Saint Joël

Prophète

Fête : 13 juillet -7ᵉ siècle • saint

Résumé

Prophète de l'Ancien Testament et fils de Phatuel, Joël exerça son ministère auprès des tribus de Juda et de Benjamin. Il est célèbre pour avoir prédit la descente du Saint-Esprit et l'établissement de l'Église. Son style évolue d'une simplicité initiale vers une forme plus pompeuse et obscure.

Biographie

JOËL ET ESDRAS,

DEUX DES DOUZE PETITS PROPHÈTES

VIIe et Ve siècles avant Jésus-Christ.

Sicut nubes pluviam ferentes et effundentes eam super terram, sic prophetia, quam nubes demonstrat, accipit verba a Deo et effundit super rationabilem terram.

De même que les nuées transportent la pluie et la versent sur la terre, de même les prophètes, appelés nuées par l'Écriture, reçoivent de Dieu leurs oracles et vont les répandre sur le champ de la raison.

S. Jean Chrys., hom. XX sur Matth.

L'Écriture ne nous apprend rien de la vie ni de la mort de Joël, ni du temps auquel il a vécu, ni de sa patrie. Elle n'en dit autre chose sinon qu'il était fils de Phatuel. Saint Jérôme, saint Augustin et Théodoret ont cru que ce Prophète était contemporain d'Osée, soit parce qu'ils prédisent tous deux les mêmes choses, soit parce que Joël suit immédiatement Osée dans le texte hébreu, suivant cette maxime reçue de plusieurs interprètes : « Quand l'époque des Prophètes n'est pas marquée à la tête de leurs livres, c'est une preuve qu'ils ont exercé leur ministère avec ceux qui les précèdent ». S'il était bien certain que la famine et le ravage des sauterelles, dont il parle au premier chapitre de sa prophétie, fut la même plaie que celle qu'Amos avait en vue lorsqu'il se plaignait qu'elle était arrivée sans avoir pu toucher les cœurs de ceux qui en avaient été affligés, on pourrait fixer le temps auquel Joël a commencé à prophétiser vers la vingt et unième année du règne d'Ozias, en laquelle ce fléau commença à se faire sentir. Mais ce point est fort contesté, et plusieurs habiles interprètes soutiennent que la stérilité et la sécheresse marquée dans Joël, sont celles qui arrivèrent du temps de Jérémie dont ils prétendent que Joël était contemporain.

Quoi qu'il en soit, ce Prophète ne parle pas des dix tribus : toute sa prophétie regarde celles de Juda et de Benjamin. En même temps qu'il annonce à ces tribus ce qui devait leur arriver, il prédit la venue du Messie, qu'il appelle le docteur de la justice, l'établissement de son Église, la descente du Saint-Esprit sur toute chair, la vertu du nom de Jésus-Christ, qu'il dit devoir être si grande que quiconque invoquera ce saint nom sera sauvé. Le style de Joël, dans les deux premiers chapitres, est simple et convient parfaitement à la matière qu'il y traite ; mais, dans la suite, il s'élève et devient plus pompeux et plus figuré, ce qui rend la fin de ses prophéties beaucoup plus obscure que le commencement.

On le voit représenté : 1° entre deux lions qui le déchirent ; cette caractéristique paraît assez bizarre, d'autant plus qu'elle semble accuser un martyre que n'a jamais enduré le Prophète ; ce ne peut être qu'une allusion aux paroles qu'il adresse aux Juifs quand il leur prédit la dévastation de leur pays : « Une nation s'est jetée sur ma terre, elle est forte et innombrable ; ses dents sont comme les dents du lion, et la mâchoire comme

celle du lionceau »; 2° debout, tenant le cartouche ou phylactère sur lequel se lisent les principaux textes de sa prophétie; 3° debout, voyant en vision le soleil et la lune : nous ne saisissons pas bien le sens de cette caractéristique. Peut-être a-t-on voulu dire par là que le Prophète reçoit les oracles cachés de Jéhovah, figurés par la lune, qui est l'astre de la nuit, et qu'il les répand sur la terre avec des paroles éblouissantes de clarté, symbolisées par le soleil, l'astre du grand jour; mais alors cette caractéristique serait générale et s'appliquerait indifféremment à tous les Prophètes.

