Saint Montain (Montan)

Ermite à La Fère

Fête : 17 mai 5ᵉ siècle • saint

Résumé

Ermite du Ve siècle vivant près de La Fère, Montain est célèbre pour avoir prophétisé la naissance de saint Remi à la noble Célinie malgré son âge avancé. Devenu temporairement aveugle, il recouvra la vue grâce au lait de la mère de l'enfant. Il est le saint patron de la ville de La Fère.

Biographie

SAINT MONTAIN OU MONTAN, ERMITE À LA FÈRE (Ve siècle).

Tandis que les Gaules, au Ve siècle, étaient le théâtre des guerres, des concessions et des rapines, un solitaire, nommé Montain ou Montan, vivait sur la Cher, près de Juvigny, dans le Luxembourg. Formé à la vertu dès l'enfance, il vivait séparé du monde pour n'avoir de commerce qu'avec Dieu et se livrer tout entier aux exercices de la pénitence. Inquiété dans sa retraite par les courses des Barbares, il la quitta et alla chercher une solitude plus profonde à La Fère (Aisne), lieu alors rempli de bois, environné de précipices et de marais.

Là, Montan, tout occupé des besoins de l'Église troublée par les guerres et par l'hérésie de Nestorius que le concile général d'Éphèse (431) venait de condamner, ne cessait d'implorer le secours du ciel. Ses prières ne furent pas sans effet.

Un jour que Montan reposait d'un léger sommeil, il fut par trois fois averti de prédire à Célinie, noble dame de la contrée, qu'elle aurait un fils, et de lui en déclarer en même temps le nom et les mérites. Tout à coup il lui sembla que, par une grâce divine, il est transporté au milieu du chœur des anges et de l'assemblée des saintes âmes, tenant ensemble conseil et conférant de la subversion ou de la restauration de l'église des Gaules : tous déclarent que le temps est venu d'avoir pitié d'elle ; et, en même temps, une voix qui retentit avec douceur se fait entendre d'un lieu plus élevé et plus secret :

« Le Seigneur a regardé du Saint des Saints, et du ciel en la terre, pour entendre les gémissements de ceux qui sont enchaînés, et pour briser les fers des fils de ceux qui ont péri, afin que son nom soit annoncé parmi les nations, et que les peuples et les rois se réunissent ensemble pour le servir ».

La voix disait « que Célinie concevrait un fils, nommé Remi, auquel le peuple serait confié pour être sauvé ».

Après avoir reçu une si grande et si douce consolation, le saint personnage, trois fois averti d'accomplir sa mission, vint annoncer à Célinie l'oracle de la céleste vision. Or, cette mère bienheureuse avait eu longtemps auparavant, dans la fleur de sa jeunesse, de son seul et unique mari, Émile, un fils nommé Principe (ou Prince), depuis évêque de Soissons, et père de saint Loup, son successeur à l'épiscopat de la même ville : la bienheureuse Célinie s'étonne ; elle ne peut comprendre comment, déjà vieille, elle enfantera un fils et le nourrira de son lait, d'autant que son mari et elle-même, grandement avancés en âge, épuisés et stériles, n'avaient plus ni espoir ni désir d'avoir désormais des enfants. Mais le bienheureux Montan, devenu aveugle pour un temps, afin que les mérites de la patience abondassent en lui, déclare à Célinie que ses yeux doivent être arrosés de son lait et qu'aussitôt il recouvrera la vue. Cependant les bienheureux parents se livrent à la joie d'une si grande consolation, et, quand le moment est arrivé, le futur pontife de Jésus-Christ vient au monde heureusement et reçoit, sur les saints fonts de baptême, le nom de Remi. L'heureuse promesse faite au saint Prophète est aussi fidèlement accomplie : car, pendant l'allaitement, ses yeux sont arrosés du lait de la bienheureuse mère Célinie, et il recouvre la vue par les mérites de l'enfant.

