Saint Cyriaque et Sainte Paule

Martyrs à Malaga

Fête : 18 juin 4ᵉ siècle • sainte

Résumé

Cyriaque et la vierge Paule furent martyrisés à Malaga vers l'an 300 lors de la persécution de Dioclétien. Ayant refusé d'abjurer leur foi malgré les tortures, ils furent condamnés à la lapidation. Ils sont les saints patrons de la ville de Malaga, qui célèbre leur mémoire chaque année.

Biographie

SAINT CYRIAQUE ET SAINTE PAULE,

MARTYRS A MALAGA EN ESPAGNE (300).

Pendant les dix années que la sanglante persécution de Dioclétien et de Maximien exerça ses fureurs et sa rage contre tous les membres du Christ, il y eut une si grande multitude de fidèles qui triomphèrent en mourant pour la foi, que, dans un seul mois, dix-sept mille obtinrent la palme du martyre. Alors l'Espagne compta une foule de vaillants soldats du Christ : la Bétique brilla par l'éclatante confession de ses Saints; les prisons et les bagnes furent remplis par des légions de Martyrs, les tribunaux retentirent de la gloire du Seigneur, les idoles furent rejetées avec dédain, des hommes dignes de Dieu et prodigues de leur vie, lui consacrèrent leur sang, qu'ils répandirent pour la gloire de son nom.

Les plus illustres athlètes dans cette persécution furent Cyriaque et la vierge Paule. Amenés au tribunal du juge païen, à Malaga, ils rendirent compte de leur foi et souffrirent pour la défendre d'innombrables tortures et de cruels supplices. Rien ne pouvant leur faire renier Jésus-Christ, le juge impie ordonna qu'ils fussent lapidés. Aussitôt les saints Martyrs courent pleins de joie au combat, et reçoivent avec intrépidité une grêle de pierres qui broyent leur corps, et sous lesquelles ils tombent ensevelis. Les pierres se choquaient encore sur leurs membres brisés, quand ils rendirent leurs âmes à Dieu, environ l'an du salut 300, le 18 juin. La noble cité de Malaga fut empourprée de leur sang vénérable. Plus tard, cette ville, après avoir été six cent soixante-dix ans au pouvoir des perfides mahométans, rentra sous la domination des chrétiens, le 19 août de l'an du Seigneur 1487, sous le règne des princes catholiques Ferdinand et Isabelle, qui, le même jour, prenant possession de la très-noble cité, y entrèrent en triomphe. Les deux souverains, après avoir purifié la ville des souillures musulmanes, rendirent à Dieu de joyeuses actions de grâces et informèrent de leur victoire Innocent VIII, qui occupait alors le Siège Apostolique. Dans la joie que lui causa ce triomphe et le rétablissement de la foi dans un lieu qu'elle avait autrefois possédé, le Pontife leur adressa à Leurs Majestés catholiques un rescrit où il disait que la ville de Malaga a été consacrée par le martyre de saint Cyriaque et de sainte Paule, lapidés autrefois comme Étienne, le premier martyr. C'est pourquoi les habitants de Malaga se sont mis sous la tutelle et le patronage des deux Saints, et ont bâti une église sous leur invocation. À leur fête, qui est très-renommée, le clergé et le sénat en corps se rendent solennellement dans cette basilique; et tous les ans, en présence du Seigneur, ils célèbrent par des réjouissances extraordinaires la mémoire de la mort très-précieuse de ces saints Martyrs.

Légendes du Bréviaire romain.

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## SAINT AMAND, ÉVÊQUE DE BORDEAUX (vers 431).

Les lettres de saint Jérôme et de saint Paulin de Nole sont tout un long panégyrique de saint Amand de Bordeaux. On ne connaît aucun détail ni sur sa naissance ni sur sa famille; on croit ordinairement qu'il est né après le milieu du IVe siècle, dans la ville même de Bordeaux ou dans le diocèse.

Dès son enfance, il fut élevé dans l'étude des Lettres sacrées, où il puisa une doctrine toute sainte. Jamais il ne fut souillé par le commerce du monde ni par les péchés de la chair. Cette pureté de vie le rendit si agréable à Dieu, que saint Paulin de Nole le chargea de dire au Seigneur, en sa faveur, comme autrefois Moïse pour le peuple d'Israël : « Pardonne-lui, ou efface-moi de ton livre ».

