27 juin 19ᵉ siècle

Marguerite Bays

Couturière mystique suisse et tertiaire franciscaine, Marguerite Bays (1815-1879) a sanctifié sa vie quotidienne au service des pauvres et a porté les stigmates du Christ.

Lecture guidée

5 sections de lecture

Vie 01 / 05

Biographie

Naissance et jeunesse de Marguerite Bays à Chavannes-les-Forts, son apprentissage de couturière et son choix de la vie laïque.

Marguerite Bays naît le 8 septembre 1815 à La Pierraz, un hameau de la localité de Chavannes-les-Forts (aujourd'hui rattaché à la commune de Siviriez), dans le canton de Fribourg en Suisse. Elle est la deuxième des sept enfants de Pierre-Antoine Bays et Marie-Joséphine Morel, une famille de modestes agriculteurs profondément chrétiens. Dès son enfance, Marguerite manifeste une vive intelligence et un attrait précoce pour la prière silencieuse et la contemplation, s'éloignant volontiers des jeux de ses camarades pour s'entretenir avec Dieu. Elle fréquente l'école de Chavannes-les-Forts pendant environ quatre ans, y apprenant à lire et à écrire. Elle reçoit le sacrement de confirmation en 1823 et fait sa première communion en 1826. À partir de 1830, elle entre en apprentissage pour devenir couturière. Elle exercera ce métier toute sa vie, se déplaçant de maison en maison ou travaillant à domicile, tout en participant activement aux travaux de la ferme familiale et aux tâches ménagères. Bien que ses conseillers spirituels l'aient encouragée à entrer au couvent, Marguerite choisit de rester laïque et célibataire, convaincue que sa vocation est de se consacrer entièrement à Dieu tout en demeurant au cœur du monde, de sa famille et de sa paroisse.

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Vie et œuvre

Le dévouement de Marguerite Bays au sein de sa famille difficile, son engagement paroissial et ses liens avec l'Œuvre de Saint-Paul et l'abbaye de la Fille-Dieu.

La vie quotidienne de Marguerite Bays se déroule dans un cadre familial souvent éprouvant. Elle vit dans la maison de La Pierraz, dont son frère aîné Claude reprend l'exploitation. La famille traverse de nombreuses difficultés : son frère Joseph, violent et dissipé, fait de la prison ; sa sœur Marie-Marguerite (dite Mariette) revient vivre au foyer après l'échec de son mariage ; et Claude a un enfant hors mariage, François, dont Marguerite prend en charge l'éducation dès l'âge de 17 ans. De plus, sa belle-sœur Josette (l'épouse de Claude) se montre particulièrement hostile à son égard, lui infligeant de nombreuses humiliations que Marguerite supporte avec une patience et une charité héroïques. Malgré ces tensions, Marguerite se dévoue sans compter pour sa paroisse de Siviriez et les habitants de sa région. Elle visite les malades et les mourants, coud des vêtements pour les enfants pauvres et soutient les familles en difficulté. Elle enseigne le catéchisme aux enfants de manière vivante et joyeuse, notamment en installant une crèche à Noël et en organisant des prières pour le mois de Marie. Elle s'engage activement dans les mouvements paroissiaux, faisant partie de la Confrérie du Rosaire et de la Confrérie du Saint-Sacrement. Sur le plan ecclésial, elle soutient l'Œuvre de la Propagation de la Foi et collabore avec le chanoine Joseph Schorderet pour la fondation de l'Œuvre de Saint-Paul (consacrée à l'apostolat par la presse). Elle entretient également des liens spirituels étroits avec l'abbaye cistercienne de la Fille-Dieu à Romont, dont sa filleule, Mère Lutgarde Menétrey, deviendra l'abbesse réformatrice. Grâce à une autorisation spéciale de l'évêque Mgr Étienne Marilley, Marguerite est autorisée à entrer en clôture pour participer aux retraites annuelles des moniales.

Conversion 03 / 05

Cheminement vers la sainteté

Sa guérison miraculeuse d'un cancer en 1854, l'apparition de ses stigmates et son engagement dans le Tiers-Ordre franciscain.

En 1853, Marguerite Bays est frappée par la maladie : elle ressent de violentes douleurs et des nausées, et les examens médicaux révèlent un cancer abdominal (des intestins) jugé incurable. Son état s'aggrave rapidement. Le 8 décembre 1854, jour de la proclamation solennelle du dogme de l'Immaculée Conception par le pape Pie IX à Rome, Marguerite, alitée et souffrante, prie ardemment la Vierge Marie et demande qu'on applique sur son corps une médaille de l'Immaculée Conception. Elle est instantanément et totalement guérie de sa tumeur, retrouvant immédiatement ses forces. À la suite de cette guérison miraculeuse, Marguerite exprime le désir d'être associée encore plus intimement à la Passion du Christ. C'est alors que sa maladie se commue en une participation mystique aux souffrances du Sauveur. À partir de 1860, elle reçoit les stigmates du Christ (les plaies aux mains, aux pieds et à la poitrine). Chaque vendredi, et de manière encore plus intense durant la Semaine Sainte, elle entre en extase et revit dans sa chair les souffrances de Jésus au Gethsémani et au Calvaire. Par humilité, elle s'efforce de cacher ces marques mystiques à son entourage. Le 11 avril 1873, une enquête officielle menée par un médecin et le préfet confirme l'authenticité de ses stigmates, concluant qu'ils sont scientifiquement inexplicables par des causes naturelles. Désireuse de structurer sa vie spirituelle selon l'idéal de pauvreté et d'humilité, Marguerite s'associe au Tiers-Ordre franciscain (aujourd'hui Ordre Franciscain Séculier). Le 22 février 1861, elle prononce ses promesses définitives en l'église des Capucins de Romont, s'engageant à vivre la Règle des tertiaires laïcs franciscains au quotidien.

