Sainte Aure (Aurée)
Vierge et Abbesse
Résumé
Sainte Aure fut la première abbesse du monastère fondé par saint Éloi à Paris au VIIe siècle. Reconnue pour sa charité et sa piété, elle accomplit le miracle de manipuler des charbons ardents sans se brûler. Elle mourut de la peste en 666, entourée de ses religieuses, comme saint Éloi le lui avait prédit.
Biographie
SAINTE AURE OU AURÉE, VIERGE ET ABBESSE À PARIS (666).
Saint Éloi, ayant fondé dans sa propre maison un monastère en l'honneur de saint Martial de Limoges, mit à la tête de cette communauté sainte Aure, fille de Maurin et de Quirie. Saint Ouen a cru ne pouvoir mieux faire son éloge, qu'en disant qu'elle était une fille digne de Dieu. Elle fut en effet le modèle de ses sœurs qu'elle forma, par son exemple et par de sages instructions puisées dans la lecture de l'Évangile, à toutes les vertus chrétiennes et religieuses.
Dieu fit éclater sa vertu par des miracles ; elle entra dans un four ardent, et en tira des charbons tout rouges avec ses mains sans en être brûlée. Elle portait toujours un rude cilice. L'oraison était son exercice continuel ; quand elle voyait quelqu'un dans la peine ou dans la misère, elle s'empressait aussitôt, avec une charité infatigable, de le consoler ou de le secourir.
Un an avant sa mort, saint Éloi la fit avertir, par le moyen d'une vision, qu'elle et la plupart de ses religieuses devaient se préparer à la mort. Elle en fut remplie de joie et tâcha d'inspirer les mêmes sentiments à ses filles, en leur faisant sentir la grandeur de la félicité dont elles jouiraient bientôt. Elle mourut le 4 octobre 666, avec cent soixante-dix de ses religieuses, qui toutes furent enlevées par la peste.
Sainte Aure fut enterrée avec ses religieuses dans l'église de Saint-Paul, bâtie hors de la ville. Cinq ans après, ses reliques furent transportées dans la ville et déposées dans l'église de Saint-Martial. Le 3 avril 1482, on fit une translation solennelle de ses précieux restes ; on les renferma dans une nouvelle châsse, et on les porta à l'église Saint-Paul, d'où ils furent rapportés au monastère de Saint-Martial. La châsse était découverte et exposée à la vénération des fidèles, à la fête de sainte Aure et aux deux fêtes de saint Éloi. Elle fut enlevée par les révolutionnaires en 1792 ; mais ses reliques furent en partie sauvées et transportées en Normandie, où elles sont encore. L'église paroissiale de Saint-Paul-Saint-Louis, à Paris, en possède quelques fragments.
Vie de saint Éloi, par saint Ouen ; Godescard ; Baillet ; Pierre de Natalibus.
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## V JOUR D'OCTOBRE
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## MARTYROLOGE ROMAIN.
A Messine, en Sicile, la naissance au ciel des saints martyrs PLACIDE, moine, disciple de saint Benoît, abbé ; Eutyché et Victorin ses frères ; Flavie, vierge, leur sœur ; Donat ; Firmat, diacre, Fanale, et trente autres moines, massacrés pour la foi de Jésus-Christ, par le pirate Manuca. 541.
— Le même jour, la fête de saint Thraucque, évêque d'Euménie, martyrisé à Smyrne. Vers 171.
A Trèves, saint Palmace et ses compagnons, martyrisés durant la persécution de Dioclétien, sous le président Bictiovare. 302. — Le même jour, le martyre de sainte Charitine, vierge, qui, sous l'empereur Dioclétien et le consulaire Domitien, souffrit le tourment du feu et fut jetée à la mer. En en étant sortie sans le moindre mal, elle eut les pieds et les mains coupés, et les dents arrachées ; puis, s'étant mise en prières, elle rendit l'esprit. 303. — À Auxerre, le décès de saint Firmat, diacre, et de sainte Flavienne, sa sœur, vierge. — À Ravenne, saint Marcellin, évêque et confesseur. 346. — À Valence, en Dauphiné, saint APOLLINAIRE, évêque, dont la vie a été illustrée par beaucoup de vertus, et la mort honorée de miracles éclatants. Vers 520. — Le même jour, saint Attilan, évêque de Zamora, canonisé par le pape Urbain II. 1009. — À Léon, en Espagne, saint Froilan, évêque de cette ville, qui se distingua par son zèle pour la propagation de l'état monastique, par sa charité pour les pauvres, par ses autres vertus et par ses miracles. 1086. — À Rome, sainte GALLA, veuve, fille du consul Symaque ; qui, après la mort de son mari, se retira près de l'église de Saint-Pierre pour y passer le reste de sa vie dans les exercices de la prière, de l'aumône, du jeûne et dans la pratique de toutes sortes de saintes œuvres. Sa très-heureuse mort a été décrite par le pape saint Grégoire. Vers 550.
