trop communes des mères même chrétiennes, sut inspirer à ces deux jeunes filles un amour sincère de la virginité. Thècle perdit de bonne heure cette tendre mère ; mais les deux cousines étaient prêtes au grand combat de la vie. Demeurées héritières de grands biens, elles vécurent dans un strict esprit de pauvreté, usèrent de leurs revenus pour le soulagement des pauvres et notamment des chrétiens persécutés pour la foi, les soignant dans les prisons, rachetant leurs corps après le supplice et leur procurant une sépulture digne des membres de Jésus-Christ.

Le Seigneur, qui mesure les épreuves au degré de sainteté auxquelles il veut élever les âmes qu'a choisies sa droite, permit que Thècle tombât dans une paralysie qui dura six ans et que Justine perdit un œil par accident ; mais Dieu, qui ne châtie que pour récompenser, devait, dès ce monde, manifester sa puissance en leur faveur. — Les intrépides confesseurs de la foi, Adelphe, Philadelphe et Cyrin étant venus, en un moment où la persécution s'était ralentie, visiter et consoler les deux vierges, se mirent pour elles en prières, et, armés de la confiance en Dieu, les marquèrent du signe de la croix. Par une de ces merveilles auxquelles la prière des martyrs avait accoutumé les chrétiens, les yeux de Justine s'ouvrirent et les membres de Thècle revinrent à la vie.

Les deux vierges reprirent dès lors, avec une ardeur nouvelle, le cours de leurs bonnes œuvres : elles eurent à soulager en particulier leurs bienfaiteurs qui passèrent deux années entières en prison avant de subir le glorieux supplice qui devait les envoyer au ciel. L'un mourut par le glaive et les deux autres par le feu. Justine et Thècle recueillirent pieusement leurs corps qui avaient été jetés à l'eau et les ensevelirent avec vénération. Dénoncée pour ce fait même à Tertulle, ce féroce gouverneur qui fit tant de victimes en Sicile, Thècle comparut devant lui : mais Dieu ne voulait pas encore priver la terre de cet appui des chrétiens et des pauvres. Tertulle mourut et Thècle fut remise en liberté. Toujours de moitié dans ses bonnes œuvres avec sa sainte coopératrice Justine, elle travailla à l'œuvre de Dieu par tous les moyens dont peut disposer une femme ; elle fournissait à la subsistance des ministres de l'autel, élevait des églises et des oratoires, propageait le culte de la Mère de Dieu ; elle obtint même l'érection d'un évêché à Lentini et pourvut à sa dotation. Justine et Thècle, parvenues toutes deux au terme de leur carrière et de leurs bienfaits, reçurent, de la part des trois frères martyrs, l'avertissement de se préparer : un mois après, elles étaient dans le ciel du nombre des épouses de l'Agneau sans tache.

Les saints Adelphe, Philadelphe et Cyrin sont, après Notre-Dame, les patrons de Lentini. Les Italiens appellent saint Adelphe saint Albo.

Nous n'avons trouvé nulle part des traces du culte de sainte Isidora, de sainte Justine et de sainte Thècle.

S. GORDIEN, S. ÉPIMAQUE, Sainte MARINE, S. JANVIER, MARTYRS

(362).

Julien, surnommé l'Apostat, ne voulant pas, à son avènement à l'empire, se priver entièrement de la réputation de prince débonnaire, dissimula quelque temps la haine qu'il avait contre les chrétiens. Mais, quoiqu'il ne se déclarât pas ouvertement leur ennemi, il faisait cependant exécuter contre eux toutes sortes de cruautés par ses lieutenants, envoyant pour cela, dans les provinces, ceux qu'il savait être les plus grands ennemis de la foi, afin que les excès qu'ils commettraient fussent plutôt imputés à leur haine particulière qu'aux ordres qu'il aurait pu leur donner. Gordien fut un de ces juges, et Julien lui donna le vicariat de la ville de Rome, sous le préfet Apronien, afin qu'il pût contenter la haine qu'il avait contre les fidèles. Il y avait alors dans les prisons un vénérable prêtre, nommé Janvier, avec qui ce juge lia souvent des entretiens. Dieu lui toucha enfin le cœur par son ministère : il ouvrit les yeux aux rayons de la lumière divine et résolut de se faire chrétien ; il fut baptisé par Janvier, avec Marine, sa femme, et cinquante-deux personnes de sa famille. Clémentien, tribun du peuple, l'ayant su, en informa aussitôt l'empereur, qui cassa Gordien et donna sa charge au dénonciateur. Celui-ci, étant devenu juge de Gordien, le fit amener devant lui, lui reprocha son ingratitude envers l'empereur et lui fit de grandes menaces s'il ne consentait à sacrifier aux idoles. Gordien demeura ferme et inébranlable dans sa foi, se moquant de Julien et de ses faux dieux. Clémentien le fit fouetter avec une cruauté indigne, non-seulement d'un citoyen romain, mais même d'un barbare et d'un scythe ; il lui fit briser les os avec des cordes plombées, et, lui ayant fait trancher la tête, il ordonna que son corps fût exposé sur les grands chemins, avec défense de lui rendre les devoirs de la sépulture. Cependant la Providence divine permit qu'il fût gardé par les chiens. Il fut cinq jours en cet état, au bout desquels un domestique de Gordien, assisté de quelques chrétiens, l'enleva la nuit et l'enterra dans le même caveau où l'on avait déposé celui de saint Épimaque.

Saint Épimaque avait souffert le martyre à Alexandrie, vers 250, avec un autre chrétien nommé Alexandre. On les jeta d'abord tous deux dans une affreuse prison ; on les en retira ensuite pour les fustiger et leur déchirer les côtés. Enfin ils furent brûlés dans la chaux vive. Les reliques de saint Épimaque furent apportées d'Alexandrie à Rome. Elles sont aujourd'hui avec celles de saint Gordien, au diocèse d'Angabourg, dans l'abbaye de Kempten, qui fait partie du royaume de Bavière.

