13 mai 19ᵉ siècle

André-Hubert Fournet

Prêtre du diocèse de Poitiers, fidèle au Saint-Siège durant la Révolution, André-Hubert Fournet cofonda en 1807 la congrégation des Filles de la Croix avec sainte Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges. Canonisé en 1933, il est fêté le 13 mai.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Prêtre du diocèse de Poitiers né en 1752, André-Hubert Fournet connut une conversion radicale puis traversa la Révolution dans la clandestinité avant de fonder une congrégation enseignante et hospitalière.

André-Hubert Fournet naquit le 6 décembre 1752 à Saint-Pierre-de-Maillé, dans le diocèse de Poitiers, au sein d'une famille nombreuse. Garçon vif, peu enclin aux études, il se destina d'abord sans grande conviction au sacerdoce avant d'être ordonné prêtre dans les années 1776-1778. Nommé curé de sa paroisse natale de Maillé, il y menait initialement une vie aisée et bourgeoise. Selon une tradition rapportée par ses biographes, la remontrance d'un pauvre venu mendier — s'étonnant de l'opulence de sa table — provoqua une conversion profonde : Fournet renonça au superflu, embrassa la pauvreté évangélique et se consacra au service des plus démunis. Lors de la Révolution française, il refusa de prêter le serment exigé par la Constitution civile du clergé (1791) et poursuivit clandestinement son ministère au péril de sa vie pendant la Terreur. Contraint à l'exil, il se réfugia en Espagne, puis revint secrètement en France vers 1797 pour administrer les sacrements aux fidèles, vivant caché jusqu'au rétablissement du culte. Il mourut le 13 mai 1834 à La Puye, en Vienne, âgé de quatre-vingt-un ans.

Fondation 02 / 05

Vie et oeuvre

Avec Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, André-Hubert Fournet fonda la congrégation des Filles de la Croix, vouée à l'éducation chrétienne des enfants et au soin des malades pauvres.

L'oeuvre majeure d'André-Hubert Fournet est la fondation de la congrégation des Filles de la Croix, dites aussi Soeurs de Saint-André, qu'il établit avec sainte Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges. Après le rétablissement de la paix religieuse, Fournet, qui dirigeait spirituellement la jeune femme depuis les années de persécution, l'encouragea à rassembler des compagnes pour l'éducation chrétienne des filles, surtout les plus pauvres, et le soin des malades. Les premières religieuses prononcèrent leurs voeux le 12 août 1807, acte généralement retenu comme date de naissance de la congrégation, dont Fournet fut le père spirituel et le directeur. En 1820, il renonça à sa cure et se retira à La Puye, où s'établit la maison-mère de l'institut, afin de se consacrer entièrement à l'accompagnement des soeurs. La congrégation, approuvée sous le pontificat de Pie VIII, essaima en France et au-delà, conjuguant enseignement et charité. Le charisme transmis par Fournet — pauvreté, simplicité et service direct des pauvres — demeura la marque de l'institut. Selon la tradition hagiographique, il aurait, en des temps de disette, miraculeusement multiplié le grain ou le pain pour nourrir la communauté.

Théologie 03 / 05

Cheminement vers la saintete

Marqué par une conversion à la pauvreté évangélique et par sa fidélité héroïque durant la Révolution, Fournet fut tenu de son vivant pour un saint prêtre, surnommé un autre curé d'Ars.

La réputation de sainteté d'André-Hubert Fournet se forgea d'abord dans l'épreuve. Sa fidélité au Saint-Siège durant la Révolution, son refus du serment constitutionnel et le ministère clandestin qu'il exerça au risque de sa vie firent de lui une figure de prêtre persécuté et exemplaire. Sa conversion à une pauvreté radicale, le don de ses biens aux indigents et la simplicité de sa vie nourrirent une spiritualité concrète, tournée vers le service des pauvres et des malades. Directeur d'âmes recherché, il accompagna de nombreuses vocations, au premier rang desquelles celle de Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, elle-même canonisée en 1947. Sa renommée de sagesse pastorale et de zèle lui valut, dans la tradition postérieure, d'être comparé au curé d'Ars et qualifié de « second curé d'Ars ». L'estime dont il jouissait de son vivant, confirmée après sa mort par la dévotion des fidèles et par le témoignage des Filles de la Croix, fonda la cause qui aboutit à sa béatification puis à sa canonisation.

Culte 04 / 05

Beatification et canonisation

André-Hubert Fournet fut béatifié en 1926 et canonisé en 1933, tous deux par le pape Pie XI; sa fête liturgique est fixée au 13 mai.

La cause d'André-Hubert Fournet aboutit sous le pontificat de Pie XI. Il fut béatifié le 16 mai 1926, puis canonisé le 4 juin 1933 en la basilique Saint-Pierre de Rome, par le même pape Pie XI, après la reconnaissance des miracles requis attribués à son intercession. Selon les sources hagiographiques, deux miracles furent retenus pour la béatification et deux autres pour la canonisation. Sa mémoire liturgique est célébrée le 13 mai, jour anniversaire de sa mort (dies natalis). On notera que le site du Dicastère pour les causes des saints porte par endroits la date du 18 mai pour son décès, mais l'ensemble des sources de référence ainsi que la date de la fête confirment le 13 mai 1834. La cofondatrice de la congrégation, Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges, fut quant à elle canonisée le 6 juillet 1947 par le pape Pie XII, scellant la reconnaissance commune de l'oeuvre qu'ils avaient entreprise.

Postérité 05 / 05

Spiritualite et heritage

L'héritage d'André-Hubert Fournet se perpétue à travers la congrégation des Filles de la Croix et le sanctuaire de La Puye, foyer de sa mémoire.

L'héritage d'André-Hubert Fournet est porté avant tout par la congrégation des Filles de la Croix, dites Soeurs de Saint-André, qu'il fonda avec Jeanne-Élisabeth Bichier des Âges et qui poursuit aujourd'hui encore une mission d'éducation et de service des pauvres et des malades, en France et dans plusieurs pays. La maison-mère de La Puye, en Vienne, où il vécut ses dernières années et où il mourut, demeure le principal lieu de sa mémoire et conserve son souvenir auprès des religieuses et des fidèles. Sa spiritualité — fidélité au Christ jusque dans la persécution, pauvreté évangélique et charité concrète — continue d'inspirer l'institut et le diocèse de Poitiers, qui l'honore parmi ses grandes figures. Sa fête, le 13 mai, est l'occasion de rappeler la vie de ce prêtre demeuré fidèle durant la tourmente révolutionnaire et devenu, par sa conversion et son oeuvre, un modèle de charité sacerdotale.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1834
  2. Canonisation en 1933 par Pie XI