## MARTYROLOGE DE FRANCE, REVU ET AUGMENTÉ.
Au diocèse de Beauvais, saint SIMON, comte de Créspy-en-Valois (Frise) et moine. 1082. — Aux diocèses de Cahors et de Saint-Flour, sainte FLORE ou FLEUR, vierge, citée au martyrologe de France du 11 juin, jour de sa mort. 1347. — Au diocèse de Carcassonne, saint Placide et ses compagnons, martyrs à Ressine, en Sicile, et cités au martyrologe romain de ce jour. 341. — Aux diocèses de Dijon, de Chartres et de Poitiers, les saints martyrs Cornélie et Cyprien, dont nous avons donné la vie au 16 septembre. 252 et 258. — À Amicua, sainte AURÉE, abbesse. VIIIe s. — Aux diocèses de Lyon et de Viviers, saint Apollinaire, évêque de Valence et confesseur, cité au martyrologe romain de ce jour. Vers 520. — Au diocèse de Nevers, sainte ENIMIE (Enémie, Ermie), vierge et abbesse. VIIe s. — Au diocèse de Nevers, saint Jérôme, vingt-deuxième évêque de ce siège et confesseur. Né dans le Nivernais de parents riches et distingués, il fut élu en 793 pour succéder à Galdon (Waldo ou Gand), et, malgré sa résistance, il reçut la consécration épiscopale des mains de Bernard, métropolitain de Sens. Une longue série de guerres désastreuses avait mis le diocèse de Nevers dans le plus déplorable état : la plupart des églises avaient été pillées, les monastères avaient été dévastés, la cathédrale tombait en ruines, et des pauvres nombreux réclamaient de prompts secours. Jérôme pourvut généreusement à tous ces besoins nouveaux. C'est sous son épiscopat que la cathédrale de Nevers fut mise sous la protection de saint Cyr et de sainte Julitte, dont il obtint des reliques d'Auxerre (802). C'est encore à lui qu'est dû l'établissement du monastère de Saint-Sauveur de Nevers, et que les paroisses de Magny et de Sauvigny-les-Chanoines sont redevables de leurs églises. Saint Jérôme assista à un concile tenu à Tours (813) par l'ordre de Charlemagne pour rétablir la discipline ecclésiastique, et mourut, plein de mérites et de vertus, le lundi 5 février. 815. — Au diocèse de Paris, sainte Aure ou Aurée, vierge et abbesse, dont nous avons esquissé la vie au jour précédent. 666. — Au diocèse de Sens, saint Firmat, diacre d'Auxerre et confesseur, cité au martyrologe romain de ce jour. — À Manosque (Basses-Alpes, arrondissement de Forcalquier), au diocèse de Digne, sainte Tulle ou Tulie, vierge, sœur de sainte Consorce, et fille de saint Eucher de Lyon. Vers 430. — Au diocèse de Soissons, saint Divitien, troisième évêque de ce siège et confesseur. Saint Sinice, son oncle, le sacra évêque de Soissons, et c'est là tout ce que l'histoire nous offre de certain sur lui. La tradition rapporte qu'on lui donna la sépulture dans l'endroit où fut élevée depuis l'église de Saint-Crépin. Vers 320. — Au diocèse de Strasbourg, sainte Foi, vierge et martyre à Agen, dont nous parlerons au jour suivant. — Au diocèse de Verdun, saint MADALVÉ ou MAUVE (Magdalfocus), vingt-troisième évêque de ce siège et confesseur, dont le décès est marqué au martyrologe de France du jour précédent. Vers 777. — Dans
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l'ancienne abbaye bénédictine de Cluny (Clamiccum), au diocèse d'Autun, saint Aymard, troisième abbé de ce monastère et confesseur. (944.) Il eut le talent de se faire aimer et l'autorité de se faire obéir de sa nombreuse communauté. Ayant perdu l'usage des yeux et sentant que les infirmités de la vieillesse ne lui permettaient plus de veiller au gouvernement du monastère, il abdiqua en faveur de saint Maycol, et mourut neuf ans après son abdication. Il fut inhumé à Cluny, dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux, derrière l'autel de la sainte Vierge. 963. — À Utrecht (Ultrajectum), ville du royaume de Hollande, saint Ricfroy (Rixfridus), septième évêque de ce siège et confesseur. — Au diocèse de Quimper, saint MAURICE ou MORIZ, fondateur et abbé du monastère de Caracet. 1191.
## MARTYROLOGES DES ORDRES RELIGIEUX.
**Martyrologe de l'Ordre de Saint-Basile.** — À Rome, sainte Galla, veuve, fille du consul Symmaque, qui, après la mort de son mari, s'étant retirée auprès de l'église Saint-Pierre, passa plusieurs années dans l'exercice continuel de la prière, de l'aumône, du jeûne et de toutes sortes de saintes œuvres. Sa bienheureuse mort a été décrite par le pape saint Grégoire. Vers 550.
**Martyrologe des Chanoines Réguliers.** — À Hereford, en Angleterre, saint Thomas, évêque et confesseur, d'abord chanoine régulier, qui, après avoir souffert de nombreux tourments pour avoir défendu les droits de son Église, mourut le 2 octobre, et, après sa mort, fut célèbre par ses miracles. 1282.