L'Église joignant dans son office cet autre Bienheureux à saint Gordien, nous croyons devoir ajouter un mot en passant. Plusieurs martyrologes le font actif de Rome, et mettent son supplice en cette capitale du monde, de même que celui de saint Gordien. Mais le Bréviaire et le martyrologe romain portent qu'il endura la mort à Alexandrie, ainsi que nous venons de le dire, et qu'y ayant été consumé par le feu, ses cendres furent apportées à Rome par les chrétiens et déposées dans la grotte où le corps de saint Gordien fut depuis enseveli.

Pour ce qui est de Marine, femme de saint Gordien, elle fut condamnée par ignominie à labourer la terre dans un lieu appelé autrefois Aquæ Salviæ, et aujourd'hui les fontaines de saint Paul, elle y finit ses jours en la confession de Jésus-Christ. Quant à saint Janvier, il fut marqué au visage par infamie ; le reste de ses supplices et le genre de sa mort nous sont inconnus.

Voilà tout ce que l'on sait du martyre de saint Gordien, dont il est fait mémoire dans tous les martyrologes, avec saint Épimaque, le 10 mai. Le cardinal Baronius en parle en cet endroit et dans le quatrième tome de ses Annales, où il ne manque pas de remarquer l'erreur de plusieurs auteurs qui décrivent ce martyre comme s'il se fût passé en présence de Julien, quoique cet empereur n'ait jamais été à Rome durant son règne.

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SAINT MATHURIN DE MONTCHAUDE.

Le 21 février 1872, M. Gayraud, curé de Montchaude, canton de Barbézieux (diocèse d'Angoulême), a eu la bonté de nous adresser sur saint Mathurin les renseignements qu'on va lire :

« Saint Mathurin, honoré à Montchaude, est l'objet d'un pèlerinage immémorial. Tous les ans, le 10 mai, on voit arriver, dès les premières heures du jour, de nombreux étrangers, dont plusieurs

MARTYROLOGES. 445

ont fait quelquefois, à pied, plus de dix lieues, dans l'espoir d'obtenir, pour eux-mêmes ou pour ceux qui leur sont chers, des faveurs spirituelles ou corporelles. Depuis neuf ans que j'exerce le saint ministère dans cette paroisse, j'ai toujours vu une grande affluence en ce jour. Jamais l'église n'a pu contenir la foule. Je ne puis évaluer à moins de quatre mille, le nombre des personnes qui, en 1866, se rendirent à cette cérémonie. Cette année-là, la fête de notre Saint coïncidait avec la fête de l'Ascension. Dès six ou sept heures du matin, des pèlerins se rendent à l'église pour faire bénir soit des objets de piété, soit de petits pains, du vin, des gâteaux, etc., etc., ou pour faire dire sur eux des Évangiles. À neuf heures, la procession s'organise et se dirige en chantant les litanies des Saints, vers le tombeau du Saint, qui s'élève en forme d'autel, surmonté d'une croix de pierre, au milieu d'un petit bois, à une distance d'un kilomètre environ de l'église. Là, on chante l'antienne *Hic vir*..., tirée de l'office d'un confesseur non pontife, suivie du verset et de l'Oraison. Après la bénédiction des divers objets déposés sur le tombeau et l'offrande, pendant laquelle on offre à baiser, à tous ceux qui y prennent part, un tableau représentant un religieux solitaire, la procession reprend le chemin de l'église, où l'on célèbre immédiatement la messe *Os Justi*, d'un confesseur non pontife, autorisée par l'Ordinaire. La messe chantée, il y a bénédiction des objets qui sont présentés, lectures d'Évangiles et la cérémonie est terminée.

- « Ce n'est pas seulement le 10 mai que le tombeau de saint Mathurin attire des pèlerins, il est encore visité dans le cours de l'année ; on y trouve quelquefois des ex-voto et on y voit des cierges allumés pendant la nuit. La tradition ne dit pas si le tombeau a jamais été ouvert pour examiner l'état des reliques du Saint.

« Malgré mes recherches, je n'ai pu rien trouver d'écrit sur la vie de saint Mathurin de Montchaude, ni sur l'origine de son culte. La tradition ne dit rien de précis, non plus, ni sur sa vie, ni sur l'époque de sa vie. On prétend qu'il habitait un village, voisin de son tombeau, qui existe encore aujourd'hui et qu'on nomme Chez Maran. Après une vie sainte et solitaire, son corps aurait été déposé à l'endroit où s'élève le pauvre monument dont j'ai parlé. Son culte ne peut s'expliquer sans l'existence de faits merveilleux qui auront éclaté pendant sa vie et surtout après sa mort et qui se renouvellent encore de temps en temps. J'ai été témoin moi-même de quelques guérisons étonnantes, à l'occasion des neuvaines faites à saint Mathurin. Monsieur le curé de Sainte-Lheurine (Charente-Inférieure), m'a raconté qu'une de ses paroissiennes, que ses parents avaient été obligés de monter et de conduire sur une charrette, avait été subitement guérie le jour de la Saint-Mathurin, et qu'elle avait pu s'en retourner à pied. J'ai vu cette personne deux ou trois fois à Montchaude, le 10 mai. Elle venait communier et visiter le tombeau de saint Mathurin en actions de grâces ».

Notes locales.

