2 aout 16ᵉ siècle

Pierre Favre

Prêtre savoyard, premier ordonné de la Compagnie de Jésus et compagnon d'Ignace de Loyola, Pierre Favre fut un maître des Exercices spirituels et un infatigable missionnaire en Europe. Béatifié en 1872, il fut canonisé par équivalence par le pape François en 2013.

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5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Né en 1506 dans le duché de Savoie au sein d'une famille paysanne, Pierre Favre devint à Paris l'un des premiers compagnons d'Ignace de Loyola.

Pierre Favre naquit le 13 avril 1506 au Villaret, hameau de Saint-Jean-de-Sixt, dans le duché de Savoie (aujourd'hui en Haute-Savoie). Issu d'une famille de modestes agriculteurs, il garda les troupeaux dans sa jeunesse avant que son oncle, prieur de la chartreuse du Reposoir, n'encourageât ses études. Après l'école de Thônes et le collège de La Roche-sur-Foron, il partit en 1525 pour Paris, où il fréquenta le collège Sainte-Barbe. Il y eut pour compagnon de chambre François Xavier, puis y rencontra Ignace de Loyola, dont il devint un ami intime, partageant, selon la tradition, la table, la chambre et la bourse. Bachelier puis maître ès arts vers 1530, Favre fut le premier des compagnons à recevoir l'ordination sacerdotale, le 30 mai 1534. Le 15 août 1534, à la chapelle Saint-Denis de Montmartre, il célébra la messe au cours de laquelle sept « amis dans le Seigneur » prononcèrent les vœux qui sont à l'origine de la Compagnie de Jésus. Rappelé à Rome pour représenter la Compagnie au concile de Trente, épuisé par ses voyages, il mourut le 1er août 1546 à Rome, à l'âge de quarante ans.

Mission 02 / 05

Vie et oeuvre

Premier prêtre de la Compagnie de Jésus, Favre se consacra à la prédication itinérante, aux Exercices spirituels et à la fondation de communautés à travers l'Europe.

Maître reconnu des Exercices spirituels d'Ignace, Pierre Favre privilégia l'accompagnement personnel et le dialogue plutôt que la prédication d'éclat. À partir de 1540, il mena une vie apostolique itinérante au service du Saint-Siège et de l'empereur. Envoyé en Allemagne, il participa aux colloques de Worms (1540) et de Ratisbonne (1541), où il chercha à raviver la vie chrétienne face à la Réforme, convaincu qu'il fallait d'abord réformer les mœurs et les cœurs. Il œuvra ensuite à Spire, à Mayence et à Cologne, où il contribua à établir la présence de la Compagnie en pays germanique vers 1543-1544. C'est lui qui donna les Exercices spirituels à Pierre Canisius, futur docteur de l'Église. Favre porta également son apostolat en Espagne et au Portugal, où, soutenu par la cour, il favorisa l'implantation de la Compagnie. Il laissa des lettres et un Mémorial, journal spirituel rédigé entre 1542 et 1545, témoignage de sa vie intérieure et de sa dévotion. En 1546, Ignace le désigna comme représentant de la Compagnie au concile de Trente, mission qu'il ne put accomplir, la mort le surprenant à son arrivée à Rome.

Théologie 03 / 05

Cheminement vers la saintete

Favre se distingua par la douceur, la finesse du discernement spirituel et une intense vie de prière au service des âmes.

La sainteté de Pierre Favre se déploya moins dans des œuvres éclatantes que dans la qualité de son écoute et de son discernement. Contemporains et historiens le décrivent comme un homme de douceur, capable de dialoguer avec tous, même les plus éloignés de la foi, et habile à conduire les âmes par la voie des Exercices spirituels. Son Mémorial révèle une vie intérieure nourrie par une dévotion confiante, où il invitait à laisser le Christ occuper le centre du cœur. Réservé, scrupuleux mais profondément aimant, il privilégiait la conversion patiente des personnes à la polémique doctrinale, estimant qu'il fallait gagner les cœurs avant de réformer les institutions. Cette manière d'accompagner, faite de bonté et de proximité, lui valut très tôt une réputation de sainteté qui ne cessa de croître après sa mort. Le pape François, premier pontife jésuite, a maintes fois présenté Favre comme un modèle de pasteur attentif au dialogue, à la douceur et au discernement, et a confié à la revue La Civiltà Cattolica que ce compagnon discret d'Ignace était sa figure jésuite de prédilection.

Culte 04 / 05

Beatification et canonisation

Béatifié en 1872 par Pie IX, Pierre Favre fut canonisé par équivalence par le pape François le 17 décembre 2013.

Le culte rendu à Pierre Favre comme bienheureux fut solennellement approuvé par le pape Pie IX le 5 septembre 1872, confirmant une vénération attestée depuis sa mort. Plus d'un siècle plus tard, le 17 décembre 2013, jour de son soixante-dix-septième anniversaire, le pape François décréta sa canonisation. Il recourut à la procédure dite de canonisation équipollente (ou équivalente), qui permet au pape d'étendre le culte d'un bienheureux à l'Église universelle et de l'inscrire au catalogue des saints sans procès canonique formel ni miracle requis, lorsque sont réunies trois conditions : un culte ancien, une réputation durable de vertus et de miracles, et leur transmission par des historiens dignes de foi. Aucun miracle ne fut donc exigé pour cette canonisation. La mémoire liturgique de saint Pierre Favre est célébrée le 2 août, au lendemain de l'anniversaire de sa mort survenue le 1er août ; certaines sources mentionnent indifféremment l'une ou l'autre de ces deux dates.

Postérité 05 / 05

Spiritualite et heritage

Figure fondatrice de la Compagnie de Jésus, Favre demeure un maître de l'accompagnement spirituel et un modèle de douceur missionnaire.

Premier prêtre de la Compagnie de Jésus et cofondateur de l'ordre avec Ignace de Loyola et François Xavier, Pierre Favre occupe une place singulière dans l'histoire jésuite. Sa dépouille repose dans la crypte de l'église du Gesù, à Rome, maison mère de la Compagnie. Son influence se mesure d'abord à la diffusion des Exercices spirituels, dont il fut l'un des premiers grands transmetteurs, ainsi qu'à son rôle dans l'implantation de l'ordre en Allemagne et dans la péninsule Ibérique. Son Mémorial, journal spirituel édité notamment par Michel de Certeau au XXe siècle, demeure une source précieuse de la spiritualité ignatienne des origines. La redécouverte de sa figure doit beaucoup au pape François, qui le tenait pour modèle du jésuite voué au dialogue et au discernement. De nombreuses institutions et paroisses portent aujourd'hui son nom, en particulier dans son diocèse natal d'Annecy ainsi que dans plusieurs universités et établissements jésuites à travers le monde.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1546
  2. Canonisation en 2013 par François