Esdras, fils de Saraïas, grand sacrificateur, que Nabuchodonosor mit à mort à Réblata, après la prise de Jérusalem, était de la race sacerdotale d'Aaron par la branche d'Éléazar. Emmené tout jeune à Babylone, il y fut élevé dans l'obscurité et les tribulations de la captivité. Mais il s'appliqua sérieusement à l'étude des livres saints, et l'Écriture dit de lui qu'il « était Scribe et fort habile dans la loi de Moïse »; c'est-à-dire un homme très-instruit des affaires de police et de religion, suivant les lois de Moïse et les coutumes de la nation juive.

Les soixante-dix années de captivité prédites par Jérémie étaient presque écoulées, lorsque Cyrus, roi des Perses, ayant pris Babylone et s'étant rendu maître de l'empire des Mèdes, des Assyriens et des Chaldéens, publia un édit portant permission aux Juifs de retourner en leur pays, avec ordre de rebâtir le temple de Jérusalem. Ils partirent au nombre de près de cinquante mille personnes, sous la conduite de Zorobabel, prince de la famille royale de David et petit-fils de Jéchonias. Entre les noms des prêtres qui suivirent Zorobabel, on trouve celui d'Esdras. Mais il s'en retourna ensuite à Babylone solliciter la permission de continuer le rétablissement du temple. Il était dans cette ville la septième année du règne d'Artaxerxès, surnommé Longue-Main. Cette année même il obtint de ce prince des lettres de retour pour lui et pour tous ceux qui voudraient le suivre à Jérusalem. C'étaient des lettres de recommandation, en forme d'édit, aux gouverneurs des provinces renfermées dans l'étendue du royaume d'Artaxerxès, pour les obliger à assister Esdras et tous ceux de sa nation en tout ce qui dépendrait d'eux, à l'effet de favoriser leur rétablissement. Le roi ordonnait aussi à ses trésoriers de fournir à Esdras tout ce qu'il leur demanderait tant en argent qu'en froment, en vin, en huile et en sel. Il accordait de plus l'immunité de tribut et de toutes charges publiques aux prêtres, aux lévites, aux chantres et autres ministres du temple du Seigneur. Enfin il donnait plein pouvoir à Esdras d'établir des magistrats pour juger le peuple, avec pouvoir de condamner et de punir d'amendes, et même de peines corporelles et de mort, le laissant au surplus le maître d'enseigner la loi à ceux qui auraient besoin d'en être instruits.

Esdras, muni de ces lettres de la part du roi et « soutenu de la main du Seigneur », assembla un assez grand nombre d'Israélites, et se mit en chemin pour retourner à Jérusalem. Étant arrivé sur le bord du fleuve Ahava, et ayant remarqué qu'il n'y avait parmi le peuple ni prêtres, ni lévites, il en envoya demander à Eddo, chef de ceux qui demeuraient à Chaspia; celui-ci lui envoya trente-huit lévites et deux cents Nathinéens, qui étaient les serviteurs du temple. Après avoir publié un jeûne et imploré le secours de Dieu par la prière, Esdras partit du bord du fleuve Ahava le douzième du premier mois de l'an du monde 3537, suivi de dix-sept cent soixante-quinze hommes, et arriva heureusement à Jérusalem le cinquième mois de la même année.