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## XI JOUR DE MAI

### MARTYROLOGE ROMAIN.

A Rome, sur la voie Salaria, la fête de saint Anthime, prêtre, qui, après une vie pleine de vertus et de prédications merveilleuses, fut précipité dans le Tibre, pendant la persécution de Dioclétien, et en fut retiré par le secours d'un ange qui le rapporta dans son oratoire ; il eut ensuite la tête tranchée, et s'envola victorieux dans le ciel. IVe s. — Le même jour, saint Évelle, martyr, de la maison de Néron, qui, voyant la constance de saint Torpès dans ses tourments, crut en Jésus-Christ, pour lequel il fut aussi lui-même décapité. — À Rome encore, les saints martyrs Maxims, Bassus et Fabius, exécutés sous Dioclétien sur la voie Salaria. 304. — À Camerino, les saints martyrs Anastase et ses compagnons, qui furent mis à mort dans la persécution de Dèce, sous le gouverneur Antiochus. — À Quimo, dans la Marche d'Ancône, les saints martyrs Sisinnius, diacre, Dioclès et Florent, disciples de saint Anthime, prêtre, qui furent lapidés, et accomplirent ainsi leur martyre sous Dioclétien. — À Varennes, saint GENGOLL, martyr. 760. — À Vienne, saint

MAMERT, archevêque, qui, pour détourner un fléau qui menaçait son peuple, institua dans sa ville trois jours de litanies solennelles avant la fête de l'Ascension de Notre-Seigneur, que l'Église universelle a depuis reçues et approuvées. Vers 477. — À Souvigny, saint MAYEUL, abbé de Cluny, dont la vie fut illustrée par de saintes actions. 594. — À San-Severino, dans la Marche d'Ancône, saint Illuminé, confesseur. — À Grotaglia, bourg du diocèse de Tarente, saint FRANÇOIS DE GIROLAMO, confesseur, de la Compagnie de Jésus, homme d'une charité et d'une patience merveilleuses pour procurer le salut des âmes, que Grégoire XVI a mis au nombre des Saints ; sa fête se célèbre à Naples avec un grand concours de peuple, dans l'église de la maison professe de la Compagnie où son corps repose. 1716.

## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

A Agen, fête de saint Eutrope, évêque de Saintes. Le Propre d'Agen place la mission de saint Eutrope au 1er siècle. — À Ax, dans le diocèse de Pamiers, saint UBAUT, prêtre et martyr, dont le corps a été transféré à Ripoll, en Catalogne. 452. — À Scos, sainte Lissière ou Lèthère, vierge et martyre, dont les reliques reposaient dans l'église de Saint-Pierre-le-Vif. — À Metz, les saints évêques Ruf et Agatombre. Ruf fut le neuvième et Agatombre le vingtième évêque de Metz. Originaire de la Grèce, Agatombre passa d'abord en Italie d'où la persécution du roi goth, Théodore, le chassa. S'étant retiré à Metz, ses vertus le firent donner pour successeur à l'évêque Gramatius. Il travailla à orner sa cathédrale et mourut saintement. Ses restes allèrent dormir dans la crypte de Saint-Clément (530). Quant à saint Ruf, il est mentionné au Martyrologe romain le 7 novembre. — À Séez, saint Milchard, évêque. — Au monastère de l'Esterp, dans le diocèse de Limoges, saint GAUTIER, chanoine régulier et abbé, qui brilla par ses vertus et ses miracles. 1570. — En Hainaut, saint Waubert et sainte Bertille, père et mère de sainte Waltrude et de sainte Aldegonde. 1160. — En Dauphiné, la translation du corps de saint Antoine le Grand, de Constantinople, au bourg qui porte son nom, où fut bâtie en son honneur une célèbre commanderie, chef-lieu de toutes les maisons de son Ordre. — À Pontigny, le bienheureux Guy, frère aîné de saint Bernard, qui le vit à sa mort allant jouir de l'éternité bienheureuse. — À Tours, la fête de la Protection de cette ville par saint Martin. — À Amiens, la fête de saint Ache et saint Achaul, dont l'entrée au ciel est marquée le 1er mai. — À Blois, la fête de saint Béat ou Bié, nommé au Martyrologe romain le 9 de ce mois. — À Montpellier, la fête de saint Ponce de Thonières, nommé au Martyrologe romain le 14. — À Reims, la fête de saint Gibrien, déjà nommée le 8 de ce mois. — À Verdun, la fête de saint Pussecœur, qui succéda à saint Puichrone. Contemporain des invasions françaises, vandales et hunniques, il consola son peuple dans ces jours de la colère céleste, en mêlant ses larmes aux siennes, en l'entraînant aux pieds des autels et en versant l'aumône dans le sein des pauvres. Son corps, d'abord déposé dans l'église de Saint-Pierre et de Saint-Paul, est aujourd'hui vénéré dans sa cathédrale. Fin du Ve s. — À Croix-Gente ou Gentille, près de Montendre, dans le diocèse de la Rochelle, bénédiction, en 1862, du nouveau sanctuaire destiné à recevoir la statue de Notre-Dame de Pitié. Ce sanctuaire, ruiné à l'époque des guerres de religion, fut entièrement rasé à l'époque de la Révolution. Suivant les récits populaires, la fondation de la chapelle est due à un fait touchant. Un père, qui avait eu la douleur de perdre son enfant, fit vœu de bâtir une chapelle à l'endroit même où l'enfant serait retrouvé. La Mère divine eut pitié de ce pauvre père et lui rendit son fils dans l'endroit où vient d'être rebâtie la chapelle de Croix-Gente.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

Martyrologe des Chanoines réguliers. — Chez ceux de Latran, saint Gautier, abbé du monastère de l'Esterp...

Martyrologe des Bénédictins. — Saint Pierre, martyr, mentionné le 29 avril.

Martyrologe des Cisterciens. — Au monastère de Bellevaux, au diocèse de Besançon, saint Pierre, de l'Ordre de Cluny, qui, d'abbé du monastère de Tamié, en Savoie, devint archevêque de Tarentaise, et qui, comblé de toute espèce de mérites, s'en alla au ciel le 14 septembre 1174.

Martyrologe des Dominicains. — À Cracovie, en Pologne, saint Stanislas.

Martyrologe des Franciscains. — Saint Georges, martyr, dont l'Église célèbre la fête le 23 avril.

SAINT UDAUT, PRÊTRE ET MARTYR.

Martyrologe des Mineurs conventuels. — À Recanati, dans la Marche d'Ancône, le bienheureux Bienvenu Harene, confesseur, de l'Ordre des Mineurs, remarquable par son admirable piété et par l'éclat de ses miracles. Le pape Pie VII confirma le culte immémorial de ce saint homme, et permit de célébrer sa fête avec l'office de la messe : sa bienheureuse mort arriva le 5 de ce mois.

