Saint Fleuret (Florez)

Évêque régionnaire de la contrée de l'Auvergne

Fête : 1er juillet 7ᵉ siècle • saint

Résumé

Évêque régionnaire d'Auvergne au VIIe siècle, Saint Fleuret fut un missionnaire apostolique luttant contre les hérésies. Mort à Estaing après une maladie de huit jours, il est célèbre pour ses miracles, notamment la guérison d'un aveugle. Ses reliques sont toujours l'objet d'un culte solennel chaque premier dimanche de juillet.

Biographie

SAINT FLEURET OU FLOREZ,

ÉVÊQUE RÉGIONNAIRE DE LA CONTRÉE DE L'AUVERGNE (VIIe siècle).

Saint Fleuret (Floregius) fut orné des qualités de l'esprit et des dons de la grâce dans une large mesure. Ni son berceau, ni sa généalogie, ni son existence ne nous sont connus, dit Du Saussaye. S'il était permis d'émettre une opinion, nous croirions pouvoir avancer que saint Fleuret vint au monde vers le VIIe siècle, qu'il vit le jour au sein même des montagnes dont il fut plus tard l'apôtre, et qu'il était peut-être issu de cette noble famille d'Estaing qui se faisait un honneur de le placer parmi ses parents, et dont elle a conservé le portrait dans la galerie de ses ancêtres.

La légende prétend que ce Saint était évêque dans l'Auvergne, ce qui semble indiquer Clermont ; mais on ne trouve pas le nom de ce prélat dans les listes des évêques de cette église. Nous croyons, avec un hagiographe du Rouergue, que saint Fleuret était évêque régionnaire de la contrée de l'Auvergne et des pays voisins. Dans le Ve siècle, on institua des évêques régionnaires sans siège fixe, mais ayant une certaine étendue de pays sous leur juridiction, comme des missionnaires apostoliques, afin de pourvoir aux besoins pressants de l'époque et afin d'extirper les hérésies que les malheurs des temps laissaient s'introduire.

Dès ce monde, Dieu glorifia son serviteur du don des miracles. On rapporte, entre autres, qu'un aveugle recouvra la vue en s'arrosant les yeux de l'eau dont le saint prélat s'était lavé les mains avant de célébrer les divins mystères. Plusieurs boiteux lui durent aussi leur guérison.

Quand notre Saint fut mûr pour le ciel, Dieu l'arracha doucement de la terre après une maladie de huit jours. De passage à Estaing, petite ville du diocèse de Rodez, il y laissa sa dépouille mortelle.

Aussi, sa mémoire a été toujours en vénération à cause de la sainteté de sa vie, et les miracles les plus éclatants sont venus la recommander, de plus en plus, à l'amour des peuples. Son corps presque entier repose dans l'église d'Estaing : tous les ans, le premier dimanche de juillet, il y est l'objet d'un culte solennel que rien n'a pu, jusqu'à ce jour, ni interrompre, ni diminuer ou affaiblir. Un concours d'étrangers, arrivés des paroisses voisines et des confins de la haute Auvergne, lui présente l'hommage de leurs prières, avec les offrandes que leur inspire le sentiment de foi qui les anime.

Aux portes d'Estaing, une chapelle a été construite sous le vocable de saint Fleuret et dédiée à ce patron béni ; et, à côté de cette même chapelle, coule une fontaine dont les religieuses populations du pays attribuent l'origine aux ferventes prières de saint Fleuret : elles sont même dans le pieux usage de puiser à cette source, dès qu'elles sont visitées, ou par les infirmités, ou par quelque maladie.

La veille de la fête de saint Fleuret, on expose à la vénération des fidèles ses reliques inædites : cette pieuse cérémonie qui a lieu, avec solennité, au milieu des chants de l'Église et de l'Iste confessor, l'hymne liturgique des confesseurs, s'appelle l'ouverture du « corps saint ». Le chant d'une antienne particulière consacre cette touchante cérémonie.