Dom Lelong dit « que c'est à Cerny, où était le château de Célinie,

que la scène précédente se serait passée ».

Si Montan vécut encore quelques années après avoir recouvré la vue, il retourna dans sa solitude de La Fère, au lieu dit la Fosse de Saint-Montan ; il y mourut le 17 mai. La ville de La Fère et sa collégiale ont pris pour patron saint Montan. On conserve, encore aujourd'hui, une petite portion de ses reliques à l'église paroissiale et à la chapelle de l'Hôtel-Dieu ; elles ont été reconnues authentiques par Mgr Leblanc de Beaulieu. La fête du Saint se célèbre à La Fère avec une grande solennité le 17 mai ; et, pendant les neuf jours suivants, les fidèles continuent de venir vénérer ses reliques. — La cathédrale de Laon possédait autrefois le chef et un bras du saint solitaire ; l'abbaye de Juvigny avait la principale partie de son corps.

HENRI CONGNET, doyen du Chapitre. — Soissons, le 17 août 1566. G. Flodourt, Histoire de l'église de Reims, liv. 187 ; D. Lelong, Histoire du diocèse de Laon, p. 87.

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## SAINTE FRAMECHILDE OU FRAMEUZE (683).

Sainte Framechilde, mère de sainte Austreberte, était issue d'une famille puissante du pays des Allemands, et elle épousa Badefroy, noble seigneur de la cour de Dagobert II.

Les anciens hagiographes unissent ces deux noms et disent que Badefroy et sainte Framechilde étaient « l'un et l'autre d'une très-haute vertu et d'une grande sagesse de conduite, fermes dans la foi, remarquables par leur charité et leur amour de la justice, nourrissant leurs âmes des saintes espérances de la religion, et se faisant un devoir et un bonheur de secourir les pauvres de Jésus-Christ ».

La vie de sainte Austreberte, leur fille, nous apprend l'opposition momentanée qu'elle rencontra à son projet de consacrer à Dieu sa virginité : Badefroy dut en être le principal et peut-être l'unique auteur. Pour la bienheureuse Framechilde, elle pouvait reconnaître, dans ces instances de sa fille, la vérité d'une vision qu'elle avait eue, dit-on, avant sa naissance, et dans laquelle on lui apprenait que l'enfant qu'elle portait dans son sein, attirerait beaucoup d'âmes à Jésus-Christ. Cette parole eut, en effet, son entier accomplissement, à commencer du jour où Austreberte se retira au monastère de Port, près d'Abbeville.

On ne connaît rien de plus de la vie de sainte Framechilde, qui mourut le dix-septième jour de mai, vers l'an 685 : on l'enterra dans l'église de Marconne, qu'elle avait fait bâtir elle-même. Son corps fut levé de terre en 1839, par Bauduin, évêque de Thérouanne. Ses reliques reposaient dans l'abbaye de Montreuil-sur-Mer, fondée par sainte Austreberte : on en gardait aussi une partie dans l'église collégiale et paroissiale d'Hesdin. La châsse de Montreuil fut détruite le 29 vendémiaire an II : on en avait retiré quelques ossements qui sont encore vénérés aujourd'hui à l'église paroissiale de cette ville, et qui ont été authentifiés en 1893 et 1885 par Mgr de la Tour d'Auvergne, évêque d'Amiens. Sainte Framechilde est honorée le 17 mai. Dans le diocèse d'Amiens, dont dépendait autrefois Marconne, qui fait actuellement partie du diocèse d'Arras, on invoquait spécialement sainte Frameuze pour les maux de tête.

M. l'abbé Destombus et M. Corblet.

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## SAINT BRUNON, ÉVÊQUE DE WURTZBOURG (1045).

Ce Saint était fils de Conrad, duc de Carinthie, et de Mathilde, de la maison des comtes de Querfurt et de Mansfeld, nièce de saint Brunon, évêque et apôtre de la Prusse, qui fut martyrisé en 1008.