Martyrologe des Carmes. — À Randazio, en Sicile, la fête du bienheureux Aloysius Rabata, de l'Ordre des Carmes, admirable par sa régularité, sa charité et l'amour de ses ennemis. 1490.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

Au monastère de Saint-Lambert, en Styrie, la translation des saints martyrs romains Cyrille, Éleuthère, Marcien et Dorothée, qui eut lieu en 1650. — À Constantinople, saint Lucius, prêtre et martyr, qui fut mis à mort de la façon la plus cruciale pour avoir renversé une idole de Bacchus en faisant le signe de la croix. Constantin le Grand fit élever une église qui lui était dédiée. C'est dans cette église que fut lue la condamnation de Nestorius. — À Altius, en Italie, saint Négatien, prêtre, dont l'éloge a été écrit par saint Jérôme, qui lui était très-attaché. Vers 396. — En Angleterre, saint Frémond, roi d'une portion de cette contrée et martyr. Vers le VIIIe s. — À Naples, le bienheureux Nicetas, ermite, qui fut tué dans cette ville par un des serviteurs de Marie, reine de Jérusalem, de Sicile et de Hongrie, que la princesse chargeait du soin de porter ses aumônes au saint ermite. 1318. — À Zell, près de Worms, dans le Palatinat, saint Philippe, ermite. Anglais de naissance, il quitta sa patrie et fit un pèlerinage à Rome. Il vint ensuite s'établir, près de Worms, en un village qui, après sa mort, s'appela Zell en Celulile. Ses restes mortels ont été conservés, dans l'église de Zell, jusqu'en 1531 ; sa fête se célébrait le 11 mai dans l'ancien évêché de Worms, comme elle se fait encore aujourd'hui dans le nouveau diocèse de Spire. L'ermitage de Zell fut, au XIIe siècle, changé en un prieuré dépendant de la riche abbaye de Hornbach, près de Deux-Ponts. Au XIIIe siècle, le prieuré fut érigé en collégiale, et, au XIVe, il se forma une Confrérie en l'honneur de saint Philippe, dont les riches revenus furent, à l'époque de la Réforme, incorporés par Jules II à l'Université d'Heidelberg. Saint Philippe de Zell vivait au VIIIe siècle.

## SAINT UDAUT, PRÊTRE ET MARTYR,

## APÔTRE DES HUNS DU DANUBE ET DES VALLÉES PYRÉNÉENNES DE L'ARIÈGE

452. — Pape : Saint Léon le Grand. — Empereurs d'Occident : Honorius ; Valentinien III.

Que ceux qui ont la charge des âmes ne craignent point les dangers de leur mission ; qu'ils se disent comme l'Apôtre : Malheur à moi, si je garde le silence. *I Cor.*, ix, 17.

Au centre de la vallée de la haute Ariège, sillonnée par la limpide rivière que les généraux romains avaient nommée Aurigera, que les Wisigoths et les Francs, qui y dominèrent après eux, appelèrent Arrega, d'où vient, par corruption, le nom d'Ariège, à sept kilomètres en aval d'Ax, on voit se détacher, du flanc de la montagne, une tour massive, quadrangulaire, percée de plusieurs rangs de baies géminées dont la construction, sans ornements et d'un style assez primitif, annonce seule l'antiquité. C'est là le clocher du vieux prieuré d'Unac. Cette tour, encore solide et pleine de vie, devint, il y a déjà presque huit cents ans, le clocher d'une nouvelle église qui lui fut accolée après la destruction de la première. Cette nouvelle église, nonobstant ses petites dimensions, attire, plus que la vieille tour de son clocher, l'attention des touristes, par ses proportions et ses orne-

nomenclatures architecturales, et a mérité d'être classée parmi les monuments dont le gouvernement français protège la conservation.

Ce vieux monument de deux époques apparaît entouré d'une agglomération de pauvres habitations, qu'on nomme le village d'Unac.

C'est pendant les conquêtes de Charlemagne sur les Sarrasins, pendant l'organisation des Marches, par lui-même ou par ses lieutenants, complétée sous le gouvernement de son fils Louis le Débonnaire, régnant à Toulouse sous le titre de roi d'Aquitaine, c'est-à-dire depuis 778 jusqu'à 812, que fut fondé le prieuré d'Unac.

Unac se trouve à quelque distance d'Ax, la ville aux trente-neuf sources thermales, dont le martyre de saint Udaut illustre les murs.

Saint Udaut, lisons-nous dans les vieilles Chroniques résumées par le pieux abbé Authier, curé d'Unac, vint au monde l'année 405. Il mourut martyrisé pour la foi de Jésus-Christ le 11 du mois de mai 452, à Ax-sur-l'Ariège, aujourd'hui ville de France au diocèse de Pamiers, et alors ville du diocèse de Toulouse, dans l'ancienne province romaine de la Septimanie Narbonnaise, royaume des Wisigoths, sous le règne de Thorismon.

Revêtu du caractère sacerdotal, saint Udaut exerça le ministère apostolique principalement dans cette partie des Pyrénées qui s'élèvent dans les diocèses d'Elne, (aujourd'hui de Perpignan), du Vic-d'Ausonne, (aujourd'hui de Vich), d'Urgel et de Toulouse, travaillant avec zèle à la conversion des païens qui existaient en grand nombre dans ces contrées, encourageant les fidèles catholiques, persécutés par les Wisigoths ariens, maîtres de ce pays ; et il y souffrit le martyre dans l'accomplissement de ces saints devoirs, par la main des rois ostrogoths de l'armée d'Attila, qu'il avait déjà évangélisés avec les Huns dans leurs campements des provinces romaines sur les bords du Danube.