Il fut un des principaux instruments dont Dieu se servit pour opérer la conversion du même saint Paulin, et la manière dont celui-ci en parle fait juger que ce fut saint Amand qui le catéchisa et le présenta sur les fonts sacrés du Baptême. Après que saint Paulin eut renoncé au monde et quitté les Gaules, saint Amand et lui lièrent ensemble un commerce réglé de lettres, se servant pour cet office de charité d'un nommé Cardumas, que saint Amand avait porté à s'adonner à la piété.

Saint Delphin étant mort, le prêtre Amand, qu'il avait chargé, de son vivant, du ministère de la parole, fut élu, à sa place, évêque de Bordeaux.

Une parole de saint Paulin montrera combien ce siècle était fertile en grands et saints évêques, et en particulier quel était le mérite d'Amand. « Si vous voulez voir », dit-il, « des évêques dignes de Dieu, des défenseurs zélés de la foi et de la religion, regardez Exupère de Toulouse, Simplice, de Vienne, Amand de Bordeaux, Diogénien d'Alby, Dyname d'Angoulême, Vénérand de Clermont, Alythius de Cahors, Pacat de Périgueux ».

Lorsque l'âge et les fatigues l'eurent mis dans l'impuissance de prendre pour son troupeau les mêmes soins qu'auparavant, il fut si chagrin de voir que les mœurs et la religion de ses diocésains en souffraient, qu'il se mit à prier Dieu d'envoyer un évêque dont la vigueur et l'application pussent remédier au mal qu'il ne pouvait guérir pour sa part. Dieu envoya saint Séverin. Amand,

instruit de son arrivée, s'avança à sa rencontre, l'introduisit dans la ville et l'intronisa à sa place sur le siège épiscopal. Amand, heureux de voir ses vœux exaucés et les mœurs s'améliorer, resta avec saint Séverin, auquel il survécut de quelques années.

Le martyrologe romain marque au 18 juin la fête de saint Amand, dont les reliques furent déposées dans l'église de Saint-Sernin de Bordeaux. On ignore l'année de sa mort; mais, comme il était à peu près du même âge que saint Paulin de Nole, on peut aussi placer sa mort à peu près vers le même temps que celle de cet illustre évêque, c'est-à-dire vers 431.

Il ne paraît aujourd'hui nulle part aucun des écrits de saint Amand, sinon le précis d'une de ses lettres que saint Jérôme nous a conservée. Il serait cependant à souhaiter, remarquent les continuateurs de Bollandus, que si ses autres lettres se trouvaient cachées dans quelque bibliothèque, on en enrichît le public. On juge, par l'éloge que saint Paulin fait des lettres de saint Amand dans les siennes, qu'elles seraient tout à fait propres à éclairer les âmes qui font profession de la piété chrétienne. Saint Paulin les regardait comme telles, lorsqu'il disait qu'elles faisaient la joie de son cœur, qu'elles lui étaient plus douces que le miel, et qu'elles formaient la consolation et la nourriture la plus délicieuse de l'âme.

C'est à saint Amand, suivant une opinion assez accréditée, mais qui rencontre pourtant des contradicteurs, entre autres Dom Rivet, qu'on est redevable de la conservation des écrits de saint Paulin. Celui-ci faisait aussi peu de cas de ses écrits que de ses richesses et de lui-même; il les laissait se perdre, malgré l'estime qu'en faisaient saint Augustin et saint Jérôme; et cette grande perte se serait consommée si saint Amand n'y avait mis obstacle. « C'est par le titre que vous avez mis à ces lettres », dit-il à saint Amand, « que j'ai appris qu'elles étaient les miennes. C'est pourquoi j'ai reçu une preuve rare de votre amitié pour moi, puisque j'ai acquis la certitude que vous me connaissiez mieux que je ne me connais moi-même. Je me réjouis d'avoir reçu les hymnes que je désirais, etc. » — « Cette lettre d'où ce passage est tiré », dit Baronius, « existe manuscrite dans les archives du Nord; je regarde comme un grand présent la copie que m'en a envoyée Athenius Agellius, clerc régulier, homme très-savant ».

Propre de Bordeaux. Baronius, Godescard, Dom Rivet.

Date de fête

18 juin

Époque

4ᵉ siècle

Décès

environ l'an du salut 300, le 18 juin