**Martyrologe de l'Ordre de Saint-Benoît.** — À Messine, en Sicile, la naissance au ciel des saints martyrs Placide, moine, disciple de saint Benoît, abbé ; Eutyché et Victorin, ses frères ; Flavie, vierge, leur sœur ; Donat ; Firmat, diacre ; Fauste et trente autres moines, qui furent massacrés, pour la foi de Jésus-Christ, par le pirate Manuca. 541. — Le même jour, saint Attilan, évêque de Zamora, canonisé par Urbain II. 1089. — La naissance au ciel de saint Thraséas, martyr à Smyrne. 173.
**Martyrologe de l'Ordre des Camaldules.** — De même que chez les Bénédictins.
**Martyrologe de la Congrégation de Vallombreuse.** — De même que chez les Bénédictins.
**Martyrologe de l'Ordre des Cisterciens.** — De même que chez les Bénédictins.
**Martyrologe des trois Ordres de Saint-François.** — Dans la ville de Penna, au diocèse de Saint-Jean de Firmana, le bienheureux Jean de Penna, confesseur, de l'Ordre des Frères Mineurs, qui brilla par son esprit de pauvreté et de patience, par l'austérité de sa vie et par le don de prophétie et des miracles. Le pape Pie VII approuva le culte qu'on lui rendait de temps immémorial. 1271.
**Martyrologe de l'Ordre des Frères Mineurs.** — De même que ci-dessus.
**Martyrologe de l'Ordre des Ermites de Saint-Augustin.** — La mémoire des stigmates sacrés dont saint François, instituteur de l'Ordre des Frères Mineurs, étant sur le mont Alverne, en Toscane, reçut miraculeusement l'impression aux pieds, aux mains et au côté. Cette fête, qui célèbre le 17 septembre, a été transférée à perpétuité en ce jour pour notre Ordre. 1224.
## ADDITIONS FAITES D'APRÈS LES BOLLANDISTES ET AUTRES HAGIOGRAPHES.
A Laubach (Labacum), ville du grand-duché de Hesse-Darmstadt, fête de l'exposition solennelle des reliques de sainte Pérégrine, vierge et martyre à Rome. Sous le tyran Maxence (300-312), les païens voyant sa persistance à confesser Jésus-Christ, la frappèrent à la tête avec des verges de fer au bout desquelles étaient attachées des boules de plomb. Elle expira sous leurs coups. Les chrétiens recueillirent son sang dans un vase de terre, et le déposèrent, avec son corps mutilé, dans le cimetière de Priscillien. Le 5 octobre 1660, ces saints ossements furent levés de terre et transférés de Rome à Laubach, où on les exposa à la vénération des fidèles, dans l'église des Augustins. Vers 312. — À Aoste (*Augusta prætoria*), ville du royaume d'Italie (Piémont), le bienheureux Gal, évêque et confesseur. Vers 546. — À Bodiée, au diocèse de Paderborn (Westphalie), saint Meinalphe (Meinalphe, Meinon, Meenolf, Meen), diacre, fondateur du monastère de Bodiée. Il naquit vers 794, dans le voisinage de Paderborn, de parents illustres, et fut tenu sur les fonts baptismaux par Charlemagne lui-même qui se chargea de son éducation, et en confia le soin à Hatumar, premier évêque de Paderborn. Le jeune élève se voua avec le plus grand succès à l'étude et à la vie spirituelle. Il fut bientôt admis au nombre des clercs, et à vingt-cinq ans il était diacre. Désireux de faire quelque chose pour le Seigneur, il consacra ses richesses à la fondation d'un monastère de religieuses auxquelles il donna lui-même une règle. Il se voua ensuite à l'instruction chrétienne de ses compatriotes : la Westphalie le regarde comme un de ses apôtres. Il mourut au milieu des fatigues de ce dur apostolat ; son corps fut déposé dans l'église du monastère qu'il avait fondé. Vers 847. — À Florence, sur l'Arno (*Toscane*), le bienheureux Pierre d'Imola, chevalier de l'Ordre militaire de Saint-Jean de Jérusalem et prieur de la province de Rome. Il mourut à Florence et fut inhumé dans l'église de l'hôpital Saint-Jacques in Corbellino, 1320. — À Vigevano (*Vigilessimum Victum-Vict*), ville d'Italie, dans les anciens États Sardes (intendance actuelle de Novare), le bienheureux Matthieu Carrieri de Mantoue, confesseur, de l'Ordre des Frères Prêcheurs, cité au martyrologe de cet Ordre du 7 octobre, jour où nous donnerons quelques détails sur sa vie. 1470.
Événements marquants
- Placée par saint Éloi à la tête d'un monastère en l'honneur de saint Martial
- Miracle du four ardent
- Vision de saint Éloi annonçant sa mort un an à l'avance
- Décès durant une épidémie de peste avec 170 de ses religieuses
- Translation des reliques en 1482
- Profanation de la châsse par les révolutionnaires en 1792
Miracles
- Entrée dans un four ardent et manipulation de charbons rouges sans brûlure
Citations
Une fille digne de Dieu