Saint Udaut naquit en Italie, d'une de ces nobles familles païennes des barbares, qui, combattant depuis longtemps sous les généraux de l'empire romain, y avaient obtenu des terres, et avaient servi à l'empereur Honorius, pour arrêter, sous le commandement de Stilicon, Vandale dont il avait épousé la fille, une armée de deux cent mille Goths, dans les montagnes de la haute Italie. Pendant qu'Udaut se formait, dans son adolescence, à la vie dure des camps par les exercices de la chasse, il fut conduit un jour auprès d'un saint ermite du nom de Pancrace, par une biche qu'il voulait percer de ses traits. La bête des bois, vivement pourchassée, était venue se blottir aux pieds du Saint, comme le chien du chasseur lorsqu'il est surpris et poursuivi par le loup altéré de son sang. À la vue du saint ermite, qui l'accueillit avec bonté, Udaut, bien loin de tuer la biche, fut frappé comme d'une vision miraculeuse. Tout ce qu'il avait appris de la religion chrétienne avec les enfants de son âge dans leurs temples, lui revint à l'esprit : c'est Dieu qui l'appelle à lui. Fidèle à la grâce prévenante, il était disposé à faire la volonté du ciel. Il demande donc au saint ermite la permission de demeurer dans son ermitage, pour mieux s'instruire des vérités religieuses, et peu de temps après il reçut le baptême.

Devenu enfant de Dieu et de son Église, Udaut se consacra tout entier au service de l'un et de l'autre, mais il avait à faire son apprentissage. Il se faisait durement alors. Saint Pancrace eut le soin d'en avertir son disciple. Cependant cet ermitage dans l'Italie, si proche de la maison des parents idolâtres d'Udaut, ne parut pas au saint directeur un lieu sûr, pour protéger

SAINT UDAUT, PRÊTRE ET MARTYR.

son néophyte d'un jour. Il voulut le mettre à l'abri de la chair et du sang et des tentations de découragement. Les deux compagnons quittèrent leur solitude d'Italie, et étant arrivés sur le bord de la mer, saint Pancrace, montrant à Udaut une galère prête à mettre à la voile, lui demanda s'il persévérait dans ses promesses du baptême. Sur sa réponse affirmative, ils demandèrent passage dans ce navire et vinrent débarquer à sa destination, à Port-Vendres, non loin de l'ancienne ville épiscopale d'Elne.

C'était vers l'an 423. Les Wisigoths ariens, gouvernés alors par leur roi Théodoric Ier qui défendit si vaillamment Toulouse, sa capitale, contre le général romain Littorius, et fut tué plus tard dans la célèbre bataille des champs Catalauniques, en combattant contre Attila, étaient les maîtres de toute la partie orientale et centrale de la chaîne des Pyrénées. C'est là qu'Udaut passa les plus belles années de sa vie, ce fut là le théâtre de ses rudes pénitences et de ses premiers travaux dans la vie apostolique.

A peine les deux ermites furent arrivés dans les premières cavernes de ces montagnes, que les sentiments naturels du barbare commencèrent à se réveiller en Udaut : déjà il prenait en dégoût la vie contemplative ; il se repentait aussi d'avoir abandonné ses parents. Sans chercher trop longtemps à se faire violence, il avait même ouvert la cellule de saint Pancrace pour lui faire ses adieux, lorsqu'il trouva son directeur, averti dans l'oraison de ses découragements, adressant à Dieu de ferventes prières, pour lui obtenir la grâce de la persévérance. En même temps un coup de tonnerre se faisait entendre, une lumière brillante comme une étoile vint éclairer pendant longtemps la tête vénérable du vieil ermite. Terrifié par ce nouveau prodige, comme il avait été impressionné par la rencontre de la biche, le jeune homme fut incontinent guéri de ses illusions. Il se prosterna le visage contre terre pour demander pardon à Dieu et à son serviteur de son ingratitude et de la défaillance de sa foi. Ils s'enfoncèrent ensuite plus profondément dans le pays désert des montagnes, afin de s'y livrer à de plus intimes prières et à de plus rudes macérations.

Saint Pancrace, si rempli de l'esprit de charité, ne put habiter longtemps dans le voisinage des chaumières qui abritaient encore des indigènes païens sans travailler à leur conversion. Lorsqu'il fut plus connu avec son disciple, ce furent les habitants des villes qui accoururent en foule vers les solitaires des rochers. Eux-mêmes durent aussi leur porter les lumières et les consolations de la foi chrétienne, comme l'avait fait, parmi leurs ancêtres, saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, qui avait évangélisé cette contrée immédiatement après les Apôtres. Depuis, la foi ne s'était jamais éteinte dans ces montagnes, mais elle y avait peu d'adeptes. Udaut, de son côté, avec sa connaissance des idiomes barbares des Goths envahisseurs, s'employait activement auprès de ceux de cette nation pour le bien général.

Il est permis de croire que c'est pendant le cours de ces travaux que le saint directeur d'Udaut présenta son disciple à l'ordination sacerdotale. Est-ce à Lampius, évêque de Barcelone, qui avait déjà imposé les mains pour le sacerdoce à saint Paulin, évêque de Nole, ou à quelque autre évêque de la contrée ? le vieil historien du Saint ne nous l'apprend pas. Mais Salazar, un des écrivains de sa vie au dix-septième siècle, ne craint pas d'affirmer que notre Saint est mort prêtre et martyr, et c'est l'opinion de toutes les églises qui le vénèrent, puisqu'elles l'ont toujours représenté sur leurs autels revêtu des insignes de ce caractère sacré. Les fatigues apostoliques,

jointes à ses macérations, épuisèrent les forces de saint Pancrace. Tout plein de mérites, il s'endormit dans la paix du Seigneur.

Dès ce moment, l'esprit de foi qui enfante les prodiges passa du vieil ermite dans le cœur de son disciple, de même que l'esprit d'Élie passa dans le cœur du prophète Élisée, lorsqu'ils se séparèrent pour toujours sur les bords du Jourdain. Sous cette direction divine, saint Udaut voulut se préparer à de plus grands travaux, par un pèlerinage au tombeau de saint Saturnin dont il avait bien souvent invoqué la protection dans ses missions. Il avait aussi l'intention d'en obtenir des reliques des habitants de Toulouse, pour les offrir à la vénération reconnaissante des descendants des Espagnols qu'il avait enfantés à Jésus-Christ.

