Saint Nérée et Saint Achillée

Martyrs

Fête : 12 mai 1ᵉʳ siècle • saints

Résumé

Frères et chambellans de la princesse Domitille au Ier siècle, Nérée et Achillée furent baptisés par saint Pierre. Ils encouragèrent leur maîtresse à consacrer sa virginité à Dieu, provoquant la fureur de son fiancé Aurélien. Après avoir subi le chevalet et le feu à Terracine, ils furent décapités pour leur foi en 98.

Biographie

LES SAINTS NÉRÉE, ACHILLÉE,

FLAVIE DOMITILLE, LA JEUNE, EUPHROSYNE ET THÉODORA, — MARTYRS

Premier siècle.

Les justes s'élèveront avec une grande hardiesse contre ceux qui les eurent accablés d'afflictions, et qui leur eurent ravi le fruit de leurs travaux. Les méchants seront saisis de trouble et d'une horrible frayeur; ils seront surpris d'étonnement, en voyant tout d'un coup, contre leur attente, les justes sauvés. Suger, V, 1, 2.

La mémoire de saint Nérée et de saint Achillée est fort célèbre dans l'Église, et leur culte est très-ancien. Ils étaient frères ; mis au service de la princesse Domitille, nièce de l'empereur Domitien, encore fort jeunes, ils eurent le bonheur d'être instruits à la foi, et d'être baptisés, par saint Pierre même, avec cette sainte et illustre famille, qui toute donna son sang pour Jésus-Christ.

La piété de Nérée et d'Achillée gagna l'estime et l'affection de leur maîtresse qui, charmée de leur exacte probité et de leur zèle pour la religion, les fit ses chambellans, et leur donna toute sa confiance.

Les actes les plus anciens de la vie de ces deux Saints disent que voyant un jour avec quel soin et quelle étude leur maîtresse se parait pour se présenter chez le comte Aurélien à qui elle venait d'être fiancée, ils en furent vivement peinés ; et animés d'un saint zèle pour son salut, ils prirent la liberté de lui représenter fort respectueusement combien ce désir de plaire à un homme mortel était indigne d'une âme qu'ils avaient toujours cru destinée à être épouse de Jésus-Christ. Cette remontrance respectueuse, qui n'était que l'effet d'un zèle sage et désintéressé, fit impression sur le cœur et sur l'esprit de la princesse. Les deux Saints profitèrent d'une si heureuse disposition ; ils lui représentèrent que sa religion et sa vertu lui promettaient une plus grande fortune ; ils lui parlèrent avec tant d'énergie de la vanité des honneurs et des biens de ce monde, du vide qui se trouve dans tous les plaisirs, de la brièveté de nos jours, et surtout des amertumes et des durs assujettissements de l'état du mariage ; ils lui peignirent d'une

manière si vive et si pathétique le prix et le mérite de la virginité, que Domitille protesta qu'elle n'aurait jamais d'autre époux que Jésus-Christ, à qui seul désormais elle voulait plaire ; et s'adressant à ces deux héros chrétiens : Puisque Dieu s'est servi de vous, leur dit-elle, pour m'inspirer le désir d'être son épouse, hâtez-vous de m'obtenir l'honneur d'en porter les marques, et d'en recevoir la grâce. Elle parlait de la bénédiction que recevaient dès lors les vierges, et du voile que l'évêque leur donnait comme un signe de leur consécration à Jésus-Christ.

Saint Nérée et saint Achillée tressaillant de joie, et charmés de la bénédiction que Dieu avait donnée à leur zèle, coururent vers saint Clément, qui avait succédé à saint Pierre, et lui déclarèrent la résolution où était la princesse Domitille de ne jamais perdre le précieux trésor de sa virginité. Le vénérable Pontife, bénissant le Seigneur, se rendit auprès de la Sainte, et la trouvant déterminée à ne plus vouloir d'autre époux que Jésus-Christ : — « Avez-vous bien pensé, ma fille, lui dit le saint Pape, au rude combat que vous aurez à soutenir ? et aurez-vous assez de courage pour remporter la victoire ? Aurélien, irrité du refus que vous faites de son alliance, ne manquera pas de vous accuser d'être chrétienne auprès de l'empereur : à quelles furieuses tentations n'exposera-t-on pas votre foi ; et vous et nous pourrons-nous éviter le martyre ? » — « Et n'est-ce pas », répond la Sainte, « le plus grand bonheur qui puisse nous arriver ? Je compte peu sur mes propres forces, mais j'attends tout de la grâce toute-puissante de mon divin Époux, et la persécution ne fera qu'avancer notre bonheur et notre gloire. » Saint Clément, attendri par cette généreuse réponse, et encore plus édifié de l'empressement que la Sainte témoignait d'être consacrée au Seigneur, la bénit avec solennité et lui mit le voile sur la tête.

