Saint Genou (Genulfe)
Premier évêque de Cahors
Résumé
Envoyé par le pontife romain vers 260, Genou évangélisa Cahors avec son père Genit. Après avoir survécu au bûcher et ressuscité le fils du gouverneur, il convertit le peuple des Cadurces. Il finit ses jours en Berry où ses reliques furent honorées sur les bords de l'Indre.
Biographie
SAINT GENOU, ÉVÊQUE DE CAHORS ET SAINT GENIT, SON PÈRE
IIIe siècle.
Genulfe ou Genou, destiné à l'apostolat des Cadurces par le pontife Romain, vint, l'an 260 environ, dans leur ville capitale, nommée en langue celtique Divone et plus tard Cahors ; il y vint avec son père Genitus, telle est la tradition. À quelle religion insensée les Cadurces étaient alors livrés, on en peut juger par ce qui reste des ruines de leurs temples, par les fragments des simulacres de leurs divinités et par leurs gigantesques autels de pierre encore dressés sur leurs montagnes, sur lesquels ils immolaient des victimes humaines aux princes des ténèbres. Genulfe eut pitié du déplorable aveuglement du peuple confié à son zèle ; il conçut l'espoir de dissiper par la lumière évangélique ces ténèbres profondes ; le secours divin était ce en quoi il se confiait avant tout : il l'implora d'abord par l'abondance de ses larmes, par des jeûnes continuels et des prières incessantes ; puis, venant au ministère de la parole, dans la ville premièrement, il proposa à ces adorateurs de faux dieux l'adoration d'un seul Dieu, souverain maître de tout.
Dieu, par d'éclatants miracles, confirma la mission du saint apôtre. Ses prières faisaient tomber les idoles, mettaient en fuite les démons, rendaient la santé aux infirmes ; il s'ensuivit qu'une grande partie des habitants crut en Jésus-Christ. Mais les Druides et d'autres sacrificateurs, tant de la race gauloise que de la nation romaine, qui avait subjugué les Cadurces, voyant avec dépit la chute de leurs dieux, soulevèrent contre Genulfe et son père la portion du peuple qui n'avait pas encore embrassé la foi. C'est pourquoi le gouverneur de la cité les condamna, comme magiciens, à être brûlés vifs sur le bûcher. Mais la flamme les ayant épargnés, au grand étonnement du peuple, la multitude des croyants s'en accrut. Puis Genulfe ayant bientôt après rappelé à la vie le fils du gouverneur enlevé par une mort soudaine, la tradition rapporte que le gouverneur et tout le peuple reçurent la foi de Jésus-Christ avec le baptême.
Ce ne fut pas seulement la ville, mais tout le pays des Cadurces, que Genulfe amena à la connaissance du vrai Dieu. Il brûla les bois consacrés aux idoles, brisa les statues, renversa les temples, ou bien, après les avoir purifiés, il les consacra au Très-Haut, et après avoir fortifié dans la foi les innombrables enfants qu'il avait engendrés à Jésus-Christ, il émigra dans le sein de Dieu, où son père l'avait précédé. Les principaux lieux où Dieu avait fait des prodiges par la main de Genulfe furent en si grande vénération parmi les Cadurces, qu'ils les marquèrent en y érigeant des églises, perpétuels monuments de la bonté de Dieu envers eux et de leur reconnaissance envers lui. Quelques églises dédiées sous son nom ont été détruites par le malheur des guerres et n'ont guère laissé de traces que dans les monuments de l'histoire. Diverses images fort anciennes, ainsi que de vieilles inscriptions, rendent incontestable l'antiquité de son culte dans cette ville, ainsi que la vérité de son titre de premier évêque de Cahors.
« Saint Genou, nous écrivait le 11 août 1871 M. l'abbé G. de Roaldès, aumônier du lycée de Cahors, que nous appelons plus volontiers saint Genulphe, est, d'après toutes nos traditions, mort en Berry et je crois qu'il y est toujours honoré. En 1867, je fus chargé par Monseigneur l'évêque de Cahors d'entretenir une correspondance avec M. Damourette, de Châteauroux, qui cherchait des documents sur quelques saints du Quercy, et en particulier sur saint Genulphe. Voici ce qu'il m'écrivit au sujet de ce saint : « Saint Genou et son père saint Genit ont été inhumés sur les bords du Nahon, dans une petite chapelle qui récemment a été donnée par le propriétaire à la fabrique de la paroisse. Le corps de saint Genou fut transporté (les uns disent volé), par des moines bénédictins qui bâtirent une église sur les bords de l'Indre, pour y placer ce précieux dépôt. Cette église a été détruite en partie par les protestants, mais ce qui en reste est si remarquable que dans les archives des monuments historiques de France, elle est classée dans la première catégorie, c'est-à-dire au nombre des soixante monuments les plus anciens et les plus curieux de France. Les reliques de saint Genou étaient en Berry l'objet d'une grande dévotion. Il n'y a plus maintenant que des souvenirs. L'église de l'abbaye est aujourd'hui une église paroissiale, située dans un bourg de ce nom assez populeux (1 200 habitants) ».
Saint Genou, qui est l'un des patrons de Cahors, est représenté avec un renard mort à ses pieds : un de ces carnassiers, qui était venu chasser parmi les poules du saint homme, fut obligé de rapporter sa proie, et l'on ajoute qu'il mourut devant la porte de l'église avant d'avoir regagné son terrier.
Cette biographie est titrée du *Proyeu de Cahors* ; nous l'avons complétée au moyen de *Notes locales* qu'a bien voulu nous communiquer M. l'abbé O. de Rosidès, aumônier du lycée de Cahors ; et des *Caractéristiques des Saints*, par le Révérend Père Cahier, de la Compagnie de Jésus.