Culte 04 / 05

Béatification et canonisation

La mort de Marguerite Bays en 1879, sa béatification par Jean-Paul II en 1995, le miracle de la guérison de Virginie Baudois et sa canonisation par le pape François en 2019.

Consumée par la maladie et les souffrances mystiques, Marguerite Bays s'éteint le vendredi 27 juin 1879 à 15 heures, jour du vendredi de l'octave du Sacré-Cœur, dans sa maison de La Pierraz, entourée de la vénération populaire. Le procès en vue de sa béatification s'ouvre dans le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Marguerite Bays est béatifiée le 29 octobre 1995 par le pape Jean-Paul II à Rome. Lors de la cérémonie, le souverain pontife la qualifie de « femme toute simple, avec une vie ordinaire, en qui chacun de nous peut se retrouver ». Sa canonisation est rendue possible après la reconnaissance d'un second miracle survenu en 1998. Une fillette de deux ans, Virginie Baudois, tombe accidentellement sous la roue d'un tracteur agricole conduit par son grand-père. Écrasée par l'engin, la fillette est inanimée. Son grand-père invoque immédiatement la bienheureuse Marguerite Bays. Quelques instants plus tard, l'enfant se met à pleurer. Transportée à l'hôpital, les examens médicaux révèlent qu'elle ne souffre d'aucune fracture ni lésion interne, présentant seulement quelques ecchymoses superficielles, un fait jugé totalement inexplicable par les médecins. Le 13 octobre 2019, le pape François célèbre la canonisation solennelle de Marguerite Bays sur la place Saint-Pierre à Rome, en présence de Virginie Baudois et d'une importante délégation suisse.

Postérité 05 / 05

Spiritualité et héritage

La spiritualité du quotidien de Marguerite Bays, sa dévotion mariale et eucharistique, et la vénération continue à Siviriez.

La spiritualité de sainte Marguerite Bays repose sur la « sainteté du quotidien ». Sans accomplir d'actions d'éclat aux yeux du monde, elle a sanctifié les tâches les plus humbles de la vie laïque : le travail de couture, les corvées ménagères et le service désintéressé des pauvres et des malades. Le pape François a souligné lors de sa canonisation qu'elle montre « combien la prière simple est puissante, de même que la patiente endurance, le don de soi silencieux ». Sa vie spirituelle était profondément nourrie par l'Eucharistie, qu'elle considérait comme le sommet de sa journée, et par une dévotion filiale envers la Vierge Marie. Elle a effectué plus de onze pèlerinages à pied au sanctuaire marial de Notre-Dame des Ermites à Einsiedeln. Aujourd'hui, la maison natale de Marguerite Bays à La Pierraz est préservée dans son état d'origine et demeure un lieu de pèlerinage important. Son corps repose dans l'église paroissiale de Siviriez. Chaque 27 du mois, jour anniversaire de sa mort, des messes et des temps de prière y rassemblent de nombreux fidèles venus confier leurs intentions à la sainte couturière de la Glâne.

Source officielle Notice rédigée par Sancteo d'après des sources contemporaines vérifiées (sources officielles de l'Église et références hagiographiques).

Signes et attributs

Annexes & entités liées

Données structurées pour l'exploration : événements, miracles, citations, lieux, attributs, patronages et entités importantes citées dans le texte.

Événements marquants

  1. Époque / mort : 1879
  2. Canonisation en 2019 par François

Miracles

  1. Guérison instantanée et totale d'un cancer abdominal incurable le 8 décembre 1854 après avoir prié la Vierge Marie.
  2. Guérison inexpliquée de la fillette Virginie Baudois, écrasée par un tracteur agricole en 1998, après l'invocation de Marguerite Bays.

Citations

  • femme toute simple, avec une vie ordinaire, en qui chacun de nous peut se retrouver https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQGSCGcg8p1Aprsi-izfTQ26mSgRTcbQ5I-Tl0zeMl3r9VN3X3VcYluqg7d_CRwfFLfC0ICDHXm8b1DSUbuKLie9efRZHyxU3BEPm54U_U_mZeMaKdK4k4-xxjmiHkSQSfRF7qM=
  • combien la prière simple est puissante, de même que la patiente endurance, le don de soi silencieux https://vertexaisearch.cloud.google.com/grounding-api-redirect/AUZIYQER25yiKGqj-cPw9yTV-fa8VU8cWfserEx2QCX972w2Asq7UeOEGIw8t43FJ8wfnLJD_gaWxqqinJSGNl_0XV0-X5rtBWGIu6CzMeA9diNmKSzLEkJkYvBhEbjbpzfoEtM=