Ce que le saint Pape avait prévu ne fut pas longtemps à se réaliser. Aurélien, informé du parti qu'avait pris Domitille, devint furieux ; et, après avoir employé inutilement et les promesses et les menaces pour la déterminer à changer sa résolution, il fit saisir tous ceux qu'il soupçonnait l'avoir aidée de leurs conseils, les déférra aux tribunaux comme chrétiens, et employa tout son crédit pour les faire condamner au dernier supplice.

Saint Nérée et saint Achillée, confidents de la princesse, furent les premiers arrêtés. Le comte crut que, s'il pouvait les gagner, il viendrait bientôt à bout de la Princesse. Tout fut mis en œuvre pour surprendre leur religion et pour tenter leur fidélité : caresses, espérances, promesses, sollicitations, rien ne fut oublié, mais rien ne put ébranler la foi des serviteurs de Dieu ; leur constance irrita son dépit. Il obtint qu'ils fussent dépouillés et déchirés à coups de fouet de la manière la plus cruelle. La joie qu'ils firent paraître dans cet horrible tourment fit perdre espérance au tyran de les pervertir. Ils furent déclarés chrétiens, et par là même ennemis de l'empereur et de l'État. La crainte qu'on eut que leur fermeté dans la foi ne rendît plus inébranlable la constance de Domitille fit qu'on les envoya à Terracine, afin que le consul Minutius-Rufus instruisît leur procès.

Les formalités furent bientôt remplies ; on leur ordonna de renoncer à Jésus-Christ et d'offrir de l'encens aux idoles. Ils répondirent, avec une hardiesse qui étonna le tyran, qu'ayant été baptisés par l'apôtre saint Pierre, et éclairés des lumières de la foi, ils ne reconnaissaient point d'autre dieu que le Dieu des chrétiens ; qu'ils déploraient le malheur et l'aveuglement des païens qui se forgeaient presque autant de divinités qu'il y avait d'hommes, et qui n'adoraient, dans tous ces faux dieux, que leurs propres passions.

Une réponse si précise et si frappante irrita le consul ; il les fit mettre sur le chevalet, et, après leur avoir fait déchirer les côtés, il commanda qu'on brûlât leurs plaies avec des torches. La violence de la douleur ne servit qu'à faire éclater leur joie et leur ardent amour pour Dieu. Mais le tyran, craignant que ce spectacle ne produisît une impression trop favorable sur l'esprit et sur le cœur des païens, leur fit couper la tête. Ce glorieux martyre arriva le 12 mai de l'an 98 ; les corps des Saints furent enlevés par Auspice, leur disciple, et enterrés sur le chemin d'Ardée, à une demi-lieue de Rome, où l'on bâtit depuis une église, monument éternel du triomphe de ces glorieux Martyrs.

Saint Grégoire le Grand y prononça une homélie qui est la vingt-huitième sur les Évangiles ; il y exhorte les fidèles à imiter ces grands saints, dont les corps étaient présents, et à mépriser, à leur exemple, le monde et les vanités trompeuses de cette vie.

