Saint Ruf d'Avignon

Fondateur de l'Église d'Avignon et premier évêque

Fête : 14 novembre 1ᵉʳ siècle • saint

Résumé

Fils de Simon le Cyrénéen, Ruf fut un disciple de la première heure qui accompagna saint Paul dans ses missions. Premier évêque de Tortose en Espagne, il franchit ensuite les Pyrénées pour fonder l'Église d'Avignon au Ier siècle. Il y mourut vers l'an 90 après avoir évangélisé la région et bâti un premier sanctuaire sur le rocher des Doms.

Biographie

SAINT RUF, FONDATEUR DE L'ÉGLISE D'AVIGNON (Ier siècle).

C'est une ancienne tradition de l'église d'Avignon que saint Ruf, son premier évêque, était fils de ce Simon le Cyrénéen qui aida Jésus à porter sa croix. On dit que Simon avait quitté la Lybie et la ville de Cyrène, sa patrie, après la perte de sa fortune, et qu'il était venu à Jérusalem avec ses deux fils Alexandre et Rufus. Ayant été témoin des merveilles qu'opérait Jésus, il crut en lui et fut compté parmi ses disciples. Après l'ascension du Sauveur, Ruf s'attacha à saint Paul et vint à Rome avec le Docteur des nations. C'est de lui, on le croit, que parle saint Paul, dans l'épître aux Romains, lorsqu'il dit : « Saluez Rufus, élu dans le Seigneur », — bref éloge qui montre suffisamment la sainteté du bienheureux Ruf.

Il suivit saint Paul en Espagne où cet Apôtre l'établit chef de l'Église de Tortose naissante. Sur la demande des habitants de Valence émus des merveilles opérées à Tortose, il envoya dans cette ville quelques-uns de ses disciples pour y porter la lumière de l'Évangile. Il passa ensuite les Pyrénées avec Paul-Serge, que l'Apôtre des Gentils avait ordonné évêque de Narbonne, et vint fonder l'église d'Avignon. Il propagea l'Évangile d'une manière étonnante dans la contrée et fit bâtir, dit-on, une chapelle sur le Rocher, où, selon la tradition, Charlemagne fit élever plus tard la basilique de Notre-Dame des Doms.

Comblé d'années et de mérites, Rufus s'endormit dans le Seigneur vers l'an 90. Le martyrologe romain le mentionne le 12 novembre : les églises d'Avignon et de Tortose célèbrent sa fête le 14 du même mois.

Son corps a reposé pendant de longs siècles dans l'oratoire qu'il avait fondé. Lorsque la congrégation des chanoines dite de Saint-Ruf se transporta à Valence en Dauphiné, les reliques du Saint furent placées dans la cathédrale d'Avignon et renfermées dans une chasse d'argent. Des mains sacrilèges les ont profanées et dispersées pendant la Révolution.

Ajoutons quelques mots sur la célèbre congrégation de Saint-Ruf, que nous venons de nommer.

La cathédrale d'Avignon fut desservie pendant longtemps par des chanoines qui vivaient en commun, et qui, dans la suite, embrassèrent la règle de saint Augustin, qu'ils observaient encore en 1485, époque de leur sécularisation. Il paraît que, vers le milieu du xiv siècle, ils s'étaient relâchés de leur ferveur primitive puisque, l'an 1639, quatre d'entre eux, savoir : Arnaud, Odilon, Ponce et Durand, animés de l'esprit de Dieu, résolurent de s'en séparer. Voulant pratiquer plus parfaitement la vie commune dans une pauvreté volontaire, ils se retirèrent dans une petite église dédiée en l'honneur de saint Ruf, que Benoît, évêque d'Avignon, leur donna du consentement de son chapitre, avec quelques terres qui en dépendaient. La vie exemplaire qu'ils menaient dans leur nouvelle solitude, leur attira bientôt des compagnons qui se joignirent à eux, et leur petite demeure devint, en peu de temps, un grand édifice. Ils formèrent bientôt une congrégation qui se répandit non-seulement en France, mais même en Espagne et en Italie. Elle posséda plusieurs abbayes et prieurés, et reçut de nombreux privilèges des souverains Pontifes. Elle obtint un office propre et des constitutions particulières, avec pouvoir d'élire un supérieur général, et le monastère de Saint-Ruf, d'Avignon, fut reconnu pour la maison-mère de la congrégation.

Ces religieux demeurèrent dans cette ville jusqu'à ce qu'ils furent contraints d'en sortir par la fureur des Albigeois, qui, en 1210, ruinèrent de fond en comble leur église et leur monastère. Ils vinrent alors à Valence, et s'y construisirent une nouvelle demeure dans l'île Eparvière, qui en est voisine, et que l'abbé Raynaud avait achetée d'Odon, évêque de Valence. Ils dédièrent pareillement l'église à saint Ruf, et ils établirent ce nouveau monastère chef de toute la congrégation.

Mais les guerres civiles et religieuses ayant encore ruiné leur établissement de l'île Eparvière, ils transportèrent pour la troisième fois le chef de leur Ordre dans un prieuré qu'ils avaient dans l'enceinte de la ville de Valence ; le roi Henri IV approuva cette translation.

L'ordre de Saint-Ruf a donné trois Papes à l'Église, savoir : Anastase IV, Adrien IV et Jules II. Adrien était Anglais de nation, et s'était mis au service de l'abbaye. Ses vertus et ses talents le firent admettre au nombre des religieux, et quelque temps après, il fut élu général. De graves affaires l'ayant appelé à Rome, Eugène III, qui reconnut son mérite, le fit cardinal, évêque d'Albe, et l'envoya en Norvège, où il prêcha l'Évangile avec tant de succès qu'à son retour il fut élevé sur le Saint-Siège. Il mourut en 1159.

Les cardinaux Guillaume de Vergy, Amédée d'Albret, et Angélique de Grimsold de Grisse, ont été aussi de cette congrégation qui a eu quarante-cinq généraux, parmi lesquels on compte plusieurs évêques.

Les chanoines de Saint-Ruf ne donnèrent pas dans les nouveautés du jansénisme. Leur fidélité à l'Église dans cette circonstance fait honneur à leurs sentiments et à leur zèle. Plût à Dieu qu'ils eussent conservé en tout ces excellentes dispositions ! Ils n'auraient pas été des premiers, vers la fin du dernier siècle, à donner l'exemple d'une malheureuse défection. Pendant plus de quatorze ans, ils sollicitèrent leur sécularisation qui fut accordée par le pape Clément XIV et prononcée par l'évêque de Valence en 1761.

Propre d'Avignon ; Histoire hagiologique de Valence ; Dictionnaire historique de Vaucluse, etc.

Événements marquants

  • Arrivée à Jérusalem avec son père Simon le Cyrénéen
  • Devient disciple de Jésus après avoir été témoin de ses merveilles
  • Compagnon de saint Paul à Rome
  • Établi chef de l'Église de Tortose par saint Paul
  • Fondation de l'église d'Avignon avec Paul-Serge
  • Construction d'une chapelle sur le Rocher à Avignon

Miracles

  • Merveilles opérées à Tortose ayant suscité la conversion des habitants de Valence

Citations

Saluez Rufus, élu dans le Seigneur

— Saint Paul, Épître aux Romains

Date de fête

14 novembre

Époque

1ᵉʳ siècle

Décès

vers l'an 90 (naturelle)

Attributs iconographiques

Autres formes du nom

  • Rufus (la)

Prénoms dérivés

Ruf, Rufus

Famille

  • Simon le Cyrénéen (père)
  • Alexandre (frère)