Le quatrième jour après son arrivée, il offrit des holocaustes au Seigneur, pour le remercier et pour attirer sur le peuple ses bénédictions. En même temps il remit au trésor du temple, les vases, les meubles et les offrandes dont il était chargé. Il donna aussi les édits du roi aux satrapes de sa cour et aux gouverneurs du pays au-delà de l'Euphrate, et ces officiers commencèrent à favoriser le peuple et la maison de Dieu. Mais Esdras ayant appris que plusieurs Israélites, tant du nombre des prêtres et des lévites que de celui des magistrats et du menu peuple, s'étaient alliés avec des femmes étrangères, eut une douleur sensible de ce détestable abus; il déchira ses vêtements, s'arracha les cheveux, et, tout abattu de tristesse, il s'assit à terre dans le temple, s'abandonnant, pour apaiser le Seigneur, aux pleurs, aux jeûnes et à la prière. À cette vue, le peuple versa une grande abondance de larmes, et voulant expier l'abomination dans laquelle il était tombé, résolut d'en faire pénitence et de renvoyer les femmes étrangères avec les enfants qui en étaient nés. Esdras, voyant le peuple ainsi disposé et tout prêt à renouveler l'alliance avec le Seigneur, se leva et obligea les princes des prêtres et les lévites et tout Israël, de lui promettre avec serment qu'ils feraient ce qu'ils venaient de dire. Ils le lui jurèrent, et, après une assemblée générale dans laquelle on fit connaître à tout Israël la résolution qui avait été prise, on nomma des commissaires pour se transporter dans les villes et exécuter ce dont on était convenu touchant l'expulsion des femmes étrangères. C'est ainsi qu'Esdras vint à bout d'abolir ces mariages profanes.

Après avoir réformé les abus qui s'étaient glissés parmi le peuple, Esdras s'appliqua à l'instruire de ses devoirs, et ce fut sa principale occupation le reste de sa vie. Au septième mois de l'an du monde 3551, les enfants d'Israël, assemblés à la porte du temple pour la célébration de la fête des Tabernacles, le prièrent de leur lire la loi de Moïse et de la leur expliquer. Esdras, s'étant donc mis au milieu de la place sur un marchepied de bois, fit lecture de la loi depuis le matin jusqu'à midi. Le peuple en fut si touché qu'il fondait en larmes. Esdras, voyant les Israélites pénétrés de douleur, les consola, en leur disant qu'il ne fallait pas pleurer le jour d'une fête si solennelle, mais plutôt se réjouir dans le Seigneur. Tout ce peuple, consolé par ces paroles, s'en alla prendre de la nourriture, et on célébra ainsi avec joie la fête des Tabernacles. Le lendemain les chefs de famille, les prêtres et les lévites vinrent trouver Esdras pour le prier de continuer à leur expliquer les paroles de la loi. On tomba sur l'endroit où il est écrit que le Seigneur avait ordonné par le ministère de Moïse, que les enfants d'Israël demeurassent sous des tentes pendant la fête solennelle du septième mois. Le peuple, ayant entendu ces paroles, alla chercher des branches d'arbre de tous côtés, et, en ayant apporté, chacun se fit des pavillons en forme de tentes, sur le haut des maisons, dans les places, dans les rues et jusqu'à dans le parvis du temple. Esdras continua de lire le livre de la loi, chaque jour de la fête, depuis le premier jusqu'au dernier, expliquant au peuple les endroits qui avaient besoin d'éclaircissement.

Le vingt-quatre du même mois, jour auquel on avait indiqué un grand jeûne, les enfants d'Israël se rassemblèrent couverts de sacs et de cendre, dans le dessein de faire au Seigneur une satisfaction publique pour le viol de la loi qu'ils avaient ignorée ou méprisée jusqu'à leur retour de captivité. Après qu'ils eurent confessé leurs péchés et fait de longues prières pour en obtenir le pardon, on renouvela l'alliance avec le Seigneur, et on en dressa un acte authentique, qui fut signé par Néhémie, par les

prêtres, les lévites, les chefs de famille et le reste du peuple. Les noms du grand prêtre Eliasib et d'Esdras ne se trouvent point dans le dénombrement de ceux qui signèrent cet acte : apparemment qu'ils sont oubliés, ou qu'ils y sont sous d'autres noms, car Esdras vivait encore. Il se trouva depuis à la dédicace qui se fit des murs de Jérusalem en 3550. On lui donne plus de cent vingt ans de vie, mais on ne sait point au juste le temps de sa mort. Josèphe dit de ce grand homme qu'il mourut plein de gloire et d'années, et qu'on lui fit des obsèques magnifiques dans la ville de Jérusalem. L'Écriture fait elle-même son éloge en peu de paroles lorsqu'elle dit « qu'Esdras avait préparé son cœur pour pénétrer l'intelligence de la loi de Dieu et pour faire enseigner ses préceptes dans Israël ».

