Saint Généreux (Généroux)

Abbé de Saint-Jouin de Marne

Fête : 16 juillet 6ᵉ siècle • saint

Résumé

Originaire de Rome, Généreux devint abbé du monastère d'Ansion en Poitou au VIe siècle. Succédant à Léonégisile, il gouverna avec prudence et discrétion, veillant notamment sur la discipline de ses moines comme saint Paterne. Il laissa son nom à une église et une localité du Poitou où son corps fut déposé.

Biographie

SAINT GÉNÉREUX OU GÉNÉROUX,

ABBÉ DE SAINT-JOUIN DE MARNE, AU DIOCÈSE DE POITIERS

VIe siècle.

« Tune dignissime proclamatus abbas vocatur quando vita et doctrinae sunt nobilitas antecedit. »

Un supérieur porte dignement le titre d'abbé lorsqu'il surpasse ses inférieurs par sa science et sa sainteté.

Joan. Trith., in cap. II Reg. S. Bened.

Généreux, appelé plus vulgairement Généreux, était romain de naissance. On ignore quels motifs lui firent abandonner l'Italie. Il en sortit peut-être comme tant d'autres qui, à une époque de rénovation sociale, quittaient leur pays agité par les incessantes révolutions du monde, afin de trouver ailleurs un repos dont leur patrie ne jouissait point. Quoi qu'il en soit, après avoir parcouru une partie du Poitou, il arriva jusqu'au monastère d'Ansion, dans le voisinage de Thouars, que saint Jouin avait fondé vers la fin du Ve siècle. On était alors au commencement du VIe ; la réputation de la sainte demeure resplendissait encore de l'éclat que lui avaient donné les vertus et les miracles de son fondateur. Généreux n'eut pas besoin d'un long examen pour apprécier ce qu'il venait de trouver, et il résolut d'arrêter là ses recherches. Le premier abbé gouvernait encore, après avoir succédé à saint Jouin. C'était Léonégisile, autre étranger que la soif de la perfection évangélique avait jadis attiré aussi vers les lieux embaumés de la réputation de saint Hilaire. Il ouvrit à Généreux les portes de la communauté, et peu de temps après celui-ci y prit l'habit religieux.

De telles vocations ne manquent pas de se prouver bientôt par une fidèle observance de la règle, par l'amour de l'obéissance, par la pratique du silence et du recueillement habituels, marques certaines dans une âme religieuse de cette vie de foi qui la mène rapidement à sa perfection. Tant de précieuses qualités se développèrent dans Généreux de la manière la plus édifiante, si bien que Léonégisile étant mort, celui dont il avait guidé les premiers pas dans la carrière monastique fut élu d'un consentement unanime pour continuer son œuvre et guider à son tour ces âmes d'élite vers le ciel. Dans cette tâche toujours difficile et fort souvent très-délicate, où les supérieurs ont besoin de chercher avant tout l'esprit de Dieu, le nouvel abbé se comporta tout d'abord avec une discrétion et une prudence qui ne se démentirent jamais ; modérant par beaucoup de réflexion et de maturité l'ardeur naturelle de son zèle, et s'appliquant à ne pas sortir, dans la conduite de ses frères, des limites assignées par la règle aux austérités de leur vie pénitente.

Sous son gouvernement le monastère s'enrichit des vertus de saint Paterne et de son bienheureux ami Scubilion, qui vinrent y cacher des vertus dont le monde n'était pas digne. Mais il leur avait fallu, après quelque temps d'essai, une solitude plus profonde ; et les deux amis, profitant de la liberté laissée, en ces premiers siècles, à tout religieux de changer de communauté selon que lui inspirait le désir d'une plus grande perfection, ils s'étaient retirés, après trois ans à peine de séjour à Ansion, sur les côtes de la Normandie, où la sainteté de leur vie n'éclata pas moins que dans le Poitou. Ils y habitaient depuis peu de temps, et déjà, s'étant séparés pour vivre dans une plus grande union avec Dieu, Paterne s'adonna à des austérités plus dures. Sa nourriture consistait uniquement en une faible portion journalière de pain et d'eau : c'était à peine si quelquefois il y joignait quelques légumes mêlés d'un peu de sel. Pour vêtement il n'avait qu'un cilice qu'il portait nuit et jour. Généraux apprit ces rigueurs excessives, et sa charité s'en émut : il craignit que le Saint ne portât trop loin le zèle de la pénitence et ne perdît ainsi des forces dont le service de l'Église avait besoin. Il quitta donc ses frères pour quelques jours, se dirigea vers la solitude habitée par son disciple, et ne revint à la sienne qu'après lui avoir fait promettre qu'il modérerait la rigueur de ses mortifications en les conformant à la règle qu'il avait suivie jusqu'alors.

Saint Généraux mourut plein de bonnes œuvres, moins âgé que ses historiens ne l'ont cru jusqu'ici, et longtemps avant la fin du vie siècle.

Une église paroissiale, devenue plus tard prieuré de Saint-Jouin de Marne, avait été d'abord construite par saint Généraux à une courte distance de l'abbaye. Son corps y fut porté après sa mort, par les disciples qu'il y avait laissés. Comme tant d'autres, ces restes vénérés ont disparu, profanés et dispersés par la guerre ou l'impiété. Mais Dieu a gardé le monument qui porte encore, après treize siècles, le nom béni de son fondateur, et reste aux yeux du chrétien, qui y voit un de ses titres de gloire, le plus ancien témoin de sa religion dans cette religieuse partie du Poitou.

L'abbé Aubur, Vies des Saints de l'Église de Poitiers. — Cf. De Chargé, Vies des Saints du Poitou, et le Propre de Poitiers.

Événements marquants

  • Départ d'Italie pour le Poitou
  • Entrée au monastère d'Ansion sous l'abbé Léonégisile
  • Élection unanime comme abbé à la mort de Léonégisile
  • Visite à Saint Paterne en Normandie pour modérer ses austérités
  • Construction d'une église paroissiale près de l'abbaye

Citations

Tune dignissime proclamatus abbas vocatur quando vita et doctrinae sunt nobilitas antecedit.

— Joan. Trith., in cap. II Reg. S. Bened.