Saint Tigre

Prêtre et Confesseur

• saint

Résumé

Prêtre d'origine servile à Constantinople, saint Tigre fut un fidèle soutien de saint Jean Chrysostome. Accusé à tort d'incendie en 404, il survécut à d'atroces tortures avant d'être exilé en Mésopotamie pour sa fidélité à son archevêque légitime.

Biographie

SAINT TIGRE ET SAINT EUTROPE (404).

Ce n'est pas seulement pour la défense de la foi contre des païens ou des hérétiques, mais encore pour celle de la justice contre des catholiques mêmes que l'on peut parvenir à la gloire du martyre. C'est ce que l'Église nous enseigne aujourd'hui par l'exemple de saint Tigre et de saint Eutrope.

Le premier, barbare d'origine et esclave, s'était élevé jusqu'à la dignité sacerdotale par son mérite et sa rare piété. Le second était un jeune homme d'une naissance distinguée, d'un tempérament fort délicat, qui avait été élevé dans son enfance avec beaucoup de soin et de précaution, qui avait toujours vécu dans une pureté admirable, dans une exacte observation de tous ses devoirs.

L'un et l'autre étaient très-attachés à saint Jean Chrysostome, leur archevêque. Lorsque celui-ci fut chassé de Constantinople pour la seconde fois (l'an 404), le feu prit, on ne sait comment, à l'église patriarcale et à la grande chambre du conseil. On accusa les amis du patriarche d'avoir causé l'incendie pour venger son bannissement.

Il se trouva des prêtres catholiques qui eurent le triste courage de livrer Tigre et Eutrope entre les mains du gouverneur de la ville, Optat, qui était païen. Celui-ci, ravi de trouver cette occasion de verser le sang chrétien, en usa avec eux comme on en usait avec les chrétiens au temps des grandes persécutions.

Aucun des atroces procédés de la pénalité romaine ne fut oublié : coups de bâton, coups de nerf de bœuf, ongles de fer pour labourer les chairs jusqu'aux os, torches ardentes appliquées sur les plaies toutes fraîches, tout fut employé contre Eutrope d'abord, dont on espérait avoir plus aisément raison à cause de sa faiblesse, et ensuite contre son compagnon ; mais vainement contre tous les deux.

Il paraît qu'Eutrope mourut sur le chevalet, entre les mains des bourreaux. Tigre, d'une constitution plus robuste, survécut aux tortures. Il fut exilé quelque temps après avec les autres amis de saint Chrysostome, pour n'avoir pas voulu communiquer avec Arsace, archevêque intrus, et déporté en Mésopotamie.