La foi de l'illustre vierge Domitille ne fut pas ébranlée par la mort de ces deux généreux chrétiens ; sa naissance, son nom, sa beauté, son mérite, portèrent l'empereur à l'épargner ; il se contenta de la reléguer dans l'île de Ponza, près de Terracine. Mais Aurélien, ne désespérant point de la gagner, la fit rappeler quelque temps après. Il trouva le moyen de mettre auprès d'elle deux jeunes demoiselles, ses sœurs de lait, nommées Euphrosine et Théodora, sages à la vérité, mais remplies de l'esprit du monde et du désir de s'établir. La promesse de leur trouver un parti avantageux, si elles déterminaient la princesse à épouser le comte, leur fit employer tout ce que l'art et l'esprit peuvent trouver de plus séduisant : tantôt elles lui demandaient si elles pouvaient être chrétiennes, et si, pour être sauvées dans sa religion, il fallait nécessairement être vierges ; tantôt elles lui disaient : Si le mariage est licite, pourquoi refusez-vous un établissement qui, ne vous empêchant point d'être chrétienne, vous donne le moyen de convertir un jour votre époux, sa famille et ses domestiques ?

Sainte Domitille découvrit aisément l'esprit qui les faisait parler, et, ayant répondu à leurs questions d'une manière à ne point souffrir de réplique, elle leur demanda à son tour si, ayant été promises à deux riches seigneurs, elles seraient d'humeur d'écouter la proposition que leur feraient de vils esclaves ? Non certainement, répondent-elles, à moins d'avoir perdu l'esprit. Et pourquoi, reprit alors la Sainte, vous récriez-vous si je suis aussi sage ? En consacrant à Dieu ma virginité, je suis devenue l'épouse de son Fils unique Jésus-Christ ; cette auguste alliance doit durer pendant toute l'éternité ; les avantages de cet heureux état sont infinis. Que vous en semble ? honorée de cette heureuse qualité, dois-je préférer au Fils unique du Dieu vivant l'alliance d'un homme mortel ? Elle parla avec tant de grâce et de force, qu'Euphrosine et Théodora, touchées et convaincues par ses raisons, parurent ébranlées ; cependant elles hésitaient encore. Si ce que vous dites est vrai, répliqua Théodora, j'ai un frère qui a perdu les yeux, faites que votre divin Époux lui rende la vue. Votre frère est absent, répond la Sainte, le miracle viendrait trop tard : mais vous avez une jeune muette qui vous sert, faites-la venir, la puissance de Jésus-Christ éclatera plus promptement, et vous en serez plus tôt convaincue. La jeune fille se présente ; sainte Domitille prie, la muette recouvre la parole, et le premier usage qu'elle en fait, est de publier qu'il n'y avait point d'autre dieu que le Dieu des chrétiens. À ce prodige, Euphrosine et Théodora se jettent aux pieds de sainte Domitille, publient qu'elles sont chrétiennes, et déclarent qu'elles ne veulent point d'autre époux que Jésus-Christ.

SAINT PANCRACE, MARTYR.

Aurélien, ayant appris ce qui était arrivé, ne garda plus de mesure; il gagna le consul, homme cruel et ennemi mortel des chrétiens, qui fit mettre le feu à la maison où était renfermée sainte Domitille avec ses deux servantes. Immolées comme de pures victimes au Dieu vivant, elles consommèrent ainsi leur glorieux martyre. Le diacre saint Césaire vint le jour suivant pour ramasser leurs cendres, et les trouva prosternées contre terre sur leurs visages, comme si elles eussent été en prières; le feu leur avait ôté la vie sans les brûler, ni toucher à un seul cheveu de leur tête.

Dans les arts, on donne souvent une couronne à sainte Flavie Domitille à cause de sa parenté avec Domitien.

## CULTE ET RELIQUES.

M. de Rossi vient de découvrir (1874), dans le cimetière de Domitille, à Rome, le tombeau primitif et l'inscription tumulaire des saints martyrs Nérée et Achillée.

Quant à leurs reliques, le pape Grégoire IX les retira des catacombes (XIIIe siècle), ainsi que celles de sainte Flavie Domitille, et les transporta dans la diaconie de Saint-Aérien. Elles y recevaient depuis plusieurs siècles les hommages empressés des fidèles, lorsque l'immortel Baronius, titulaire de l'église urbaine des saints Nérée et Achillée, fit restaurer cette basilique et obtint du pape Clément VIII la permission d'y transporter les corps des saints martyrs.

Il y a néanmoins beaucoup d'autres églises, tant de France que d'Espagne et des Pays-Bas, qui se glorifient d'avoir quelques parties de ces saintes reliques. De ce nombre est l'église paroissiale de Safflien (diocèse de Viviers).