En arrivant à Toulouse, le prêtre missionnaire y apprit que les fidèles de cette Église, ayant perdu leur premier pasteur, saint Exupère, étaient toujours depuis empêchés par leurs rois wisigoths de lui désigner un successeur, quoiqu'ils n'eussent pas trop à souffrir, de leur part, de flagrantes persécutions, dans la crainte qu'avaient ces rois ariens de s'aliéner le cœur de leurs sujets catholiques. Il y fut reçu par le prêtre Jean et par ses compagnons dans le ministère sacré, Raymond et Vincent, qui dirigeaient les fidèles toulousains. Ces saints prêtres étaient venus à sa rencontre d'après un avertissement surnaturel. De son côté, saint Udaut reçut de Dieu le pouvoir de révéler aux fidèles de Toulouse combien il jouissait des faveurs célestes, en ressuscitant parmi eux un de leurs enfants mort, du nom de Profane.

Saint Udaut resta peu de temps dans la ville de Toulouse. Plusieurs de ses plus fervents chrétiens étaient à la veille d'aller visiter les Saints-Lieux de Rome; ils lui exprimèrent le bonheur qu'ils éprouveraient, s'il voulait se décider lui-même à les guider à travers les barbares qu'ils seraient exposés à rencontrer partout sur leur route. Leurs instances, jointes au désir qu'il avait souvent éprouvé de visiter les tombeaux de saint Pierre et de saint Paul, lui firent comprendre qu'il ferait la volonté de Dieu, en leur donnant cette satisfaction. Il partit de Toulouse et arriva dans la capitale du monde chrétien l'année 444.

La grande nouvelle du moment, la plus effrayante, c'était les progrès d'Attila avec une armée des plus formidables, dans la Mésie et la Pannonie, aux environs du Danube, marchant sur Constantinople et bientôt sur Rome. « Parmi les rois qui le suivaient comme des esclaves, il y en avait deux qu'Attila distinguait sur tous; c'étaient : Ardoric, roi des Gépides; l'autre, Valamir, roi des Ostrogoths, accompagné de ses deux frères Théodémir et Vidémir. Ces trois derniers princes, plus nobles que celui qu'ils reconnaissaient pour maître, étaient de la race des Amales, la plus illustre de la nation gothique. Valamir se rendait recommandable par sa discrétion, par sa douceur et par une franchise qui, jointe à la bravoure, forme le vrai caractère des héros ! ». Par cette citation nous faisons connaître les trois rois qui martyrisèrent saint Udaut à Ax, quelques années plus tard.

Ville à la fin du XIVe siècle, démarrée précédemment en ancien autel dont la retable a été en 986-effet une partie séante de sa Saint-Pépite et durée, et décapitée par son nom d'Edmit. Elle est resserrée de la chape, de l'école et d'une barrette noire. Cet autel est trop décoré pour avoir été fait pendant la Terreur de 1738. Il est opportun à quelque chapelle en politique en privée d'Ax, puisqu'en y voit aussi les deux réalisations des épîtres liés de Sémone, saint-Exupère et saint Jean, vénérés l'un dans ses actions égales de Saint-Jean-d'Anne, et l'autre dans sa vieille lodrerie. Les anciens habitants d'Ax vénéraient donc sans doute d'aussi comme pattes en action jusqu'aux comme paires secondaires.

SAINT UDAUT, PRÊTRE ET MARTYR.

Il n'en fallait pas tant pour enflammer le zèle apostolique de saint Udaut.

Il se sépara donc des Toulousains, ses compagnons de pèlerinage à Rome, pour obéir à ses inspirations, en se dirigeant vers l'armée d'Attila. Ceux des habitants d'en-deçà du Danube, qui avaient été épargnés par l'armée envahissante, y étaient traités comme des esclaves. À tous les maux dont ils étaient accablés déjà, Dieu avait ajouté une plaie de reptiles ou d'insectes venimeux qui les faisaient périr en grand nombre. Saint Udaut s'appliqua à consoler et à encourager ces chrétiens, en les délivrant, par ses prières, de ce surcroît de malheurs. La reconnaissance et l'admiration des chrétiens pour le saint missionnaire ne manquèrent pas d'attirer l'attention des chefs barbares. Ils s'aperçurent que le Saint, par ses prédications et ses guérisons miraculeuses, se faisait des prosélytes dans les familles mêmes de leurs sujets.

Le roi Wuillielm, frère aîné d'Attila, subissant, comme bien d'autres rois secondaires, l'ascendant de son puîné, fut chargé le premier de châtier cet ennemi des jongleurs du camp, qui avait plus de crédit à lui seul qu'eux tous par ses prestiges. Il le condamna au supplice du fouet crocheté de fer. Cet instrument de supplice appelé aujourd'hui le knout, est resté en usage chez les Russes, d'où il est à espérer que la civilisation chrétienne finira par le faire disparaître. Il a encore été appliqué, avec beaucoup de cruauté, en plein dix-neuvième siècle, aux Polonais restés fidèles à leur patrie et à leur religion. « Le knout » est une longue et étroite lanière, recuite dans une espèce d'essence, et fortement enduite de limaille métallique. Ainsi préparée, la lanière acquiert une dureté et une pesanteur extrêmes. Mais avant qu'elle ne se durcisse, on a le soin de replier sur eux-mêmes les bords, amincis à dessein, et qui forment de cette façon une rainure dans toute la longueur de la courroie, terminée par un petit crochet de fer. Si le bourreau sait son métier, le supplicié perd connaissance au troisième coup, et expire après le cinquième ». Saint Udaut fut attaché sur la planche appelée kobila, le dos nu, la tête appuyée sur le bord supérieur, les pieds fixés à la partie inférieure, et les mains liées, embrassant la planche. Dans cette position, la pesante lanière, cinglée avec vigueur par le bourreau sur les flancs du Martyr, de son côté concave, coupe les chairs comme un couteau, et, retirée horizontalement par le même exécuteur, ramène, au moyen du crochet et par longues bandelettes, les parties détachées des chairs saignantes. Les coups se répétèrent jusqu'à ce que Wuillielm, voyant les flancs de saint Udaut décharnés et supposant qu'il était mort, donna le signal de la fin du spectacle.

