Sainte Florentine (Florence)
Vierge
Résumé
Sœur des grands docteurs espagnols Léandre, Fulgence et Isidore, Florentine se consacra à Dieu dès sa jeunesse à Carthagène. Elle dirigea plusieurs monastères et contribua à l'éducation d'Isidore de Séville, dont elle prophétisa la grandeur. Elle mourut vers 630 à Ecija, laissant une réputation de science et de sainteté.
Biographie
SAINTE FLORENTINE, VIERGE, EN ESPAGNE (630).
Florentine ou Florence naquit à Carthagène, en Espagne, d'une famille illustre. Elle eut pour père Sévérien, gouverneur de la province, et pour mère la noble dame Turtur, qui donnèrent encore le jour aux évêques Léandre, Fulgence et Isidore, si célèbres par leur doctrine et leur sainteté, ainsi qu'à Théodora, femme du roi wisigoth Leuvigilde.
Formée de bonne heure aux enseignements de la foi, distinguée par la pureté de ses mœurs, et douée d'une grande pénétration d'esprit, cette pieuse vierge étudia avec profit les saintes Écritures
sous la direction de son frère Léandre : celui-ci atteste lui-même les succès de sa jeune sœur dans une méthode qu'il lui dédie pour l'aider à lire l'ancien Testament, et en particulier le Cantique des Cantiques. Aussi devint-elle bientôt capable de diriger l'éducation première de son jeune frère Isidore. De concert avec Léandre, elle mit tous ses soins à le nourrir du lait de la doctrine sainte, et à lui faire connaître tous les dogmes de la foi.
Elle crut devoir s'employer avec d'autant plus d'ardeur à le former à la sainteté, que Dieu avait semblé manifester ses vues sur cet enfant. Isidore était encore au berceau, lorsqu'elle vit un essaim d'abeilles entrer dans sa bouche, en sortir, et s'envoler ensuite vers le ciel. Effrayée, la jeune fille se mit en prières pour demander au ciel l'explication de ce présage : elle eut alors connaissance que l'enfant deviendrait un grand docteur de l'Église, et que par ses soins l'Espagne serait délivrée de l'hérésie arienne.
Plusieurs grands seigneurs aspirèrent à la main de Florentine. Mais elle dédaigna, avec le lien conjugal, les séductions du monde. Les mœurs du siècle lui inspirèrent d'ailleurs le plus profond dégoût : elle se fit religieuse, offrant à Jésus-Christ la fleur de sa virginité, et le prenant pour maître et époux.
Dans son monastère, continuellement appliquée à la lecture et à l'oraison, elle orna son âme comme d'autant de fleurs, de toutes les vertus de la chrétienne et de la religieuse : la charité, l'humilité, la pauvreté. Aussi un grand nombre de vierges, attirées par le parfum de sa sainteté, vinrent-elles se ranger sous sa conduite. Plusieurs monastères mêmes se soumirent à sa direction et à sa surveillance.
Saint Léandre avait la plus haute opinion de sa sainteté et de l'efficacité de ses prières ; en lui adressant deux petits traités qu'il avait composés pour l'avancement spirituel de sa sœur et celui de ses compagnons, il lui dit avec abandon : « ... Pour terminer, sœur bien-aimée, je te conjure de te souvenir de moi devant Dieu, et de donner place dans tes prières à notre jeune frère Isidore. Je suis certain que Dieu prêtera l'oreille, en notre faveur, à ta prière de vierge ». Ces deux traités, qui sont les deux parties d'un même ouvrage, ont pour titre l'un *Du mépris du monde*, l'autre, *De l'institution des Vierges*.
Saint Isidore n'avait pas une moindre idée de l'éminente sainteté et de la science de sa sœur. Plein de reconnaissance pour les bons soins qu'elle avait prodigués à son enfance, et les premières leçons qu'elle lui avait données, voulant lui rendre quelque chose pour ce qu'il en avait reçu, il lui dédia deux livres, l'un qui traite *De la Nativité, de la Passion, de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ et du Jugement dernier*, et qu'il déclare avoir composé à la demande de Florentine elle-même ; l'autre est celui de la *Vocation des Gentils*. Il lui promet en même temps de lui envoyer des commentaires explicatifs qui l'aideront à comprendre les passages difficiles des divines Écritures.
Parvenue au parfait épanouissement de la vertu et de la science, Florentine n'a plus de désir sur la terre. Ce que le Seigneur lui avait révélé au sujet de saint Isidore, elle le voyait accompli dans cet illustre docteur dont toute l'Espagne redit les glorieux services et dont le zèle — uni à la science — avait banni l'arianisme de sa patrie. Herménégilde, son cousin, avait échangé sa couronne royale contre l'auréole des martyrs, et Récarède, frère d'Herménégilde, s'était converti à la foi catholique. Consommée d'amour pour Dieu, elle ne faisait plus que languir en ce monde. Enfin, pleine de jours, elle s'endormit dans le Seigneur, à Ecija, comme on le croit, au monastère de Sainte-Marie du Val. Son corps fut transporté de ce monastère à Séville, et placé dans le tombeau
de ses saints frères, où il repose jusqu'à l'entrée des Sarrasins en Espagne, époque à laquelle il fut caché dans les bois de Guadalupe avec les reliques de saint Fulgence. Sous le règne d'Alphonse XI, ce double trésor fut retrouvé à Berzocana, village du diocèse de Placentia. Sous Philippe II, on fit deux parts des saintes reliques du frère et de la sœur : l'une fut laissée dans un magnifique mausolée en marbre que l'on érigea au même lieu ; l'autre, transportée à Murcie, et placée honorablement près du maître-autel, où ces ossements sacrés sont, de la part des fidèles, l'objet de la plus grande vénération. Quelques parcelles furent encore données au palais de l'Escurial, à Madrid.
Propres d'Espagne et de Perpignan, trad. nouv.
Événements marquants
- Naissance à Carthagène dans une famille d'illustres saints
- Étude des Saintes Écritures sous la direction de son frère Léandre
- Éducation de son jeune frère Isidore de Séville
- Vision prophétique de l'essaim d'abeilles concernant l'avenir d'Isidore
- Refus du mariage et entrée en religion
- Direction de plusieurs monastères
- Mort au monastère de Sainte-Marie du Val à Ecija
Miracles
- Vision prophétique d'un essaim d'abeilles entrant dans la bouche d'Isidore enfant
Citations
Je suis certain que Dieu prêtera l'oreille, en notre faveur, à ta prière de vierge