Sainte Flavie Domitille, vierge et martyre, ne doit pas être confondue avec sa tante, Flavie Domitille, surnommée l'ancienne. Celle-ci était fille de Domitille, sœur de l'empereur Domitien. Ce prince la maria à saint Flavius Clémens, son cousin-germain, qui était fils d'un frère de Vespasien. Flavius Clémens, ayant été mis à mort pour la foi, Domitille fut accusée du même crime par les païens, effrayés de voir le christianisme envahir si vite la famille impériale; mais comme on la croyait assez punie par la mort de son mari, Domitien lui ordonna seulement, au bout de trois ou quatre jours, d'en épouser un autre. Sur son refus, il la bannit dans l'île de Paunataria (aujourd'hui de Sainte-Marie), près de Pouzoles. Il est probable qu'elle retourna à Rome, ou du moins sur le continent, lorsque Domitien eut été assassiné. Elle avait eu de saint Flavius Clémens deux fils. Comme Domitien les destinait à lui succéder, il leur avait fait prendre les noms de Domitien et de Vespasien, et avait confié le soin de leur éducation au célèbre rhéteur Quintilien. On ignore le reste de leur histoire. On croit que Flavie Domitille, l'ancienne, avait eu aussi une fille qui porta le même nom, et fut mariée à Flavius Onésimus.

P. Croiset; Batilet; Godescard, et Martigny: Bulletin d'Archéologie chrétienne.

## SAINT PANCRACE, MARTYR

l'amena à Rome avec lui; là, s'étant adressés au pape saint Caïus, ils lui demandèrent instamment de recevoir le saint Baptême, et d'être pleinement instruits des mystères de la religion chrétienne. Ce saint Pape leur accorda avec joie ce qu'ils demandaient. Ils conçurent alors un grand désir de verser leur sang pour Jésus-Christ; mais Denis mourut avant d'avoir pu obtenir ce bonheur. Pancrace fut pris et amené à l'empereur Dioclétien, qui fit tous ses efforts pour lui persuader de sacrifier aux idoles: il le traita d'abord avec bonté, parce qu'il avait été l'ami de son père, et qu'il était charmé de sa beauté. Le saint enfant lui répondit: « Qu'il s'étonnait comment un empereur si éclairé lui commandait d'avoir de l'estime pour des dieux qui n'étaient que des hommes dont la vie avait été si corrompue, que si ses esclaves ne vivaient pas mieux, il les ferait punir exemplairement ». L'empereur, irrité de cette réponse, ordonna qu'il eût la tête tranchée: ce qui fut exécuté sur la voie Aurélienne. Une sainte femme, nommée Octavie, emporta secrètement son corps la nuit, l'embauma et l'ensevelit dans un sépulcre nouveau, le 12 mai 304, selon le cardinal Baronius.

L'attribut de saint Pancrace est l'épée; c'est aussi celui des saints Nérée et Achillée.

## RELIQUES ET CULTE DE SAINT PANCRACE; — SES DIVERS NOMS.

Il y a à Rome une église de son nom, et la porte anciennement appelée Aurélia, se nomme aujourd'hui de Saint-Pancrace. Saint Grégoire, pape, parle de sa tombe et de ses reliques dans l'Homélie 27 sur saint Jean et dans le troisième livre de son Registre, épître 18. Saint Grégoire de Tours, qui vivait avant lui, raconte un miracle perpétuel que Dieu y faisait par les mérites de ce saint Martyr: ceux qui allaient faire quelque serment solennel en l'église qui lui est dédiée, étaient visiblement punis de Dieu, quand ils ne disaient pas la vérité: ou ils tombaient morts sur la place, ou ils étaient possédés du démon, qui les tourmentait par mille sortes de supplices à la vue de tout le monde.

