Saint Maxence (Maixent)

Abbé

Fête : 26 juin 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Né à Agde au Ve siècle, Maxence (ou Adjuteur) devint abbé d'un monastère en Poitou après avoir fui la renommée. Connu pour son ascétisme extrême et ses miracles, il protégea ses moines des soldats de Clovis. Son monastère donna naissance à la ville de Saint-Maixent.

Biographie

SAINT MAXENCE OU MAIXENT,

ABBÉ DU MONASTÈRE DE CE NOM, AU DIOCÈSE DE POITIERS

515. — Pape : Hormisdas. — Roi de France : Childebert Ier.

*Studet verus abbas ut sicut major est auctoritate, in quoque excellentior sit virtute.*

Celui qui est véritablement abbé, s'applique à devenir le premier par la vertu comme il est le premier par l'autorité.

Joan. Trith., in Regul. S. Bened.

Adjuteur, nommé aussi Maxence et vulgairement Maixent, naquit à Agde, dans la Gaule narbonnaise, d'une famille noble vers l'an 448. Ses parents, qui avaient de la piété, le mirent sous la conduite du saint abbé Sévère. Ses progrès le firent remarquer et excitèrent l'admiration des uns et la jalousie des autres. Mais les applaudissements, plus que les mépris du monde, lui firent prendre le chemin de la retraite. Il y abrita son humilité durant deux ans, après quoi, obligé de revenir parmi les siens, il sembla ramener l'abondance dont on était privé faute de pluie. Ce fut un nouveau motif de l'honorer comme un ange descendu du ciel, et comme la renommée de sa sainteté croissait toujours, il sortit une seconde fois de son pays, et s'en alla dans le Poitou, avec l'intention de cacher sa vie au monde. Après avoir prié au tombeau de saint Hilaire, il alla trouver le vénérable prêtre Agapit qui, sur les bords de la Sèvre niortaise, à douze lieues de Poitiers, dans une grande vallée connue sous le nom de Vauclair, dirigeait dans les voies de la sainteté quelques serviteurs de Dieu.

Agapit le reçut avec bonté et l'admit au nombre de ses disciples. Pour oublier autant que possible sa patrie, sa famille et jusqu'à lui-même, il changea son nom d'Adjuteur en celui de Maxence. Sa sainteté éclata bientôt aux yeux de ses frères, tellement que ceux-ci, avec Agapit, l'élurent pour leur abbé, d'un commun consentement (vers 500). Il ne mangeait que du pain d'orge, et ne buvait que de l'eau; il était tellement assidu à la prière que son corps en demeurait courbé, et que ses genoux en devinrent calleux. Les miracles qu'il a faits durant sa vie et après sa mort montrent assez combien sa conduite était agréable à Dieu.

Pendant la guerre que Clovis, roi des Francs, faisait à Alaric, roi des Visigoths, une troupe de soldats s'avança jusqu'auprès du monastère. Les religieux effrayés supplièrent leur abbé de les arracher au glaive des barbares. Maxence s'avança hardiment vers les soldats, et comme l'un d'eux levait déjà son épée pour abattre la tête de ce moine qu'il voyait devant lui, tout à coup son bras devint raide et demeura immobile, ramené derrière l'oreille. Alors le soldat se jeta aux pieds du Saint, et implora son pardon. Maixent bénit de l'huile dont il oignit le bras affligé, et le guérit parfaitement. Il reçut de nombreux bienfaits de la part du roi Clovis. Il mourut septuagénaire dans le monastère qui porta depuis son nom et que ses miracles ont illustré, l'an 515. C'était une abbaye de l'Ordre de Saint-Benoît.

Il fut enterré dans l'église de Saint-Saturnin, sous le vocable duquel était bâti son monastère. Celui-ci, alors peu considérable, prit dans la suite assez de développements pour devenir un des premiers du diocèse de Poitiers. C'est autour de ces murs vénérés et de l'église dans laquelle furent transportées, vers 940, les dépouilles sacrées du saint Confesseur que se forma la ville actuelle de Saint-Maixent (Deux-Sèvres).

En 1562, les protestants dispersèrent les précieuses reliques de l'homme de Dieu ; ce qu'on put en retrouver après leur départ n'échappa point aux révolutionnaires de 93, et la tombe du Saint, demeurée sous le maître-autel de l'église devenue paroissiale, ne renferme plus qu'une très-mince portion de lui-même.

Le martyrologe romain indique la fête de saint Maixent au 26 juin, mais l'église de Poitiers l'anticipe au jour précédent, le 26 étant consacré à célébrer la translation des reliques de saint Hilaire.

On le représente ayant une colombe au-dessus de sa tête, ce qui peut signifier une intervention divine dans les paroles du Saint. On le peint aussi en prière dans sa cellule, et entouré d'oiseaux qui viennent le visiter.

Propre de Poitiers. — Cf. Vies des Saints de l'Église de Poitiers, par l'abbé Auber.

Date de fête

26 juin

Époque

6ᵉ siècle

Décès

515