Brunon fut élevé avec beaucoup de soin dans la piété et dans les sciences, et il donna de grandes preuves des progrès qu'il avait faits dans l'une et dans l'autre étude, par divers ouvrages remarquables que nous avons de lui sur les psaumes et les cantiques de l'Église.

On ne connaît pas en détail l'histoire de sa vie ; on sait seulement que son mérite extraordinaire le fit élire en 1033 évêque de Wurtzbourg, et qu'il donna à son troupeau tous les soins d'un pasteur vigilant, éclairé et charitable. Il employa son bien à nourrir les pauvres, à bâtir de nouvelles églises et à rétablir les anciennes. La cathédrale de Saint-Kilian, à Wurtzbourg, est encore aujourd'hui l'un des principaux monuments de sa magnificence et de sa piété.

Vers l'an 1037, il accompagna à Milan l'empereur Conrad le Salique, son proche parent, qui fit diverses expéditions dans cette partie de l'Italie, pour la ramener sous son obéissance. On dit que saint Ambroise apparut à cette occasion à notre Saint, qu'il menaça l'empereur de grandes calamités, s'il ne se désistait de son dessein de faire sentir à cette ville les effets de sa colère, et que Conrad, cédant aux représentations de Brunon, fit grâce aux révoltés.

En 1045, il se trouva engagé à faire le voyage de Hongrie avec l'empereur Henri III, dit le Noir, et plusieurs princes d'Allemagne, qui allaient rétablir le roi Pierre sur son trône. L'empereur et toute sa cour, au sortir d'Autriche, allèrent loger au château de Rosenbourg, près de la ville d'Ips sur le Danube, à l'entrée de la Haute-Hongrie. Comme on se mettait à table, le plancher de la salle s'effondra tout à coup, et fit tomber avec lui sous les décombres tous les convives. La plupart y furent écrasés ou estropiés, plusieurs y moururent sur-le-champ. L'empereur, qui s'était heureusement accroché à une fenêtre, fut le seul qui ne fut pas blessé ou qui ne le fut que légèrement. Le saint évêque de Wurtzbourg eut le corps tellement brisé, qu'on ne put pas même le transporter hors du château. Il mourut le septième jour après ce funeste accident, qui était arrivé la nuit du 20 mai. On rapporta son corps à Wurtzbourg, où il fut mis avec grande solennité dans la crypte de son église cathédrale, dont il fut qualifié le fondateur dans son épitaphe.

Aventin, dit Baronius, a écrit dans ses Annales de Bavière de nombreux mensonges sur le compte de saint Brunon, évêque de Wurtzbourg. Aux impudentes inventions de ce calomniateur, on peut opposer les registres de Grégoire IX et d'Innocent IV. On y trouve des lettres de ces deux pontifes qui attestent les miracles du saint évêque. Voici un passage de la lettre de Grégoire IX :

« Selon ce que notre vénérable frère, l'évêque Herman, notre cher fils, le doyen du chapitre, le chapitre lui-même et le peuple de Wurtzbourg, nous ont fait savoir par leurs lettres et leurs envoyés, le Seigneur accorde une belle gloire à la pieuse mémoire de Brunon, évêque de Wurtzbourg ; il fait éclater tant de miracles à son tombeau, qu'il nous paraît convenable de l'invoquer avec les autres Saints ».

Tiré de Ross et Weis, t. vi, p. 514. Voyez les Bellandistes, t. iv, mss. ; Trilikma, de Script. eccles. ; Ignace Grupp, bénédictin de Saint-Étienne à Wurtzbourg, Collectio novissima scriptorum et rerum Wirceburgensium, t. i, p. 55 ; t. ii, p. 199 usque ad 113, 696 et 681 ; et le Proprium Herbipolense. — Godescard, édition de Bruxelles ; Baronius, notes au martyrologe.

Date de fête

17 mai

Époque

5ᵉ siècle

Décès

17 mai (Ve siècle)