Détaché de la kobila, le saint Martyr fut laissé comme cadavre sur le théâtre de l'exécution. Il n'était qu'évanoui. Après une guérison miraculeuse, saint Udaut dirigea ses pas et ses travaux apostoliques vers la division des Ostrogoths. Ce fut le tour de Valamir d'y mettre ordre. Conduit devant le tribunal pour les mêmes motifs qui l'avaient fait comparaître devant celui de Wuillielm, le second juge, informé de la récidive, le condamna au même supplice national, en accusant la trop grande indulgence du roi des Huns, qui n'avait point fait exécuter la loi réglementaire du nombre prescrit de coups de knout. Voulant même rendre le spectacle plus attrayant, Valamir condamna l'impie à boire, à la santé des dieux, une coupe pleine de plomb fondu, s'il ne succombait pas dans le supplice du fouet.

Au jour fixé pour l'exécution de ce jugement, saint Udaut endura avec

le même appareil et la même cruauté, dans le camp des Ostrogoths, le chiffre légal de cent et un coups de *knout* sans rendre le dernier soupir ; mais se relevant sur ses pieds comme un squelette sanglant, après avoir été détaché de la *kobila*, il bénit, avec sa foi d'apôtre en la vertu du signe de la croix, la coupe brûlante du plomb fondu que lui offrait un second bourreau, et l'avala comme une confortable liqueur. La peine infligée par le jugement était subie. Le juste Valamir ne s'irrita point. Tout ému de ce qui venait de se passer d'horrible et de merveilleux sous ses yeux aussi bien que sous ceux de son armée, il ne lui fit point trancher la tête. S'il l'avait fait, sa réputation d'équité aurait perdu quelque chose de son prestige devant ses sujets. Il se contenta de le faire chasser bien loin de l'armée d'Attila.

En quittant le camp d'Attila, saint Udaut retourna vers les Pyrénées, dans ces diocèses auxquels il avait été destiné et attaché par son ordination. Il lui restait là beaucoup à faire.

Nous avons dit qu'en entreprenant un pèlerinage hors de ce pays où étaient les plus vives affections de son cœur, saint Udaut avait eu l'intention de le doter de quelques reliques du corps de saint Saturnin, premier évêque de Toulouse, pour les déposer sous les autels que les sueurs apostoliques du saint évêque y avaient fait lever. Aussi il s'empressa, en arrivant dans la capitale des Wisigoths, de demander une perle de ce précieux écrin que les fidèles toulousains conservaient avec tant de vigilance. Ces fidèles chrétiens qu'il avait édifiés à son premier passage, ceux surtout qu'il avait accompagnés dans leur pèlerinage à Rome, et l'avaient vu partir vers l'armée d'Attila, le revoyant échappé aux dents de ce lion, tout couvert des traces de ses cruelles morsures, n'eurent rien à lui refuser ; sa demande d'ailleurs était si juste !

Le diocèse de Toulouse, en remontant le cours de l'Ariège, était alors limitrophe avec celui d'Urgel, par le val d'Andorre. C'est par ce chemin, le plus direct et le plus facile, que saint Udaut franchit les sommets des Pyrénées, portant la précieuse relique de saint Saturnin. Un de ses premiers soins, en arrivant dans le pays d'Urgel, fut d'y bâtir une église au lieu de Tavernolas, qu'il dédia au saint premier évêque de Toulouse, et où il déposa sa relique. C'est en ce lieu et auprès de cette église, que s'éleva, bientôt après, un monastère fort célèbre, au commencement du neuvième siècle, sous le nom de Saint-Saturnin de Tavernolas, auquel on en unissait plusieurs autres au commencement du dixième siècle.

Rentré dans sa mission des Pyrénées, saint Udaut s'y occupa exclusivement d'y gagner des âmes à Dieu. Ces travaux apostoliques durèrent sept ans jusqu'à sa mort.

Au printemps de l'année 452, après avoir réparé les pertes qu'il avait essuyées dans les plaines de Châlons, Attila parut en Italie. Il s'était chargé de châtier les Romains avec son homme d'exécution Ardaric, roi des Gépides, et le gros de son armée. Là, Valamir, avec sa division ostrogoth, se séparait de lui et, suivant le cours du Rhône, venait combattre les Wisigoths dans leurs propres États. Valamir et tous les siens avaient juré depuis longtemps une haine irréconciliable aux Wisigoths de France et d'Espagne.

Le 11 mai 452, l'armée ostrogoth d'Attila commandée par trois de ses lieutenants, que la légende de saint Udaut appelle *rois*, campait à Ax, au centre des Pyrénées, prête à en franchir les plus hauts sommets, limites entre les Gaules et l'Espagne, à une distance de vingt kilomètres du col de Puy-

SAINT UDAUT, PRÊTRE ET MARTYR.

