Laurent Ruiz de Manille et quinze compagnons, prêtres, religieux et laïcs liés à l'Ordre dominicain, mis à mort pour leur foi à Nagasaki entre 1633 et 1637 et canonisés en 1987.
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Biographie
Le groupe rassemble seize martyrs de nationalités diverses, dominé par la figure du laïc philippin Laurent Ruiz, mis à mort à Nagasaki au temps de la persécution des chrétiens du Japon.
Les seize martyrs de Nagasaki forment un groupe de témoins de la foi exécutés au Japon entre 1633 et 1637, durant la persécution menée par le shogunat Tokugawa, en particulier sous Tokugawa Iemitsu. Le groupe réunit des origines variées : neuf Japonais, quatre Espagnols, un Français, un Italien et un Philippin, tous liés à l'Ordre des Prêcheurs comme prêtres, religieux, tertiaires ou auxiliaires. Sa figure la plus connue est Laurent Ruiz, né vers 1594 à Binondo, près de Manille, d'un père chinois et d'une mère tagalog, tous deux chrétiens. Marié et père de famille, il exerçait le métier d'écrivain public (escribano) et appartenait à la Confrérie du Très-Saint-Rosaire animée par les dominicains. En 1636, faussement accusé d'un meurtre, il se réfugia à bord d'un navire emmenant des missionnaires dominicains et gagna le Japon, où il fut arrêté. Les autres compagnons, prêtres et religieux européens ou japonais, avaient évangélisé les Philippines, Formose et les îles japonaises avant d'y être capturés. Tous furent conduits à Nagasaki, foyer du christianisme japonais devenu lieu d'exécution des fidèles.
Vie et oeuvre
Arrêtés au fil des années 1633 à 1637, les seize furent torturés et mis à mort à Nagasaki pour avoir refusé d'abjurer la foi chrétienne.
Le martyre des seize ne fut pas simultané mais s'échelonna sur quatre années, au gré des arrestations et des édits de proscription du christianisme promulgués par Tokugawa Iemitsu. Les premiers, dont le prêtre dominicain espagnol Dominique Ibáñez de Erquicia et ses compagnons japonais, souffrirent en 1633 ; d'autres, comme Madeleine de Nagasaki et Marine d'Omura, tertiaires japonaises, ainsi que l'Italien Jacques (Giordano) Ansalone, furent mis à mort en 1634. Le dernier groupe, comprenant le Français Guillaume Courtet, l'Espagnol Antoine González, et le Philippin Laurent Ruiz, fut supplicié en 1637. Beaucoup subirent le tsurushi, supplice de la fosse : suspendus la tête en bas au-dessus d'un trou, le corps à demi enserré, ils saignaient lentement jusqu'à la mort. Laurent Ruiz endura ce supplice et mourut le 29 septembre 1637, premier laïc philippin à donner ainsi sa vie. Interrogé et pressé d'abjurer, il aurait refusé fermement, demeurant fidèle au Christ jusqu'au bout. Leur constance commune fit d'eux des témoins de l'évangélisation dominicaine de l'Extrême-Orient.
Cheminement vers la saintete
Leur sainteté tient à la fidélité jusqu'au sang, particulièrement illustrée par la réponse de Laurent Ruiz à ses bourreaux.
La réputation de sainteté de ce groupe repose sur le témoignage du martyre, donné en réponse aux pressions exercées pour obtenir l'apostasie. Prêtres et religieux y joignaient la fidélité à leur vocation missionnaire dominicaine ; les laïcs, à l'image de Laurent Ruiz, montraient qu'un père de famille ordinaire pouvait atteindre l'héroïsme de la foi. La tradition rapporte la parole prêtée à Laurent Ruiz devant ses juges, affirmant qu'il était catholique et acceptait de mourir pour Dieu, et que, eût-il mille vies, il les lui offrirait toutes. Cette fermeté, partagée par les femmes du Tiers-Ordre comme Madeleine de Nagasaki, situe ces martyrs dans la longue lignée des chrétiens du Japon persécutés au XVIIe siècle. Leur cause fut conduite ensemble, l'Église reconnaissant l'unité de leur témoignage rendu dans un même contexte de proscription et autour d'une même famille religieuse, celle des Prêcheurs. Cette communion dans la mort pour la foi fut le fondement de leur reconnaissance ultérieure comme bienheureux puis comme saints.
Beatification et canonisation
Béatifiés à Manille en 1981 et canonisés à Rome en 1987 par Jean-Paul II, ils sont fêtés le 28 septembre.
Les seize martyrs furent béatifiés par le pape Jean-Paul II le 18 février 1981 à Manille, aux Philippines, lors de la première cérémonie de béatification jamais célébrée hors du Vatican. Ils furent ensuite canonisés par le même pape le 18 octobre 1987, en la basilique Saint-Pierre de Rome, à l'occasion de la Journée mondiale des missions. Laurent Ruiz devint ainsi le premier saint philippin. Le miracle retenu pour la canonisation fut la guérison, en octobre 1983, d'une fillette de deux ans, Cecilia Alegria Policarpio, atteinte d'hydrocéphalie (atrophie cérébrale), à la suite de prières adressées à l'intercession de Laurent Ruiz. La mémoire liturgique de saint Laurent Ruiz et de ses compagnons est inscrite au calendrier romain le 28 septembre. Cette double reconnaissance, à Manille puis à Rome, souligna la portée missionnaire du groupe, reliant l'Asie du Sud-Est, le Japon et l'Église universelle dans un même hommage rendu aux martyrs de Nagasaki.
Spiritualite et heritage
Laurent Ruiz est devenu le patron des Philippins et des travailleurs émigrés, et le groupe demeure un symbole de l'évangélisation dominicaine en Extrême-Orient.
L'héritage de ce groupe se concentre largement sur la figure de Laurent Ruiz, premier saint des Philippines, vénéré comme protomartyr de son pays. Il est honoré comme patron des Philippins, des travailleurs philippins expatriés et des migrants, ainsi que des familles séparées, en raison de son propre exil forcé au Japon. Sanctuaires et paroisses lui sont dédiés à Manille, notamment à Binondo, son quartier d'origine, et son culte s'est répandu au sein des communautés philippines du monde entier. Les compagnons, prêtres et religieux dominicains, rappellent quant à eux la mission de l'Ordre des Prêcheurs en Extrême-Orient et le tribut payé par les chrétiens du Japon durant la grande persécution. La colline de Nishizaka, à Nagasaki, où furent suppliciés de nombreux martyrs japonais, demeure un haut lieu de mémoire chrétienne. Par-delà les frontières nationales qui distinguaient ces seize témoins, leur canonisation commune a fait d'eux un signe d'universalité de la foi et de la sainteté laïque et religieuse.
Annessi ed entità collegate
Dati strutturati per l'esplorazione: eventi, miracoli, citazioni, luoghi, attributi, patronati ed entità importanti citate nel testo.
Eventi principali
- Époque / mort : 1633-1637
- Canonisation en 1987 par Jean-Paul II
Miracoli
- {'description': "Guérison en octobre 1983 de Cecilia Alegria Policarpio, fillette de deux ans atteinte d'hydrocéphalie, attribuée à l'intercession de Laurent Ruiz et retenue pour sa canonisation.", 'source': 'https://en.wikipedia.org/wiki/Lorenzo_Ruiz'}
Citazioni
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Je suis catholique et j'accepte de tout coeur la mort pour Dieu ; aurais-je mille vies, toutes je les lui offrirais.
https://en.wikipedia.org/wiki/Lorenzo_Ruiz