Saint Pouange (Potamius)
Solitaire
Résumé
Seigneur de la région de Troyes au VIe siècle, Pouange se convertit après une faute grave. Après un pèlerinage expiatoire à Rome, il vécut en solitaire dans une grande austérité près de Troyes. Ses reliques furent conservées jusqu'au XVIIIe siècle avant d'être brûlées par des hérétiques.
Biographie
SAINT POUANGE, SOLITAIRE À TROYES (fin du VIe siècle).
Il appartenait à la religion chrétienne de faire deux sœurs de l'innocence et de la pénitence. S'il faut en croire l'écusson qui surmonte la statue du Bienheureux dans l'église qui porte son nom près de Troyes, Pouange (Potamius), était un seigneur à qui sa fortune permettait les plaisirs de la chasse. Selon toute apparence, il habitait Troyes ou les environs : Pouange oublia quelque temps son Dieu et tomba dans une grande faute. La grâce de Dieu toucha bientôt son cœur, et loin de résister à ses inspirations salutaires, il embrassa généreusement les rigueurs d'une austère pénitence. Il ne crut pas trop faire que d'aller jusqu'à Rome implorer son pardon, sur le tombeau même des saints Apôtres.
A son retour de Rome, il résolut de passer le reste de ses jours dans une solitude complète. Il se retira à six kilomètres environ de Troyes et s'abrita sous une humble et pauvre chanoière. Il partageait son temps entre le travail et l'oraison, et, pour faire expier à son corps le péché dont le souvenir remplissait son âme d'une vive amertume, il portait sur la peau un rude cilice dont il dérobait la vue par une légère tunique : sa nourriture était de l'eau et du pain auxquels il ajoutait quelques herbes crues.
Son corps fut enlevé dans un oratoire voisin, placé sous le vocable du saint Marc, et qui depuis a pris le nom de Saint-Pouange. On l'y conserva religieusement jusqu'au XVIIIe siècle, mais alors, les hérétiques ne reculèrent pas devant un horrible sacrilège ; ils le brûlèrent et jetèrent ses cendres au vent.
Le seul monument qui reste aujourd'hui de saint Pouange est une fort belle statue, conservée dans l'église qui lui est consacrée. Elle est ornée à sa base d'un écusson... *portant en chef deux cors de chasse*, emblème de sa noble condition, *et en pointe un coquillage*, souvenir de son pèlerinage à Rome.
Saint Pouange est le patron secondaire de la paroisse qui porte son nom, sa fête s'y célèbre le 31 janvier.
*Hagiographie de M. Defer.*
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## SAINT NICET, VINGT-TROISIÈME ÉVÊQUE DE BESANÇON (613).
Saint Nicet ou Nizier, vingt-troisième évêque de Besançon, succéda à saint Sylvestre II, vers l'an 590. Par lui, le siège épiscopal fut rétabli dans la ville de Besançon, d'où, après la destruction de cette ville par Attila, il avait été transféré dans la petite ville de Nyon, sur les bords du lac Léman. L'église de Besançon était dans une situation déplorable : la province n'était pas encore relevée du passage d'Attila ; la métropole sortait à peine de ses ruines ; l'hérésie arienne s'était introduite dans le pays à la suite des Bourguignons ; le paganisme n'avait pas disparu entièrement et la simonie régnait parmi les clercs. Saint Nicet n'avait pas seulement à gouverner son église : il avait encore à la reconstruire. À force de vertus, il fut à la hauteur de sa tâche. Son désintéressement et sa charité étaient remarquables ; il avait coutume de dire qu'il faut obéir à Dieu et commander aux richesses. Le second concile de Mâcon, souscrit par son prédécesseur, prescrivait la charité aux clercs et leur défendait le luxe. Il fut d'autant plus facile à Nicet d'imposer ces ordonnances à ses clercs, qu'il les observait lui-même très-assidûment. Dieu lui avait accordé une éloquence souple et facile, et il était très-assidu à la prédication. Il était d'une prudence rare, d'une volonté forte et d'une douceur exquise. En même temps que saint Nicet arrivait au gouvernement de l'église de Besançon, saint Colomban venait s'établir dans les Vosges, où il fondait la grande abbaye de Luxeuil. Lorsque les constructions furent terminées, saint Nicet, sur l'invitation de saint Colomban, en alla faire la bénédiction solennelle. Saint Nicet fut aussi en relation avec un autre contemporain encore plus illustre, le pape saint Grégoire le Grand. Saint Colomban ayant été chassé de Luxeuil par la reine Brunehaut, saint Nicet le reçut dans sa fête et lui accorda une généreuse hospitalité jusqu'à ce qu'un nouvel ordre de la reine le forçât de quitter Besançon. Saint Nicet sortit de ce monde le 8 février 613, après avoir occupé le siège de Besançon pendant vingt-quatre ans. On célébra d'abord, sous le rite double, la mémoire de saint Nicet. Maintenant cette fête se fait le 31 janvier. On honore avec une grande dévotion la mémoire de saint Nicet, dans la paroisse de Mailley (Haute-Saône), dont l'église est sous le vocable de ce saint évêque. L'église d'Angerans, dans l'arrondissement de Dôle, est aussi consacrée au même Pontife. Sous le régime féodal, le seigneur d'Angerans réglait lui-même la manière dont les jeunes gens devaient se récéder le jour de la fête de *Monsieur saint Nicet*.