La caractéristique d'Esdras est celle de la plupart des Prophètes : il tient à la main le cartouche ou banderolle où se lisent les principaux textes de ses prophéties.

## CULTE ET RELIQUES. — ÉCRITS.

Joël est honoré chez les Grecs qui font sa fête le 19 octobre, ainsi que les Russes et les Moscovites qui suivent leur rite. Usnard est le premier qui lui ait fixé le troisième jour de juillet, et il a été suivi par le Romain moderne. Quant à Esdras, les Grecs ne paraissent pas lui avoir décerné un culte particulier : les Latins ont commencé à insérer son nom dans leurs martyrologes, au XIIe siècle, comme on le voit par le vieux Romain et par ceux d'Adon et d'Usnard suivis par le Romain moderne.

La prophétie de Joël contient trois chapitres, avec ce titre unique : Sur la destruction de Jérusalem. Quant à Esdras, nous avons quatre livres sous son nom. Les deux premiers, qui, selon la remarque de saint Jérôme, n'étaient comptés que pour un seul chez les Hébreux, sont canoniques et reçus unanimement dans toutes les Églises, tant grecques que latines. Les deux derniers sont apocryphes et n'ont dans l'Église latine aucune autorité ; mais les Grecs mettent le troisième au rang des livres divins.

La suite de l'histoire contenue dans le premier livre est de quatre-vingt-deux ans, depuis la première année du règne de Cyrus à Babylone, l'an du monde 3468, jusqu'à la dix-neuvième année du règne d'Artaxerxès Longue-main qui renvoya Néhémie à Jérusalem l'an du monde 3550.

Les Latins, en divisant en deux le premier livre d'Esdras, n'ont pas changé le titre, et ils donnent ordinairement au second le même nom qu'au premier ; cependant il paraît bien certain qu'ils sont de deux mains différentes.

Esdras, dans le premier des livres qui portent son nom, parle presque toujours en première personne et comme principal auteur et chef de l'entreprise qu'il raconte. Au contraire, dans le second de ces livres, il n'est parlé de lui qu'en troisième personne, et même assez rarement... Néhémie paraît dans tous les chapitres du livre ; c'est lui qui parle, qui agit, qui préside partout, en sorte qu'on peut dire que ce livre ne renferme pas moins l'histoire de ce prince que celle des Juifs. Dès le commencement du livre il s'en déclare l'auteur. Il contient l'histoire d'environ trente et un ans, c'est-à-dire depuis la vingtième année du règne d'Artaxerxès, qui est le 3350 du monde, jusqu'au règne de Darius Nothus, son fils, qui commença à régner l'an du monde 3551.

On trouve dans les anciennes éditions de la Vulgate un livre IV sous le nom d'Esdras. Quelques anciens Pères grecs et latins l'ont cité dans leurs écrits, et en ont rapporté plusieurs endroits, que nous lisons encore aujourd'hui dans ce livre. Mais il faut que cet ouvrage ne soit pas venu jusqu'à nous dans son entier, puisque Clément d'Alexandrie en rapporte un passage que nous n'y trouvons plus. Saint Ambroise parle souvent de ce livre et toujours avec éloge. L'auteur de ce livre est, selon l'opinion la plus probante, un personnage postérieur à Jésus-Christ. L'ouvrage a reçu d'une main chrétienne quelques additions qui ne se rencontrent que dans la version latine.

Dom Ceillier : Histoire des auteurs sacrés et ecclésiastiques. — Cf. Bulliet : Vies des Saints de l'Ancien Testament ; Rubricahier, Darras : Histoires de l'Église.

Date de fête

13 juillet

Époque

-7ᵉ siècle

Décès

Inconnue