« Il s'est fait », dit Baillet, « une grande distraction des reliques de saint Pancrace en diverses églises de l'Europe: et comme il est assez ordinaire de voir que lorsqu'on a quelque ossement considérable d'un Saint, on se vante d'avoir son corps, on doit être moins surpris d'entendre dire que le corps de saint Pancrace se trouve en quinze ou vingt endroits différents, sans être obligé de recourir au mystère de la reproduction. Outre ce qui est resté de ses reliques dans l'église de son nom, à Rome, on voit son chef dans celle de Latran où son office se fait double en remettant celui des saints Nérée et Achillée au premier jour libre qui suit. On trouve aussi quelques parties de ses reliques dans celle de saint Clément et dans d'autres églises de la ville. On en montre pareillement à Albano, ville de la campagne de Rome; dans trois églises différentes de la ville de Bologne, où il n'est pas possible que l'on n'ait pas donné son nom à quelque corps étranger, puisque l'on produit, parmi ces reliques, une tête de saint Pancrace, outre celle qui est dans la basilique de Latran. On aurait peut-être sujet de penser la même chose de celles que l'on garde sous le même nom à Venise, chez les religieuses de saint Zacharie; dans le Milanais, s'il est vrai que saint Grégoire le Grand en ait envoyé du tombeau de notre Saint à Fortunat, évêque de Milan; à Lanteuca, en Piémont, dans le comté de Nice; dans plusieurs autres villes d'Italie, où on l'appelle saint Brancus ou Brancaccio; en divers endroits de la Sicile: à Avignon, dans deux églises différentes; en France, où en envoyèrent de Rome les papes Pélage, pour Marseille et Tours; saint Grégoire le Grand pour Pallade, évêque de Saintes; d'autres à Saint-Riquier, à Saint-Malo et ailleurs. On ne peut nommer tous les lieux du royaume qui se vantent d'en avoir, mais la plupart sans titre. La célébrité de son culte y est si grande, qu'il n'y a presque point de province qui ne s'en soit formé un Saint particulier en diversifiant son nom par la corruption de leur langage. Car c'est lui que l'on trouve appelé saint Biancat, saint Planchas ou Planchais, saint Piancart, saint Crampas ou Crampace, par métathèse, saint Brachs, saint Branchais, saint Bianche, saint Biancé, et peut-être encore autrement.

Saint Pancrace est appelé Planchers en Normandie. Le pape Vitalien envoya de ses reliques à saint Wandrille, abbé de Fontenelle, qui construisit une église sous son invocation: cette double circonstance répandit son culte dans le diocèse de Coutances et les diocèses voisins.

Les Pays-Bas ne sont guère moins pourvus de reliques qui portent le nom de saint Pancrace. On en voit à Gand, à Douai et à Malines; on en voyait aussi à Utrecht et à Leyde, avant le changement de religion dans les Pays-Bas unis. On en montre à Cologne dans plusieurs églises, à Dusseldorf sur le Rhin, au duché de Berg, à Trèves et même à Prague, en Bohême. On en a vu aussi en Angleterre, où la première église consacrée à Dieu depuis la conversion des Anglais par le moine saint Augustin, missionnaire de saint Grégoire le Grand, fut dédiée sous le nom et l'invocation de saint Pancrace, dans la ville de Canterbury. Il ne vint néanmoins des reliques de ce saint Martyr dans cette île que plus de cinquante ans après. Ce fut le pape Vitalien qui en envoya, vers l'an 656, à Oswi, roi de Northumberland, pour augmenter encore le culte que les missionnaires romains y avaient établi, ou plutôt pour reconnaître et récompenser les services que ce prince rendait à l'église du pays. La plupart des églises qui gardent des reliques sous le nom de saint Pancrace, ont quelque fête particulière en différents jours de l'année, pour célébrer leur réception ou leur translation : mais elles se réunissent à solenniser celle de son martyre au 12 de mai, quoiqu'elles ne soient pas toutes persuadées que ce qu'elles ont soit véritablement de lui. Le 12 de mai, où sa fête est marquée dans les Martyrologes du nom de saint Jérôme, dans celui de Bède, ceux du IXe siècle et les suivants, est le jour de sa sépulture plutôt que celui de sa mort. Le Calendrier romain du IVe siècle n'en fait point mention, mais il est dans celui du VIIIe siècle et dans les suivants et dans les anciens Sacramentaires depuis le VIe siècle a.

P. Croiset, Baillet, Godescard et tous les hagiographes.

Date de fête

12 mai

Époque

1ᵉʳ siècle

Décès

12 mai 98