Hermann Joseph
Chanoine prémontré de l'abbaye de Steinfeld, mort en 1241, Hermann Joseph est un mystique rhénan célèbre pour sa dévotion à la Vierge Marie, dont l'union spirituelle lui valut le surnom de Joseph.
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Biographie
Né à Cologne vers 1150 dans une famille noble appauvrie, Hermann Joseph entra tout jeune chez les chanoines prémontrés de l'abbaye de Steinfeld, où il devint prêtre et passa la plus grande partie de sa vie.
Hermann Joseph naquit à Cologne vers 1150. Selon la tradition rapportée par son biographe Razon (Razo Bonvisinus), prieur contemporain de Steinfeld, il appartenait à une famille de la noblesse rhénane tombée dans la pauvreté, parfois rattachée au comte Lothaire de Meer. Dès l'enfance, il manifesta une dévotion intense à la Vierge Marie, qu'il vénérait à l'église Sainte-Marie-du-Capitole (St. Maria im Kapitol) de Cologne ; plusieurs récits légendaires entourent cette piété précoce, dont celui de l'enfant offrant une pomme à une statue de l'Enfant Jésus. Vers l'âge de douze ans, il entra à l'abbaye prémontrée de Steinfeld, dans l'Eifel. Jugé encore trop jeune, il fut envoyé poursuivre sa formation, probablement au monastère de Mariëngaarde, près de Hallum en Frise. De retour à Steinfeld, il y prononça ses vœux selon la Règle de saint Augustin et fut ordonné prêtre. Il y exerça notamment les charges de réfectorier puis de sacristain, tout en assurant un ministère pastoral auprès de communautés religieuses voisines. Il mourut le 7 avril 1241, alors qu'il assistait comme chapelain les moniales cisterciennes du couvent de Hoven, près de Zülpich.
Vie et oeuvre
Chanoine prémontré modèle, Hermann Joseph unit le service humble de sa communauté à une intense vie de prière et à la composition d'hymnes et de poèmes spirituels.
La vie d'Hermann Joseph se déroula presque entièrement dans le cadre de l'abbaye de Steinfeld et du service de ses frères. La tradition hagiographique souligne son zèle dans les tâches les plus humbles : selon un récit célèbre, comme il se plaignait à la Vierge que ses occupations l'empêchaient de prier, celle-ci lui aurait répondu que le service rendu à ses frères lui était particulièrement agréable. Réputé habile de ses mains, il aurait été fréquemment sollicité pour la fabrication et la réparation d'horloges, ce qui explique son patronage des horlogers. Hermann Joseph est aussi connu comme auteur spirituel : on lui attribue des hymnes et des séquences en l'honneur de Marie et du Christ, parmi lesquels les Duodecim gratiarum actiones et un Jubilus en l'honneur des onze mille vierges (sainte Ursule et ses compagnes, dont le culte était florissant à Cologne). La tradition lui attribue également l'hymne Summi Regis cor aveto, parfois présenté comme l'un des plus anciens chants dédiés au Cœur du Christ, attribution que les spécialistes considèrent toutefois avec prudence. Un commentaire du Cantique des Cantiques, aujourd'hui perdu, lui est aussi rattaché.
Cheminement vers la saintete
La spiritualité d'Hermann Joseph est marquée par une union mystique avec la Vierge Marie, qui lui valut le surnom de Joseph, et par de fréquentes extases.
Le trait le plus caractéristique de la sainteté d'Hermann Joseph est sa dévotion mariale, portée jusqu'à une intimité mystique. La tradition rapporte qu'au cours d'une vision la Vierge l'aurait reconnu comme son époux spirituel : c'est de cette union mystique que lui vint, donné par ses frères en religion, le second nom de Joseph, par référence à l'époux de Marie. On le décrit demeurant des heures durant en prière devant les autels mariaux, gratifié de visions et d'extases. Sa piété s'accompagnait d'une grande humilité dans le service quotidien de la communauté, présenté par ses biographes comme l'expression même de son amour de Dieu et du prochain. Sa réputation de sainteté, attestée dès le XIIIe siècle par le récit de son biographe Razon, se diffusa surtout dans l'ordre prémontré et en Rhénanie. Plusieurs auteurs voient en lui un précurseur de la dévotion au Sacré-Cœur et de la spiritualité nuptiale qui s'épanouira dans la mystique rhéno-flamande des siècles suivants.
Beatification et canonisation
Vénéré dès sa mort, Hermann Joseph fut l'objet d'une confirmation de culte en 1728 par Benoît XIII, puis sa sainteté fut confirmée par Pie XII en 1958.
Le culte d'Hermann Joseph s'établit très tôt après sa mort : son corps, d'abord inhumé à Hoven, fut transféré la même année à l'abbaye de Steinfeld, où son tombeau devint un lieu de pèlerinage. Un procès en vue de sa canonisation fut entrepris en 1626, à la demande de l'archevêque de Cologne et de l'empereur Ferdinand II, mais il n'aboutit pas immédiatement. En 1728, le pape Benoît XIII reconnut son culte et fit consacrer un autel en son honneur au collège prémontré Saint-Norbert de Rome, acte généralement considéré comme l'équivalent d'une béatification. Sa sainteté ne fut formellement confirmée par le Saint-Siège que beaucoup plus tard : en 1958, le pape Pie XII confirma son culte, geste assimilé à une canonisation équipollente plutôt qu'à une canonisation solennelle au sens strict. Sa fête est principalement célébrée le 7 avril, jour de sa mort, dans l'ordre prémontré ; elle est fixée au 21 mai dans le diocèse de Cologne, tandis que la translation de ses reliques est commémorée le 24 mai.
Spiritualite et heritage
Patron des horlogers, des mères et des enfants, Hermann Joseph demeure une figure populaire de Rhénanie, où son tombeau de Steinfeld attire toujours des pèlerins.
Hermann Joseph reste une figure profondément ancrée dans la piété rhénane. Son tombeau, à l'abbaye de Steinfeld, demeure un lieu de pèlerinage, et une fête lui est traditionnellement consacrée dans la région autour de la Pentecôte. La tradition populaire le surnomme « Appel-Jupp » (Joseph à la pomme) en dialecte rhénan, en souvenir de la légende de la pomme offerte à l'Enfant Jésus : les pèlerins ont longtemps eu coutume de déposer des pommes sur sa tombe. Il est invoqué comme patron des horlogers, ainsi que des mères et des enfants, et plus largement de la jeunesse et des étudiants en Rhénanie. Son influence se prolonge surtout dans l'ordre des Prémontrés (Norbertins), qui le compte parmi ses saints les plus vénérés, et dans l'histoire de la spiritualité mariale et de la dévotion au Cœur du Christ, où son nom est régulièrement cité parmi les précurseurs médiévaux.
Iconografia
Segni e attributi
Annessi ed entità collegate
Dati strutturati per l'esplorazione: eventi, miracoli, citazioni, luoghi, attributi, patronati ed entità importanti citate nel testo.
Eventi principali
- Époque / mort : 1150-1241
- Canonisation en 1958 par Pie XII