Saint Fleuret est invoqué pour obtenir de Dieu la préservation, au bétail, des diverses épidémies, la santé des malades et la conservation des fruits de la terre. Les nombreux pèlerins qui se rendent à son tombeau, pour demander à Dieu ces grâces, par son intercession, ont coutume de faire bénir du pain et du sel qu'ils emportent pour en faire un saint usage chez eux, et ils offrent, en outre, une messe à Dieu en l'honneur de saint Fleuret. L'un d'entre eux disait, dans un des derniers pèlerinages qu'il a accomplis au tombeau de saint Fleuret, « qu'il s'y était rendu, chaque année, depuis soixante ans, pour rester fidèle à la promesse qu'il avait faite à son vieux père sur son lit de mort ; et qu'il avait recommandé à son fils de suivre, après sa mort, son exemple, parce qu'il s'était trouvé bien de la dévotion qu'il avait été constant à montrer pour saint Fleuret ».

L'abbé Bouaquet, secrétaire général de l'évêché de Rodez. — Extrait du Propre de l'Église d'Estaing, et du Propre de Rodez ; — Cf. L. Servières, Les Saints du Rouergue.

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## SAINT GOULVEN,

### ÉVÊQUE DE L'ANCIEN SIÈGE DE LÉON, EN BRETAGNE (Xe siècle).

Saint Goulven naquit dans un pays de Bretagne appelé Odena ; son père se nommait Glaudon et sa mère Golaguen. Un riche propriétaire breton l'ayant adopté dans le dessein d'en faire son héritier, il ne négligea rien pour son éducation, et surtout il le fit appliquer à l'étude des lettres, où l'enfant réussit complètement. Son père et sa mère moururent, et Goulven, qui avait déjà renoncé au monde dans son cœur, fit de si grands progrès dans la perfection que tous les malades des environs, persuadés de son crédit auprès de Dieu, accouraient à lui de toutes parts pour être soulagés dans leurs maux. Plus attentif encore aux besoins de leurs âmes qu'à ceux de leurs corps, il instruisait en même temps qu'il guérissait ; et sa parole, secondée de la grâce de Dieu, portait la vie et la santé dans les cœurs, à mesure que l'imposition de ses mains chassait les maladies corporelles.

Les nombreux éloges que lui attiraient la reconnaissance et l'admiration générales finirent par alarmer sa modestie ; pour éviter la tentation de la vaine gloire, il alla se cacher dans des bois et des buissons qui bordaient les marais de son pays. Il y bâtit un oratoire qu'il appela Peni-ti, c'est-à-dire Maison de pénitence. Enfermé dans ce lieu solitaire, il s'y appliqua nuit et jour à la contemplation et aux louanges de Dieu. Il ne mangeait qu'une fois le jour ; sa nourriture n'était que du pain et de l'eau, et très-peu d'autres aliments. Il ne sortait qu'une fois le jour pour aller faire dans le bois une procession de trois ou quatre cents pas. Il y avait planté trois croix, et il s'arrêtait quelque temps au pied de chacune pour faire sa prière : c'est ce qu'on a depuis appelé les stations de Saint-Goulven.

Cependant le peuple et le clergé de Léon, charmés des vertus du pieux anachorète, voulaient le contraindre d'accepter la dignité épiscopale. Saint Goulven fit, pour leur échapper, le voyage de Rome. On ne chercha pas à le retenir lorsqu'il eut déclaré qu'il y était obligé par vœu ; mais on envoya au Saint-Siège le décret de son élection avec l'éloge de sa vie angélique. Le Pape donna avec joie l'onction sacrée à un sujet d'un si grand mérite et le renvoya en Bretagne pour gouverner le diocèse de Léon.

Après quelques années d'épiscopat, notre Saint s'étant rendu à Rennes pour des affaires ecclésiastiques, il y fut attaqué de la fièvre : il en mourut après avoir prédit le jour et l'heure de sa mort.

Les religieux de Saint-Melaine enterrèrent son corps dans leur église, où Dieu a fait de grands miracles par son intercession. Dans la suite, son corps fut levé de terre, et quelques personnes du pays de Léon obtinrent une jointure d'un de ses doigts qu'ils déposèrent dans l'église de Saint-Goulven. Le reste fut mis, partie dans l'église cathédrale de Rennes, partie dans celle de Saint-Melaine (Île-et-Vilaine), et une autre partie dans l'église paroissiale de Goulven (Finistère). Outre l'église bâtie auprès du Peni-ti, qui a depuis porté le nom de Saint-Goulven, les fidèles bâtirent une chapelle en son honneur à Odena son pays natal.

