Bienheureuse Humilité de Florence

Veuve, Recluse et Abbesse

Fête : 22 mai 14ᵉ siècle • bienheureuse

Résumé

Née Rosana à Faenza, elle vécut neuf ans en mariage avant d'embrasser la vie religieuse avec son époux. Après une période de réclusion, elle fonda à Florence un couvent rattaché à l'ordre de Vallombreuse. Elle est connue pour ses visions mystiques, notamment de ses deux anges gardiens, et sa dévotion à la Passion.

Biographie

LA BIENHEUREUSE HUMILITÉ DE FLORENCE (1310).

Rosana, qui s'appela plus tard sœur Humilité, était née à Faenza, dans la Romagne. Son noble père, le signor Altimonte, et sa non moins noble mère, la signora Rachilda, virent avec peine leur enfant mépriser de bonne heure les belles robes et les atours dont la vanité féminine se repaît si volontiers.

L'empereur Frédéric Barberousse ayant mis garnison à Faenza, un des officiers de son armée fut séduit par la beauté de Rosana et demanda sa main. La jeune fille parvint à décliner cette alliance : plus tard, cependant, elle épousa, par soumission envers ses parents sans doute, un habitant de sa ville natale, Ugelotto Caccianemici, dont la famille avait fourni un pape à la catholicité : Lucius III. Cette union dura neuf ans, pendant lesquels Rosana ne cessa de demander à son mari une séparation amiable. Celui-ci ne répondait que par l'ironie à une telle prière ; mais il arriva qu'Ugelotto tomba malade ; les médecins lui déclarèrent que la continence devenait pour lui une nécessité. De cette manière, une première séparation se trouvait réalisée, la grâce en opéra une autre. Les deux époux se firent, chacun de leur côté, admettre dans le couvent double de Sainte-Perpétue, situé aux portes de Faenza. Sœur Humilité n'y demeura que trois ans, au bout desquels elle embrassa la vie de recluse, près de l'église Saint-Apollinaire. Douze ans plus tard, elle alla fonder à Florence un couvent de l'affiliation de Vallombreuse.

Elle dédia ce couvent à saint Jean l'Évangéliste, pour lequel elle avait une dévotion particulière, et qui favorisa souvent de ses visites la servante de Dieu.

Parmi les nombreuses révélations qu'elle reçut du ciel, l'une des plus remarquables est celle qui lui apprit qu'outre son ange gardien, elle en avait un second qui lui avait été donné lorsqu'elle était devenue abbesse, pour l'aider dans le gouvernement de sa communauté. Le premier, qui était de la légion des anges, s'appelait Sapiel, c'est-à-dire sagesse de Jéhovah, et l'autre, qui appartenait à l'ordre des chérubins, s'appelait Emmanuel, c'est-à-dire Dieu avec nous. On aimera lire la prière par laquelle notre Bienheureuse leur recommandait la garde de tous ses sens. « Quand je songe », dit-elle, « à la haute origine et à la noblesse céleste de mes deux anges gardiens, je suis toute glorieuse dans mon cœur. Mais quand je pense à leur beauté incomparable, je suis dans le ravissement ; enfin, quand je pense que j'ai pour amis deux génies célestes qui, tout en se tenant constamment devant le trône de Dieu, m'accompagnent cependant à travers la vie, pour m'assister fidèlement dans mes peines et dans mes besoins, je suis dans une joie extatique. Avec eux je ne crains aucun ennemi ; ils sont pour moi comme un mur impénétrable, comme un bouclier invulnérable, comme un roc inébranlable. Ils me conduisent et me dirigent avec la sagesse

d'un père et la tendre sollicitude d'une mère, m'instruisant en toutes sortes de vertus. — Bons anges, mes puissants protecteurs, gardez toutes mes voies et veillez soigneusement à la porte de mon cœur, de peur que je ne sois surprise par les ennemis ! Brandissez devant moi votre glaive protecteur ; gardez aussi la porte de ma bouche, afin qu'aucune parole inutile n'échappe à mes lèvres ! Que ma langue soit comme une épée, quand il s'agit de combattre les vices ou d'enseigner la vertu ! Fermez mes yeux avec un double sceau, quand ils voudraient voir avec complaisance autre chose que Jésus ; mais tenez-les ouverts et éveillés, quand il s'agit de prier et de chanter les louanges du Seigneur ! Veillez aussi à la porte de mes oreilles, afin qu'elles repoussent toujours avec dégoût tout ce qui vient de la vanité ou de l'esprit du mal ! Mettez des entraves à mes pieds, quand ils voudraient aller au péché ; mais accélérez leurs pas, quand il s'agit de travailler à la gloire de Dieu, ou de la sainte Vierge Marie, ou au salut des âmes ! Faites que mes mains soient toujours, comme les vôtres, prêtes à exécuter les ordres de Dieu ! Étouffez en moi l'odorat du corps, afin que mon âme n'aspire plus que le suave parfum des fleurs célestes ! En un mot, gardez tous mes sens, de manière que mon âme se délecte constamment en Dieu et aux choses célestes ! Mes anges bien-aimés, j'ai été placée sous votre garde par le doux Jésus ; je vous prie de me garder toujours avec soin, pour l'amour de lui ! Priez le Verbe éternel de ne pas permettre que j'aime jamais autre chose que lui ! Ô Emmanuel, ô Sapiel, mes anges bien-aimés, je vous supplie de me conduire un jour en la présence de la Reine du ciel, et de la prier de me mettre dans les bras le divin Enfant Jésus, son fils bien-aimé ! »

La Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ était l'objet constant des méditations de notre sainte religieuse. Un jour que la considération des souffrances de Jésus lui avait arraché des larmes, elle s'aperçut, en les essuyant, que ces larmes étaient de sang.

La bienheureuse Humilité fut réunie aux anges et aux saints qu'elle avait tant aimés sur la terre, le 22 mai de l'année 1310. Le couvent qu'elle avait fondé aux portes de Florence fut détruit en 1529, à l'occasion des guerres entre Charles-Quint et les Florentins : il ne resta, pour en marquer l'emplacement, qu'un puits où, dit-on, la Sainte trouva de la glace en plein été.

A.A. SS., 22 mai.

Événements marquants

  • Mariage avec Ugelotto Caccianemici (durée 9 ans)
  • Entrée au couvent double de Sainte-Perpétue à Faenza
  • Vie de recluse près de l'église Saint-Apollinaire pendant 12 ans
  • Fondation d'un couvent de l'affiliation de Vallombreuse à Florence
  • Dédicace du couvent à saint Jean l'Évangéliste

Miracles

  • Larmes de sang lors de la méditation de la Passion
  • Découverte de glace dans un puits en plein été à l'emplacement de son couvent

Citations

Quand je songe à la haute origine et à la noblesse céleste de mes deux anges gardiens, je suis toute glorieuse dans mon cœur.

— Prière de la Bienheureuse Humilité