morenç le plus praticable, à cinq kilomètres des défilés étroits de Mérens, gardés par les Wisigoths. C'était pour elle un jour critique. Valamir voulut offrir des sacrifices au dieu Mars, pour stimuler l'avidité de ses guerriers et leur animosité contre les Wisigoths. Saint Udaut, se trouvant sur les lieux, ne manqua pas de détourner de ces sacrifices sacrilèges les prosélytes qu'il avait faits à la foi chrétienne dans l'armée de Valamir, avant son martyre dans les provinces danubiennes, comme saint Maurice en détournait la légion Thébaine, dans une semblable occasion. Averti d'un schisme dans son armée pour l'offrande des sacrifices, le roi ostrogoth ne fit point éclater sa sévérité en décimant ni en massacrant en bloc les chrétiens réfractaires : il était trop intéressé à les ménager; mais il déchargea sa colère sur saint Udaut, que ses officiers avaient conduit devant son tribunal au pied des autels, comme l'instigateur de ce désordre. L'œil perçant du roi barbare reconnut à l'instant l'apôtre chrétien qui à Faste, capitale des Huns sur le Danube, était allé annoncer l'Évangile aux sujets d'Attila. Il en fut troublé. Mais il se hâta de lui adresser la parole en l'interpelant avec vivacité. « N'es-tu pas », lui dit-il, « cet Udaut dont le fouet a déjà déchiré le corps; l'homme flétri par mon ordre ? Tu as pu, par tes sortilèges, avaler sans mourir ma coupe de plomb fondu ! Faut-il encore que je te retrouve ici semant l'indiscipline parmi mes enfants, pour nous attirer la colère de notre grand dieu protecteur ! Répare tes impiétés et tes trahisons en offrant de l'encens au dieu de la guerre, ou disparais à jamais de ce monde ! » Saint Udaut lui répond avec calme : « Je n'ai jamais détourné vos soldats de leurs devoirs, prince; mais je ne crains pas plus vos sévérités que dans les temps passés, et je ne sacrifierai pas aujourd'hui à votre idole impuissante... » Il allait parler encore, lorsque Valamir ordonne qu'il soit immédiatement enfermé dans un tonneau où avait été contenu le vin des sacrifices. Il fait ensuite enfoncer des clous dans cet instrument de supplice improvisé, et ordonne qu'il soit roulé du haut des prairies où se trouvait son tribunal, auprès des murs de la vieille ville d'Ax. C'est ainsi qu'il fait ruisseler le sang du saint Martyr devant les étendards portant l'image de l'épée de Mars échelonnés dans les rangs de ses cavaliers, jusqu'au lieu où, retiré tout sanglant de son tonneau, on lui plonge un poignard dans le cœur.

La tradition orale des habitants d'Ax sur le martyre de saint Udaut, opéré dans leur ville par trois rois, qui le firent rouler dans un tonneau hérissé de clous, est incontestable. Le lieu de sa sépulture après le martyre a toujours porté le nom de Saint-Udaut et est encore aujourd'hui orné d'une croix de fer scellée dans la pierre. Le rétable d'un ancien autel décoré d'une statuette en bas-relief désignée par son nom est un témoignage irrécusable du culte que lui ont rendu les habitants de cette ville.

Ce lieu est situé entre les deux rivières d'Ause et d'Ariège et entre deux rochers, en dehors de la ville. Cent vingt-neuf ans plus tard, lorsque les premiers rois de France eurent renversé à Toulouse le trône des Wisigoths, l'année 581, sous le règne de Chilpéric et Childebert, pendant que le duc Didier gouvernait la contrée, les habitants d'Ax obtinrent la permission de leur évêque saint Germier ou Magnulphe, son successeur, d'exhumer le corps du saint Martyr, pour le déposer honorablement dans leur église paroissiale, et l'y vénérèrent comme un patron secondaire. Dans le supplément de son *Martyrologe gallican*, Du Saussay, évêque de Toul, dit qu'il y devint célèbre par des prodiges divins. Il fut la sauvegarde de cette ville, dans cette vallée si exposée aux déprédations, comme chemin stratégique,

particulièrement dans les guerres de Charlemagne et de Louis le Pieux contre les Sarrasins.

En 978, des religieux de l'abbaye de Ripoll furent envoyés à Ax pour faire la translation solennelle des reliques de saint Udaut, d'Ax à Ripoll; cette dernière localité se trouvait plus au centre du pays que le Saint avait évangélisé avec tant de zèle.

C'est là que repose encore aujourd'hui le prêtre martyr que le Seigneur a couronné. Ses reliques y sont déposées dans une magnifique urne d'argent, sur laquelle sont retracés en bas-relief plusieurs de ses miracles.

La dévotion à saint Udaut devint populaire au moyen âge dans les Marches d'Espagne, et elle ne s'y est point affaiblie encore de nos jours. Elle s'est étendue dans le reste de l'Espagne et elle a été importée par les Catalans jusque dans le Mexique. Nous en trouvons la preuve la plus authentique dans ce que dit l'auteur d'un abrégé de sa vie, imprimé à Vich en 1863, en tête d'une petite brochure renfermant, avec les prières et cantiques à saint Udaut, l'ordre d'une neuvaine enrichie d'indulgences par l'évêque diocésain de Vich, par son métropolitain de Tarragone, et par d'autres évêques d'Espagne et du Mexique. « On célèbre », nous dit cet écrivain, « à Ripoll la fête de martyre de saint Udaut le 11 mai, avec la plus grande solennité et avec un grand concours des populations du voisinage, qui toutes le regardent comme leur bienfaiteur et leur protecteur, parce qu'en toute occasion Dieu a accordé par ses mérites une infinité de miracles. Toutes les fois qu'on découvre ses reliques, ses dévots serviteurs respirent une odeur délicieuse qu'aucun parfum ne saurait produire. Son assistance est manifeste toutes les fois qu'on l'invoque dans les fièvres ou autres maladies. (Que celui qui comme moi-même en aura fait l'expérience, ne manque pas de le proclamer !) Dans les temps de sécheresse, lorsqu'on porte processionnellement son corps saint au dehors du temple, Dieu ne manque pas d'exaucer son serviteur. Mais la protection la plus manifeste du saint Martyr s'éprouve dans les accouchements difficiles. Il n'est pas alors de femme qui ne le trouve propice, si elle l'invoque avec ferveur ».

*Études historiques et religieuses sur le pays de la haute vallée de l'Ariège*, par M. l'abbé Authier, curé d'Unse ; Toulouse, Imprimerie A. Chaurin et fils, 1879.

Date de fête

11 mai

Époque

5ᵉ siècle

Décès

11 mai 452