On le représente près d'une source d'eau vive qui jaillit de terre. On raconte que sa mère le mit au monde pendant un voyage qu'elle faisait avec son mari ; loin de toute habitation, elle craignait de manquer d'eau pour baptiser le nouveau-né qu'elle voyait en danger de mourir : une source jaillit miraculeusement de terre et servit ses desseins.

Abrégé de la biographie détaillée qu'en donne Dom Lobineau dans les Vies des Saints de Bretagne.

## II JOUR DE JUILLET

### MARTYROLOGE ROMAIN.

La fête de la VISITATION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE À SAINTE ÉLISABETH. L'an 1 avant Jésus-Christ. — À Rome, sur la voie Aurélienne, la naissance au ciel des saints martyrs PROCESSE et MARTINIEN, lesquels, ayant été baptisés par saint Pierre, apôtre, dans la prison Mamertine, sous Néron, eurent la bouche et les dents brisées avec des cailloux ; puis endurèrent le chevalet, les coups de bâton et de nerf de bœuf, la violence du feu et des scorpions, et furent enfin couronnés du martyre en perdant la vie par le tranchant de l'épée. Ier s. — Encore à Rome, le supplice de trois bienheureux soldats, qui, ayant été convertis à Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le martyre de l'apôtre saint Paul, s'en allèrent jouir avec lui du bonheur de la gloire éternelle. Sous Néron. — Le même jour, en Campanie, les saints martyrs Ariston, Crescentien, Entychien, Urbain, Vital, Juste, Félicissimo, Félix, Macie et Symphorose, qui furent tous couronnés du martyre, au temps de la cruelle persécution de l'empereur Dioclétien. Vers l'an 285. — À Winchester, en Angleterre, saint Swithn, Swithun ou Swithin, évêque, dont la sainteté fut manifestée par les miracles qu'il opéra. 863. — À Bamberg, en Bavière, saint OTHON, évêque, lequel amena, par ses prédications, les peuples de la Poméranie à la foi de Jésus-Christ. 1139. — À Tours, le décès de sainte MONÉGONDE, femme pieuse. Vers 576.

### MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.

À Avignon, le bienheureux Pierre de Luxembourg, cardinal et évêque de Metz. Tout jeune encore, il fut honoré de la pourpre et du caractère épiscopal. Son corps repose dans l'église des Célestins d'Avignon où il est entouré de la vénération des fidèles ; l'église des Célestins de Paris possède son manteau qui opère de grands miracles en faveur des malades qui demandent d'en être convertis. La ville de Ligny-en-Barrois, au diocèse de Verdun, en fait la fête le 5 de juillet. — Dans l'église de la Sorbonne, à Paris, la translation des reliques de sainte Euphémie de Chalcédoine, dont l'illustre maison de Sorbonne possède quelques fragments. — Au diocèse de Meaux, Sainte Jérache ou Géroche (Gerundius), curé de l'ancienne paroisse de Saint-Pierre de Gilmontiers, en Brie. Il est honoré à Rebais (Seine-et-Marne), et son corps se gardait autrefois à Faremoutier (Fare Monasterium, Sancte Fara, Exoriscence) qui était une abbaye de femmes, de l'Ordre de Saint-Benoît, fondée dans le diocèse de Meaux, vers l'an 617, par sainte Fare, fille d'Agnéric, l'un des principaux officiers de la cour de Théodebert II, roi d'Austrasie. La tradition rapporte que saint Jéroche était le confesseur de sainte Fare, ce qui explique comment son corps fut déposé dans le monastère dont cette sainte fille était la fondatrice. Une église a été construite sous son nom à Dagny, près de la Ferté-Gaucher (Seine-et-Marne) où une partie de son chef se conserve religieusement de temps immémorial. VIIe s. — En Bretagne, saint OUDOCÉE ou OUDOTHEE, troisième évêque de Landoff, en Angleterre. 564. — Au diocèse de Limoges, saint Amuse, confesseur. On l'honorait autrefois dans l'abbaye de Saint-Martial de Limoges. La tradition rapporte qu'il remonte au temps même de saint Martial, apôtre de l'Aquitaine, et que les prédications et les vertus de cet homme apostolique ne contribuèrent pas peu à le convertir au christianisme. Son corps fut enseveli auprès de celui de saint Martial, dans un tombeau qu'il avait construit pour lui-même. IIIe s. — À la Voute-Châhaç (Haute-Loire), au diocèse du Puy, fête de Notre-Dame Trouvée. C'est une petite statue de Marie que trouvèrent des enfants, en s'amusant à jeter des cailloux l'un contre l'autre. Un de ces cailloux s'était fendu en deux par le choc, on aperçut dans l'intérieur une petite image de Notre-Dame, tenant l'Enfant Jésus sur le bras gauche, peinte or et azur, la tête découverte, avec cinq fleurs de lis sur la robe et une étoile sur la poitrine. On plaça l'image dans l'église où elle opéra plusieurs guérisons miraculeuses. La fête se célèbre avec grande solennité et attire un grand concours de prêtres et de fidèles. — À Lescure (Cantal), au diocèse de Saint-Flour, fête de Notre-Dame de la Visitation, dont la statue fut découverte, en 1717, par un pieux berger du pays qui fit bâtir pour l'y déposer un modeste scatuire que l'on remplaça, en 1725, par une chapelle plus digne qui sert de chœur à l'église actuelle. Le sanctuaire vénéré, qui voyait s'accroître tous les ans le nombre des pèlerins, fut vendu pendant la Révolution de 93 ; quand ces mauvais jours furent passés, les habitants le rachetèrent tout mutilé qu'il était, et s'empressèrent de le réparer. Depuis cette époque, entre plus de mille personnes qu'y envoient chaque année la ville d'Aurillac ou ses environs, il y vient des pèlerins, non-seulement des différentes parties du Cantal, mais de l'Aveyron, du Lot, de la Lozère, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, et même plusieurs paroisses s'y rendent en procession. — À Molompize (Cantal), au diocèse de Saint-Flour, fête de Notre-Dame de Bon-Secours. La paroisse de Molompize, sur laquelle elle est située, s'y rend en procession à pareil jour et y offre le saint sacrifice. Les voyageurs la saluent du plus loin qu'ils l'aperçoivent et ne manquent jamais, quand ils passent auprès, de s'arrêter pour y prier. — À l'est de Mouriac (Cantal), au même diocèse de Saint-Flour, fête de NOTRE-DAME DE LA FORT-SAINTE. — À Lille (Nord), fête de NOTRE-DAME DE LA TRILLE. — À Esquermes, près Lille (Nord), pèlerinage de NOTRE-DAME D'ESQUERMES. — À Verdelais, écart de la commune d'Aubiac (Gironde), au diocèse de Bordeaux, fête de NOTRE-DAME DE VERDELAIS. — À Torcé (Sarthe), au diocèse du Mans, fête de NOTRE-DAME DE TORCÉ. — À Saint-Martin-de-Coonée (Mayenne), au diocèse de Laval, fête de NOTRE-DAME DU CHÊNE. — À Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), fête de NOTRE-DAME D'ESPÉRANCE. — À Boëge (Haute-Savoie), au diocèse d'Annecy, pèlerinage de NOTRE-DAME DES VOIRONS. — À Aix-les-Bains (Savoie), au diocèse de Chambéry, fête de NOTRE-DAME D'AIX ET DES EAUX. — Sur la montagne d'Étang, près du village de Velars (Côte-d'Or), au diocèse de Dijon, fête de NOTRE-DAME D'ETANG. — À Beuse (Puy-de-Dôme), au diocèse de Clermont-Ferrand, fête de NOTRE-DAME DE VASSIVIÈRE. — À Bollozelle, près Dunkerque (Nord), au diocèse de Cambrai, fête de Notre-Dame de la Visitation. Elle date du XIIIe siècle ; on l'invoque principalement contre la peste et les maladies contagieuses. La princesse Isabelle, épouse du prince Albert, fit ce pèlerinage en 1621, et Marie-Thérèse, épouse de Jacques II, roi d'Angleterre, en 1687. Le pape Innocent XII attacha une indulgence plénière à la visite de ce sanctuaire, le jour de la Visitation ou pendant son octave, et Grégoire XVI la confirma en 1845. — Sur la crête des montagnes de Vailly (Haute-Savoie), au diocèse d'Annecy, pèlerinage de Notre-Dame d'Hermone, célèbre par les nombreux miracles qu'y opère tous les jours la sainte Vierge. L'ancien sanctuaire était jadis une chapelle d'un monastère de Cisterciennes. Elle fut presqu'entièrement reconstruite, en 1840, par les habitants qui firent ériger un chemin de croix sur la principale avenue qui y conduit. — À Plougoulm, près Saint-Pol-de-Léon (Finistère), au diocèse de Quimper, pèlerinage de Notre-Dame de Pra-Coulm, ainsi appelée de deux mots bretons qui signifient : Chant de la colombe, parce que, dit-on, une colombe blanche plane toujours au-dessus de son clocher. La foule se presse avec foi et recueillement dans ce sanctuaire vénéré, dont les murs sont tapissés d'ex-voto, souvenirs précieux de la confiance et de la reconnaissance des fidèles. — Au village de Weiler, près Wissembourg (Bas-Rhin), au diocèse de Strasbourg, pèlerinage de Notre-Dame des Sept-Douleurs. Sa chapelle fut bâtie, au XIVe siècle, par les Bénédictins de l'abbaye de Wissembourg. Dévastée pendant les guerres qui désolèrent l'Alsace au commencement du XVIe siècle, elle fut reconstruite, en 1719, par le roi détrôné de Pologne, Stanislas Leczinski, qui donna six cents florins pour son entretien et la fondation d'une messe aux six principales fêtes de la Vierge. Le concours des fidèles croissant de jour en jour, en 1774, on allongea la nef de vingt-deux pieds, en y ajoutant un porche. Le pèlerinage a lieu, de nos jours, non-seulement en juillet, mais aussi le jour de la Passion et tous les vendredis de l'année. — Au bourg de Boderen, près Thann (Haut-Rhin), au diocèse de Strasbourg, pèlerinage de Notre-Dame de Boderen. Sa chapelle date de 1716. Pie VI accorda, en 1786, une indulgence de deux cents jours à ceux qui y réciteraient les litanies de la sainte Vierge. Restauré en 1843, ce sanctuaire est de plus en plus fréquenté ; les conscrits, avant de partir pour l'armée, y font dire une messe, et les soldats de Crimée y sont allés pieds nus, au retour de l'expédition, pour remercier Notre-Dame de les avoir protégés. — À Saint-Martin, écart de la commune d'Onet-le-Château (Aveyron), au diocèse de Rodez, fête de Notre-Dame de la Salvage, située dans une solitude, au milieu d'une vaste forêt. C'était autrefois un petit oratoire carré, avec une voûte à plein cintre, au milieu d'un grand enclos dont on voit encore des vestiges. On le remplaça plus tard par une nouvelle chapelle que détruisit la Révolution de 93, et que reconstruisirent, en 1838, les habitants de Saint-Martin. La belle statue qui se voit au-dessus du maître-autel est un don du cardinal de Bouald, archevêque de Lyon. L'église actuelle est longue de dix-huit mètres, large de douze, toute à proportion, et l'ancien sanctuaire lui sert de sacristie. C'est le rendez-vous des fidèles de l'Aveyron, de la Lozère, de l'Hérault et du Gard. — Près de Dournon (Jura), au diocèse de Saint-Claude, fête de Notre-Dame de Montaigu. Cet oratoire date de 1493 et fut bâti par le magistrat d'Arbois, en reconnaissance d'une victoire remportée sur les troupes de Charles VIII, roi de France, et attribuée par la voix publique à la protection de la sainte Vierge. Sa chapelle primitive, qui est la sacristie d'aujourd'hui, s'appelle Notre-Dame de Mont-Serrat. Victime des fureurs révolutionnaires de 93, ce sanctuaire béni a été rendu par les habitants à sa première splendeur. — À Cessales, près Villefranche de Lauragais (Haute-Garonne), au diocèse de Toulouse, fête de Notre-Dame de Clary. Son sanctuaire date du Xe siècle. Démoli par les Albigeois au commencement du XIIIe siècle, il fut reconstruit sur la fin du XIVe, détruit de nouveau en 93, et restauré définitivement en 1854. La statue est au-dessus du maître-autel rétabli. Il y avait, dans l'église de Clary, une confrérie à laquelle se faisaient affilier la plupart des pèlerins et qui avait le privilège de plusieurs indulgences attachées, soit à la visite de l'église, soit au titre de membre de la confrérie. Pie IX, par son bref de 7 septembre 1855, a renouvelé ces indulgences.

## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.

**Martyrologe des Cisterciens.** — La Visitation de la sainte Vierge à sainte Elisabeth. Le pape Urbain VI accorda des indulgences aux personnes qui assistent à l'office et à la messe pendant l'octave de cette fête. Boniface IX les a confirmées.

## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.

En Italie, saint Hyacinthe, martyr. Il naquit en Phrygie, qui est une région de l'Asie-Mineure, et y reçut une éducation chrétienne. Il vint à Cames, ville de Campanie, et y guérissait les malades au nom de Jésus-Christ ; mais des idolâtres s'emparèrent de sa personne et le conduisirent devant le préfet de la province. Celui-ci le fit tourmenter sur le chevalet, puis, après un miracle que notre Saint opéra devant lui, il se convertit au christianisme et rendit Hyacinthe à la liberté. Les habitants de Cames se chargèrent alors de l'accabler de mauvais traitements. Le serviteur de Dieu fit sa prière et aussitôt un grand tremblement de terre ébranla la ville jusque dans ses fondements et abattit toutes les idoles. Cela valut à notre Saint d'avoir les membres rompus et d'être jeté dans une obscure prison. Enfin on lui ôta ses chaînes ; il parcourut alors de nouveau tout le pays pour guérir les malades jusqu'à ce qu'étant lui-même victime d'une fièvre maligne, il s'échappa donc de la terre pour aller saluer son Bien-Aimé dans le ciel. 189. — Dans l'ancien monastère de Baume-les-Moines (Bolma, Jura), saint Aldegrin, confesseur, déjà nommé au martyrologe de France du 5 juin. Cette abbaye de Baume remonte, dit-on, au IVe siècle : elle fut reconstruite, l'an 926, par saint Bernon, fondateur et premier abbé de Gigay (Gigniacum, Jura). On dit que le même saint Bernon en tira quelque temps après des religieux pour établir l'observance dans le monastère de Cluny, alors nouvellement bâti. L'abbaye de Baume-les-Moines était située au milieu des montagnes du Jura, à quelques lieues de Lons-le-Saulnier. Xe s. — À Sezza, près de Piperno, en Italie, saint Lidan ou Ligdan, appelé aussi Lindan et Lindane, abbé, de l'Ordre de Saint-Benoît. Il passa de longues années dans un certain monastère de Sainte-Cécile, et s'y fit admirer de tous par l'éclat de ses vertus. Les miracles qu'il fit pendant sa vie et après sa mort sont des témoins irrécusables de la sainteté et de la gloire dont il jouit dans le ciel. 1118. — En Phrygie, saint Quint, martyr, sous le règne d'Aurélien. — À Rome ou en Mésopotamie, les saints Hisique, Amide, Amigridin, Arixe et Jocondianille, martyrs, indiqués au martyrologe de saint Jérôme. — Au diocèse de Silon, saint Adéodat, prêtre et confesseur. — À Vicence, en Vénétie, le bienheureux Jean de Vicence, de l'Ordre des Frères Prêcheurs. Attiré par la renommée des vertus de saint Dominique, il se joignit à ses premiers disciples, prêcha avec fruit à Bologne, ville de la Romagne, en Italie, et dirigea le couvent de Padoue, ville forte du même royaume. C'est lui qui fut chargé de l'enquête pour la canonisation de saint Antoine de Padoue. XIIIe s.

Date de fête

1er juillet

Époque

7ᵉ siècle

Décès

VIIe siècle