Saint Lambert de Vence

Évêque de Vence

Fête : 26 mai 12ᵉ siècle • saint

Résumé

Né à Bauduen par une extraction chirurgicale suite au décès de sa mère, Lambert fut élevé à l'abbaye de Lérins avant de devenir évêque de Vence. Il gouverna son diocèse pendant quarante ans avec une simplicité monastique, se dévouant aux pauvres et aux malades jusqu'à sa mort en 1154.

Biographie

SAINT LAMBERT, ÉVÊQUE DE VENCE (1154).

Lambert naquit à Bauduen, bourg du diocèse de Fréjus. Sa mère mourut dans les douleurs de l'enfantement, et l'on employa le fer pour extraire l'enfant. Il en fut tellement affligé dans la suite, qu'il ne cessa d'expier ce qui lui semblait un crime par des larmes continuelles et par les œuvres d'une dure pénitence.

Il fut confié, dès son enfance, aux moines de Lérins, pour être élevé par eux. Il se concilia leur bienveillance et leur admiration par un naturel excellent et enclin à toutes les vertus. Il aimait le silence et la solitude, et il ne sortait jamais de sa cellule, excepté lorsque l'obéissance l'y forçait. Il devint savant sans cesser d'être humble.

Il fut choisi pour succéder à l'évêque de Vence; il fut sacré malgré sa résistance. Dès lors, on le vit sans cesse occupé à instruire son peuple par sa parole et à l'édifier par son exemple; à secourir largement les pauvres; à consoler les malades et les affligés. Il vécut dans la dignité épiscopale avec une simplicité toute monastique. Il gouverna quarante ans son église, et rendit son âme à Dieu le 26 mai. Sa mort fut accompagnée de miracles.

Propre de Fréjus.

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## SAINT BÉRENGER,

## MOINE DE SAINT-BENOÎT DE L'ABBAYE DE SAINT-PAPOUL (1292).

L'abbaye de Saint-Papoul, qui reconnaît l'empereur Charlemagne pour son fondateur, et Louis le Débonnaire pour l'un de ses bienfaiteurs les plus illustres, a aussi la gloire d'avoir donné à l'Église triomphante le Saint dont nous écrivons la vie.

Bérenger naquit au pays de Toulouse, l'an 1264, de parents recommandables par leur noblesse. Encore enfant, il fut un modèle achevé de toutes les vertus, et on se disait en le voyant : Celui-là sera un jour un grand Saint.

A peine adolescent, il méprisa les vanités du siècle, les sourires de la fortune et les honneurs que l'avenir lui réservait. Comprenant avec le saint roi David qu'il lui était avantageux de s'attacher au Seigneur, afin de le servir de tout son cœur à l'abri des dangers du monde, il embrassa la Règle de Saint-Benoît dans l'abbaye de Saint-Papoul, et fit profession entre les mains de Raymond qui en était alors abbé.

Devenu religieux dans ce monastère célèbre, il excella tellement dans la pratique de toutes les vertus, qu'il devint le modèle de ceux-là mêmes qui étaient plus avancés que lui en âge et en profession, et qui ne pouvaient se lasser de l'admirer. La discipline et la régularité du cloître n'eurent pas de défenseur plus ardent, ses paroles avaient la simplicité chrétienne pour règle, sa conduite était inspirée par l'amour de Dieu, sa douceur et son obligeance lui gagnaient tous les cœurs, et sa piété donnait de l'éclat à toutes ses actions. Il ne cessa jamais de mortifier cruellement son corps; couvert d'un vêtement rude et grossier, il se délassait sur la terre nue des fatigues du jour, une pierre lui servait d'oreiller. — Son esprit était toujours occupé de la contemplation et de la méditation des choses du ciel; il ajoutait à la prière, aux cilices, à la rigueur des disciplines, à une surveillance continue sur ses sens, un jeûne perpétuel, et c'est ainsi qu'il parvint à conserver pure et sans tache jusqu'à son dernier jour, cette fleur de la virginité que nous parlons, au témoignage de l'Apôtre, dans un vase si fragile.

Ce fut uniquement pour être fidèle à son vœu d'obéissance, qu'il consentit à recevoir l'ordination sacerdotale, et dès ce moment il redoubla d'efforts, afin de remplir dignement les obligations que lui imposait un si grand ministère. Toujours le premier rendu dans le chœur de l'église abbatiale, ange à l'autel sur lequel il offrait fréquemment et avec tant de dévotion la victime sainte, toujours prêt à soulager les pauvres, à visiter et à consoler les membres souffrants de Jésus-Christ, son nom devint de plus en plus célèbre et on ne l'appelait plus que le Saint. La méditation des livres sacrés faisait ses délices, il trouvait dans cette lecture son plus doux passe-temps, et jamais il ne put se résoudre à abandonner, malgré ses mortifications et ses abstinences, l'œuvre de la prédication. Il voulait imiter Jésus-Christ et prêcher la pénitence autant par la parole que par l'exemple.

Dieu voulut qu'une dignité l'élevât au-dessus de ses frères, Bérenger fut tout d'abord nommé maître des novices, plus tard aumônier et enfin ouvrier du monastère de Saint-Papoul. Mais notre Saint se regarda toujours comme le plus humble et le dernier des moines, et il se crut obligé de pratiquer avec encore plus de soin à leur égard tous les devoirs de la charité fraternelle. Bien loin de se reconnaître le droit d'avoir une volonté propre, il attendait toujours avant que de prendre une détermination quelconque un signe de son abbé auquel il se glorifiait d'obéir jusqu'à dans les plus petites choses.

Dieu se servit de lui pour opérer de son vivant de nombreux miracles. Par ses prières, il obtint que l'épouse jusqu'alors stérile d'un chevalier devint féconde. Il prédit le jour et l'heure de sa mort aux moines qui environnaient son lit de douleur, les exhorta de son mieux à l'observance régulière, reçut avec une piété angélique les Sacrements de l'Église, et son âme prit son essor vers le ciel pendant la nuit de l'Ascension du Seigneur, l'an 1292, sous le règne de Philippe IV, roi de France.

Ses reliques sont conservées religieusement dans l'église de l'abbaye de Saint-Papoul, que, peu de temps après la mort de notre Saint, l'an 1315, le pape Jean XXII éleva à la dignité de cathédrale, sous la métropole de Toulouse. — Un inventaire de l'année 1427 témoigne qu'à cette époque un autel lui était déjà dédié dans l'église cathédrale où sa fête a toujours été célébrée sous le rite double-majeur.

Nous n'avons fait, dans cette vie, que reproduire, en les réunissant, la légende du propre de saint Papoul, imprimé par ordre de Daniel-Bertrand de Langle, celle du Dréviaire de 1772, et la notice consacrée à saint Bérenger dans le manuscrit du XVe siècle que l'on conserve encore dans les archives de l'ancien palais épiscopal. C'est avec bonheur que nous avons aussi trouvé la date de la naissance du Saint dans une délibération du Chapitre de Saint-Sernin de Toulouse, à l'occasion d'une proposition d'échange de reliques faite par le Chapitre de Saint-Papoul.

Notes locales.

Date de fête

26 mai

Époque

12ᵉ siècle

Décès

26 mai 1154