Saint Abraham (Abré de Saint-Cirgues)

Abbé

5ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire de Syrie et après une captivité de cinq ans chez les Sarrasins, Abraham s'établit à Clermont en Auvergne au Ve siècle. Il y bâtit l'église Saint-Cirgues et un monastère où il devint célèbre pour sa sainteté et le miracle de la multiplication du vin. Il mourut vers 472 et son tombeau devint un lieu de guérison pour les fiévreux.

Biographie

SAINT ABRAHAM,

ABRÉ DE SAINT-CIRGUES, À CLERMONT (472).

Saint Abraham vint au monde en Syrie, sur les bords de l'Euphrate, vers la fin du IVe siècle. Après avoir fait de grands progrès dans les voies de Dieu, où il était entré dès sa jeunesse, il pensa que, pour y réussir et s'y perfectionner, il devait imiter le grand patriarche du peuple de Dieu, dont il portait le nom, et sortir comme lui de son pays. Il voulut aller voir les saints ascètes de l'Égypte, pour tâcher de s'en faire des modèles ; mais il fut pris par des Sarrasins qui, après l'avoir dépouillé, le maltraitèrent indignement en haine de Jésus-Christ, et le mirent dans les fers où ils le retinrent pendant cinq ans.

Après que Dieu l'eut délivré, il quitta l'Orient. Traversant alors la Méditerranée, il vint dans les Gaules, et s'arrêta dans la ville de Clermont, en Auvergne, auprès d'une église dont on venait de poser les fondements, et qu'il acheva de bâtir lui-même en l'honneur de saint Cirgues, martyr. À cette église il ajouta un monastère, où il forma un grand nombre de disciples par ses exemples et ses instructions, et où il parvint lui-même à la plus haute perfection.

Saint Abraham fut même favorisé pendant sa vie du don des miracles. Nous en choisissons un entre mille. Le jour de la fête de saint Cirgues, une foule de pèlerins affluaient à l'église, et le monastère avait la coutume de leur fournir le vin nécessaire à leur réfection. Saint Abraham recommandait un jour au cellérier de tenir prêts, pour cette occasion, des tonneaux pleins de vin. « Vous ne considérez pas, mon père », lui repartit l'économe, « qu'outre la foule qui doit remplir demain la ville, vous avez invité Monseigneur l'évêque, le comte de Clermont et les notables de la contrée, et que toutefois il ne vous reste pas à la cave une mesure de vin ». Le saint abbé descendit alors à la cave : « Faites-nous cette faveur, ô mon Dieu », s'écria-t-il, « que le vin ne vienne pas à manquer avant que tout ce peuple, qui va venir honorer votre serviteur, en ait bu suffisamment ». Sa prière fut exaucée. Non-seulement le vin ne manqua pas, mais on constata qu'il n'avait même pas diminué.

Notre saint Abbé parvint à une rare vieillesse ; sa bienheureuse mort arriva vers l'an 472. Son corps fut enseveli dans l'église de Saint-Cirgues, qui était autrefois une paroisse de Clermont.

Ceux qui sont tourmentés de la fièvre trouvent ordinairement du soulagement devant son tombeau.

Propre de Clermont ; Cf. J. Branche : Vies des Saints et Saintes d'Auvergne.

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## SAINT PSALMODE OU SAUMAY, SOLITAIRE DANS LE LIMOUSIN (589).

Psalmode, contemporain de Grégoire le Grand, issu d'une noble famille, dans la Grande-Bretagne, fut élevé dans les lettres divines et les mœurs chrétiennes par Brandan, abbé. Il était encore jeune, lorsqu'un jour, s'étant endormi au bord de la mer, sur un faisceau d'algue, l'algue fut soulevée par les eaux, jusqu'à ce que les îlots, en se retirant par le reflux, le laissèrent sain et sauf sur le rivage, occupé à chanter les louanges de Dieu. Un peu plus tard, voulant vaquer plus librement à la contemplation, il se retira à Saintes, ville d'Aquitaine, où l'évêque saint Léonore le reçut avec honneur. Un fait miraculeux vint confirmer l'opinion que saint Léonore avait conçue de sa sainteté. L'évêque ayant fait conserver de l'eau dans laquelle Psalmode avait lavé ses mains, une femme aveugle en baigna ses yeux, et aussitôt elle recouvra la vue.

Le bruit de ses miracles attira tant de monde, qu'il fut obligé de s'éloigner de Saintes pour retrouver la solitude. Il vint dans le Limousin, trouva dans un bois très-épais, non loin d'Eymoutiers, un lieu tel qu'il le désirait, et s'y fixa pour y passer ses jours dans la contemplation et la prière. Chaque jour il récitait, outre d'autres prières, le Psautier tout entier, d'où lui est venu le nom de Psalmode. Il jeûnait tous les jours, excepté les jours de fête.

Il guérit, avec de l'eau bénite, la fille du duc d'Aquitaine, laquelle avait été mordue par une vipère. Il délivra un possédé, et rendit la vue à une femme aveugle. Mais ces prodiges lui procurant une gloire dont souffrait son humilité, il demanda à Dieu de lui retirer le pouvoir d'opérer des miracles. Il s'envola au séjour de la gloire immortelle le 15 juin.

Son corps fut enseveli à Eymoutiers (Haute-Vienne), où il est honoré religieusement.

Propre de Limoges.

Époque

5ᵉ siècle

Décès

vers l'an 472